•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Gomery se désole du départ de Quebecor

John Gomery, président du Conseil de presse

John Gomery, président du Conseil de presse

Radio-Canada

Le président du Conseil de presse du Québec, l'ancien juge John Gomery, regrette qu'un média de plus ne soit « plus assujetti à quelque norme que ce soit ». Il s'inquiète aussi pour son organisme.

Le président du Conseil de presse du Québec, l'ancien juge John Gomery, estime que la décision de Quebecor de se retirer du Conseil de presse aura des répercussions néfastes pour l'organisme et se désole qu'un média de plus ne soit « plus assujetti à quelque normes que ce soit ».

Depuis le 1er juillet, le Journal de Montréal et le Journal de Québec ne sont plus membres du Conseil de presse.

Le Conseil, qui repose sur l'adhésion volontaire de ses membres, s'est récemment penché sur des plaintes concernant Quebecor. L'entreprise s'est montrée insatisfaite des décisions rendues.

Il y a des décisions qui sont favorables à Quebecor, mais il y en a d'autres qui le critiquent, qui constituent des reproches à certaines façons d'agir, à certaines inexactitudes dans leur reportage, certains écarts journalistiques.

John Gomery

La « vraie raison » de Quebecor

Pierre Karl Péladeau

Pierre Karl Péladeau

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

M. Gomery estime que les dirigeants de Quebecor invoquent un faux motif pour justifier le retrait du groupe.

« Ils prétendent que les décisions du Conseil de presse étaient biaisées [...] excusez-moi de le dire, mais je ne suis pas convaincu que c'était leur vraie raison. Je pense que Quebecor n'aime pas l'idée que quelqu'un d'autre puisse les critiquer de manière quasi officielle. »

Au moment même où Quebecor décidait de se retirer du Conseil de presse de Québec, l'entreprise se retirait aussi du Conseil de presse d'Alberta, où elle possède quelques journaux, souligne John Gomery. « Est-ce que c'est aussi parce que le Conseil de presse [de l'Alberta] a des pratiques pour traiter les plaintes qui sont inacceptables ou est-ce que ce n'est pas une décision corporative? », avance-t-il.

Le Conseil de presse discrédité

Quebecor menaçait depuis quelque temps déjà de quitter l'organisme. « On est conscient que Quebecor n'était pas particulièrement satisfaite avec la surveillance qu'implique le Conseil de presse depuis un certain temps, mais la nouvelle de leur décision de se retirer du Conseil était quand même une mauvaise nouvelle. »

C'est que Corus, V et TVA se sont aussi récemment retirés du Conseil de presse. Tous ces départs pourraient nuire à la crédibilité de l'organisme à long terme, croit l'ancien juge. Ce dernier invoque aussi « un trou dans le financement », puisque moins de membres signifie aussi moins de cotisations pour le Conseil.

Le plus grave problème causé par le départ de Quebecor, selon M. Gomery, reste toutefois qu'un important média n'est désormais plus tenu de se soumettre aux normes journalistiques. « Nous avons toujours une représentation importante des moyens de communication de l'information. Mais le problème, au niveau de Quebecor, c'est l'importance de ce seul journal [Journal de Montréal et Journal de Québec] dans les médias d'information au Québec. C'est le plus grand journal », a-t-il déclaré.

Gomery veut maintenir la communication

M. Gomery confirme que du côté du Conseil de presse, les relations ne sont pas rompues avec le groupe. Il doit notamment rencontrer le dirigeant de Quebecor, Pierre Karl Péladeau, le 15 juillet. « Ça tient toujours selon nous : j'ai toujours rendez-vous avec M. Péladeau ce jour-là, et je vais essayer de lui expliquer notre position. J'espère que ça va garder ouvertes nos lignes de communication et que nous pouvons trouver une solution à plus long terme. »

Le Conseil de presse a par ailleurs l'intention de continuer d'étudier les plaintes concernant le Journal de Montréal et le Journal de Québec qui lui seront soumises. M. Gomery ne croit pas que Quebecor puisse l'en empêcher en s'adressant aux tribunaux.

La mission du Conseil de presse

Le Conseil de presse est composé de représentants du public, des médias et des journalistes. L'organisme a été créé pour recevoir et traiter les plaintes liées aux pratiques journalistiques et a pour mandat de promouvoir le respect des normes éthiques en matière de droits et responsabilités de la presse.

Avec les informations de La Presse canadienne