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Les scientifiques de nouveau blanchis

Un tableau comparatif de différentes études scientifiques sur le réchauffement climatique avec celle menée par le CRU.

Un tableau comparatif de différentes études scientifiques sur le réchauffement climatique avec celle menée par le CRU.

Radio-Canada

Une troisième enquête confirme que les chercheurs visés par le Climategate n'ont pas manipulé les données sur les températures afin d'étayer la thèse du réchauffement climatique, mais ont manqué de coopération.

Une nouvelle enquête sur le Climategate met hors de cause, du moins en grande partie, des chercheurs en climatologie qui avaient été accusés, l'an dernier, d'avoir manipulé les données sur les températures afin d'étayer la thèse du réchauffement climatique.

La Révision indépendante sur les courriels liés aux changements climatiques (Independent Climate Change Email Review) avait été chargée par l'Université d'East Anglia, au Royaume-Uni, de se pencher sur cette affaire, qui avait plongé dans le scandale les chercheurs du Centre de recherche sur le climat (CRU), rattaché à l'université elle-même.

Le CRU est l'un des principaux centres mondiaux de recherche sur le climat, et ses données, utilisées notamment par le Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) de l'ONU, font partie des quatre sources jugées les plus crédibles.

Le Climategate en bref

Le 19 novembre 2009, des milliers de courriels échangés entre les membres du CRU et leurs confrères européens et américains se sont retrouvés sur Internet, quelques jours avant le sommet de l'ONU sur le climat à Copenhague. Tirés d'une correspondance qui s'étale sur plus de 10 ans, les courriels avaient été dérobés par des pirates situés vraisemblablement en Turquie et en Russie.

Les personnes qui réfutent les changements climatiques dénonçaient entre autres l'emploi du mot trick (astuce) dans l'un des courriels pour expliquer comment faire concorder des données dans un modèle. Elles affirmaient que les chercheurs avaient manipulé des données scientifiques afin de servir la thèse du réchauffement climatique. Ils y voyaient la preuve que les climatologues du courant dominant avaient systématiquement démontré de la malhonnêteté pour imposer leur vision des choses.

Au terme d'une enquête de plusieurs mois, le président du conseil de révision, l'ancien haut fonctionnaire Sir Muir Russell, conclut que « [la]rigueur et [l]intégrité des [chercheurs] en tant que scientifiques ne sont pas mises en doute ». Son équipe a passé en revue des documents fournis par les chercheurs et leurs critiques, en plus d'interviewer plusieurs acteurs de cette affaire.

Il n'y a donc rien pour remettre en question les conclusions du GIEC, largement fondées sur les données du CRU, juge-t-il.

Le conseil de révision note cependant qu'un graphique évoqué dans un des courriels et utilisé par l'Organisation météorologique mondiale, en 1999, était « trompeur », car la légende l'accompagnant n'exposait pas clairement la procédure employée par les scientifiques. Mais cette omission, poursuit-il, ne visait pas à manipuler les données.

Quelques réserves

Le conseil relève cependant un manque d'« ouverture » flagrant, entre autres face aux demandes d'accès à l'information garanties par la loi. Il fait par exemple valoir que certains courriels ont été effacés afin qu'ils ne puissent pas être utilisés lors de telles requêtes.

Le CRU était en outre « peu coopératif et sur la défensive » devant des questions sur les stations météo relevant les températures, mais, souligne le rapport, ces données étaient directement disponibles par d'autres sources.

Autre ombre au tableau : les scientifiques du CRU ont été trop enclins à rejetter les critiques émanant de l'extérieur de leur cercle, indique le rapport.

Il s'agit de la troisième enquête, et de la plus complète à ce jour, sur le scandale du Climategate. Les deux précédentes avaient abouti à des conclusions similaires.

En mai dernier, une enquête du comité parlementaire britannique sur la science avait également invité le CRU à plus de transparence. Une deuxième enquête rendue publique en avril avait critiqué les méthodes parfois « brouillonnes » des chercheurs du centre de recherche et suggéré l'établissement de liens plus étroits avec les statisticiens.

Aucune n'avait cependant trouvé de preuves de fautes professionnelles, ce qui leur avait valu des critiques de la part des conspirationnistes.

Applaudissements et critiques

Le vice-chancellier de l'Université d'East Anglia, Edward Acton, s'est réjoui des conclusions de l'enquête et a dit espérer qu'elles contribueraient à « faire taire les théories de la conspiration, les mensonges et les malentendus ». Il a ajouté que l'établissement universitaire prenait acte des criques formulées et qu'il avait écrit au personnel universitaire pour lui rappeler ses responsabilités.

M. Acton a par ailleurs indiqué que Phil Jones, directeur démissionnaire du CRU à l'origine de plusieurs des courriels piratés, notamment celui évoquant une « astuce », avait été nommé au nouveau poste de directeur de recherche du CRU. Cela lui permettra de se consacrer à ses recherches alors que d'autres pourront s'occuper des fonctions administratives, notamment celles des demandes d'accès à l'information, a affirmé M. Acton.

De son côté, la Global Warning Policy Fondation, une organisation sceptique face au réchauffement climatique jouissant d'une grande influence, a essentiellement commenté les conclusions sur le manque de coopération du CRU. Elle a en outre indiqué qu'elle allait maintenant lancer « sa propre enquête » sur la façon dont les trois enquêtes ont été menées.

Rapport sur le « Climategate » (Nouvelle fenêtre)

Avec les informations de Agence France-Presse, et BBC

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