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Sarkozy éclaboussé par de nouvelles allégations

Le président Sarkozy, lors d'une conférence de presse mardi.

Le président Sarkozy, lors d'une conférence de presse mardi.

Photo : AFP / Bertrand Langlois

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une ex-comptable de Liliane Bettencourt affirme que l'héritière de l'empire L'Oréal a donné 150 000 euros au trésorier du parti du président, Éric Woerth, alors que la campagne présidentielle de 2007 battait son plein.

Le président français Nicolas Sarkozy doit se défendre d'allégations de financement occulte de sa campagne présidentielle de 2007 et de son parti politique, l'Union pour un mouvement populaire (UMP).

Ces nouvelles allégations sont issues de la controverse dans laquelle sont englués Éric Woerth, qui cumule les fonctions de trésorier de la campagne et de ministre du Travail, et l'héritière de l'empire L'Oréal, Liliane Bettencourt.

Elles ont été formulées par l'ex-comptable de Mme Bettencourt dans une entrevue au site Internet Mediapart. Claire T., qui a travaillé pour la famille de mai 1995 à novembre 2008, soutient :

  • que Mme Bettencourt donnait souvent de l'argent aux politiciens de droite, et qu'elle a notamment donné 150 000 euros (200 000 $) à Éric Woerth en mars 2007;
  • que cet argent lui a été demandé par le conseiller financier de Mme Bettencourt, Patrice de Maistre. Ce dernier aurait déclaré qu'il donnerait « discrètement » l'argent à Éric Woerth lors d'un dîner. Ce dîner, dit-elle, a eu lieu peu après;
  • que Nicolas Sarkozy a lui-même reçu des enveloppes d'argent au moment où il était maire de Neuilly, en banlieue de Paris, entre 1983 et 2002.

Extrait de l'entrevue de Claire T. à Mediapart

« Nicolas Sarkozy recevait aussi son enveloppe, ça se passait dans l'un des petits salons situés au rez-de-chaussée, près de la salle à manger. Ça se passait généralement après le repas, tout le monde le savait dans la maison. Comme M. et Mme Bettencourt souffraient tous les deux de surdité, ils parlaient très fort et de l'autre côté de la porte, on entendait souvent des choses que l'on n'aurait pas dû entendre. Encore une fois, tout le monde savait dans la maison que Sarkozy aussi allait voir les Bettencourt pour récupérer de l'argent. C'était un habitué. Le jour où il venait, lui comme les autres d'ailleurs, on me demandait juste avant le repas d'apporter une enveloppe kraft demi-format, avec laquelle il repartait. Je ne suis pas stupide quand même, inutile de me faire un dessin pour comprendre ce qui se passait... »

Claire T. a été interrogée à ce sujet lundi par des policiers de la préfecture de police de Paris. Ces derniers agissent dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Nanterre après qu'il eut été révélé que des enregistrements pirates ont été réalisés au domicile de l'héritière de L'Oréal par son ex-majordome.

L'ex-comptable de la famille Bettencourt, première fortune de France, reconnaît d'emblée qu'elle ne peut étayer ces accusations avec des preuves matérielles définitives. Ces révélations n'en ont pas moins eu l'effet d'une bombe dans la classe politique française.

Sarkozy dénonce une « calomnie »; Woerth dément

Le président Nicolas Sarkozy a réagi mardi à ces allégations. « J'aimerais tellement que le pays se passionne pour les grands problèmes que sont la santé, les retraites, comment on va créer de la croissance, plutôt que de s'emballer à la première horreur, calomnie, qui n'a qu'un seul but, salir sans aucune espèce de réalité », a-t-il déclaré.

Liliane Bettencourt, lors d'une récente entrevue accordée à TF1.
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Liliane Bettencourt, lors d'une récente entrevue accordée à TF1.

Photo : AFP / TF1

Eric Woerth, déjà soupçonné d'avoir fermé les yeux sur une fraude fiscale de Liliane Bettencourt alors qu'il était ministre du Budget, a démenti ces informations et a exclu de démissionner.

« Bien sûr que c'est faux. Le simple fait d'avoir à me justifier là-dessus m'est insupportable », a-t-il déclaré. « Je n'ai pas touché un euro, mon parti politique n'a pas touché un euro illégal ».

Dans les rangs de la droite, des voix s'élèvent cependant pour demander au président de s'adresser aux Français. C'est notamment le cas de l'ancien premier ministre et maintenant sénateur Jean-Pierre Raffarin et du président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé.

Ces nouvelles allégations surviennent au moment où le président Sarkozy est au plus bas dans les sondages. Son cabinet est en outre touché par des histoires de gaspillage qui viennent d'entraîner la démission du secrétaire d'État à la Coopération et à la Francophonie, Alain Joyandet, et du secrétaire d'État au Grand Paris, Christian Blanc.

Alain Joyandet a été épinglé pour la location d'un jet privé pour 116 500 euros (155 400 $) lors d'un déplacement ministériel en Martinique et pour un permis de construire illégal pour agrandir la maison qu'il possède près de Saint-Tropez. Christian Blanc a pour sa part utilisé 12 000 euros (16 000 $) provenant des coffres de l'État pour acheter des cigares cubains.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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