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Israël allège son blocus de Gaza

Un Palestinien transporte des sacs qui ont transité par des tunnels creusés sous la frontière avec l'Égypte. Les Palestiniens utilisent ces tunnels pour contourner le blocus.

Un Palestinien transporte des sacs qui ont transité par des tunnels creusés sous la frontière avec l'Égypte. Les Palestiniens utilisent ces tunnels pour contourner le blocus.

Photo : AFP / Saïd Khatib

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Israël apporte des précisions sur les « biens à usage civil » qui pourront entrer à Gaza et les autres. L'annonce survient à la veille d'une rencontre, à Washington, entre le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, et le président américain.

Israël a apporté des précisions, lundi, sur les « biens à usage civil » qui pourront entrer à Gaza et les autres, après s'être engagé, il y a 15 jours, à alléger l'embargo imposé à la bande de Gaza.

Le ministère des Affaires étrangères israélien a publié deux listes de produits dont l'accès sera contrôlé.

La première, qui vise des « produits soumis à une autorisation spécifique », porte notamment sur les armes et les munitions, les biens susceptibles d'être utilisés à des fins militaires, ainsi que les produits chimiques, comme des engrais.

La seconde liste inclut le ciment, le gravier, l'acier, le fer, l'asphalte, le bois de construction, qui pourraient également, selon Israël, servir à la reconstruction d'installations militaires détruites, ainsi que certains types de véhicules.

« Bien que de tels articles puissent être utilisés par le Hamas à des fins militaires (construction de bunkers, fortification de positions et creusement de tunnels), Israël permettra leur entrée à Gaza afin d'y faciliter des projets de construction approuvés par l'Autorité palestinienne et mis en oeuvre par la communauté internationale », indique le communiqué.

Jusqu'à présent, l'acheminement de tels matériaux destinés à des projets supervisés par des agences internationales n'était autorisé qu'au compte-goutte.

Israël aurait déjà approuvé 31 projets d'habitations qui ont reçu l'aval de l'Autorité palestinienne et devrait donner son feu vert à 45 autres sous peu.

Selon le ministère, tous les produits qui ne « figureront sur aucune des deux listes seront autorisés à être acheminés sans permission spécifique à Gaza ».

Le général Eitan Dangot a indiqué que les listes comprenaient plus de 3000 produits.

L'adoucissement de la politique israélienne fait suite à l'assaut sanglant par Israël d'une flottille d'aide humanitaire qui tentait de forcer le blocus de Gaza, en mai dernier. La communauté internationale avait vivement dénoncé l'abordage.

Une initiative saluée, mais elle doit être suivie d'actions

L'initiative israélienne a été bien accueillie par plusieurs acteurs internationaux. Washington a parlé d'une « étape importante » vers l'allègement du blocus de Gaza.

« Nous pensons que la liste des marchandises présentée aujourd'hui permettra une amélioration significative des conditions de vie des habitants de Gaza, tout en gardant les armes hors de portée du Hamas », a indiqué Tommy Vietor, porte-parole de la Maison-Blanche.

La chef de la diplomatie de l'Union européenne, Catherine Ashton, a de son côté évoqué « un nouveau pas significatif ».

L'émissaire de l'ONU au Proche-Orient, Robert Serry, et celui du Quartette pour le Proche-Orient (États-Unis, Union européenne, Russie, ONU), Tony Blair, s'en sont aussi félicités.

« Des milliers de produits qui n'étaient pas disponibles par les canaux légaux devraient à présent entrer. Cela créera un contrepoids à l'économie des tunnels, qui était sous le contrôle du Hamas », a indiqué M. Blair par communiqué.

MM. Blair et Serry, tout comme plusieurs ONG, ont par ailleurs invité Israël à faciliter également la circulation des personnes et les exportations. « Comment l'économie de Gaza peut-elle bien fonctionner sans exportations? », a fait valoir M. Perry, qui a qualifié le blocus d'invivable et d'inacceptable.

Le Hamas a de son côté critiqué l'initiative israélienne, la qualifiant de « manoeuvre visant à tromper l'opinion publique ». « Ce qu'il faut », a déclaré à l'AFP Ismaïl Radwane, un dirigeant du mouvement à Gaza, « c'est mettre fin complètement et sans restrictions au siège de Gaza. »

Rencontre Obama-Nétanyahou

Le premier ministre Benyamin NétanyahouAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le premier ministre Benyamin Nétanyahou

Photo : AFP / Jim Hollander

L'annonce survient à la veille d'une rencontre, à Washington, entre le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, et le président américain.

M. Nétanyahou devait s'entretenir avec Barack Obama fin mai, mais il avait annulé son déplacement en raison de la crise de la flottille humanitaire.

Au menu des discussions figureront l'allégement du blocus, les négociations de paix entre Israël et les Palestiniens et l'échéance du gel provisoire de la construction dans les colonies juives de Cisjordanie, qui expire en septembre.

Parmi les autres dossiers : le nucléaire iranien et la crise israélo-turque.

Selon un porte-parole du département d'État, Philip Crowley, les États-Unis s'attendent à ce que M. Nétanyahou présente au président Obama « un rapport préliminaire de l'enquête israélienne sur la tragédie de la flottille ».

À propos du processus de paix, M. Nétanyahou va insister auprès de Barack Obama sur la nécessité de passer des discussions indirectes à des « négociations directes ».

Dimanche, Benyamin Nétanyahou a une nouvelle fois rappelé qu'Israël voulait des négociations directes, estimant qu'il n'y avait « pas d'alternative ». « Quiconque veut la paix doit avoir des discussions directes pour la paix. J'espère que ce sera l'un des résultats de ma visite à Washington », a-t-il déclaré.

Les Palestiniens ont suspendu le dialogue direct en décembre 2008 après l'offensive israélienne contre Gaza. Depuis début mai, des discussions indirectes ont repris sous les auspices du médiateur américain George Mitchell, mais elles n'ont débouché sur rien pour le moment.

Lors de leur dernière entrevue à Washington, M. Nétanyahou avait eu droit en mars à un accueil glacial à la Maison-Blanche après l'annonce par Israël de la construction de 1600 logements dans un quartier de Jérusalem-Est annexée.

Du côté palestinien, Saeb Erekat, le principal négociateur palestinien, a affirmé que la balle était dans le camp israélien. « S'il [Benyamin Nétanyahou] veut des discussions directes, il sait qu'il a la clef en arrêtant les activités de colonisation et en reprenant les négociations où elles ont été laissées en décembre 2008 ».

Si le premier ministre israélien répond à ces deux exigences palestiniennes, « nous irons immédiatement aux négociations directes », a promis Saeb Erekat.

Les Européens visiteront Gaza

Les ministres espagnol, français et italien des Affaires étrangères se rendront courant juillet dans la bande de Gaza pour « vérifier » l'allègement du blocus promis par Israël, a annoncé lundi le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero.

Fin juin, au cours d'une visite à Rome, le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, avait invité son homologue italien, Franco Frattini, à mener une délégation de l'Union européenne dans la bande de Gaza.

L'invitation de M. Lieberman était intervenue après la décision d'Israël d'alléger le blocus pesant sur les importations de Gaza et d'autoriser tous les biens strictement « civils » dans l'enclave palestinienne.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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