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Un rapport sévère contre la police

Des policiers arrêtent un manifestant lors du sommet du G20 à Toronto.

Des policiers arrêtent un manifestant lors du sommet du G20 à Toronto.

Photo : La Presse canadienne / Adrien Veczan

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'Association canadienne des libertés civiles dénonce le comportement des policiers lors des manifestations à Toronto, et réclame une enquête indépendante. La police rejette les critiques.

L'Association canadienne des libertés civiles (ACLC) demande une enquête indépendante sur le travail des policiers durant le Sommet du G20. Dans un rapport publié mardi, l'organisme affirme que les policiers n'ont pas respecté les droits constitutionnels des citoyens dans de nombreux cas qu'il a recensés.

Nathalie Des Rosiers, l'avocate générale et directrice de l'ACLC, animait une conférence de presse à ce sujet, à Queen's Park, à 10 h 30 mardi matin. Elle accuse la police de « brutalité » et de « détentions arbitraires ». Elle a qualifié le comportement de la police d'illégal et d'inconstitutionnel.

Il y a bien sûr plusieurs exemples de conduite très professionnelle de la part de policiers et ils sont notés dans notre rapport. Nous reconnaissons que la tâche des policiers se faisait dans un contexte difficile. Mais les Canadiens sont en droit de s'attendre à ce que le travail policier ne porte pas atteinte à leurs droits constitutionnels. Nous considérons malheureusement que les abus recensés dans notre rapport ne sont pas des incidents isolés et que des comptes doivent être rendus.

Une citation de :Nathalie Des Rosiers, avocate générale et directrice de l'ACLC

L'ACLC réclame entre autres que la lumière soit faite sur plusieurs incidents survenus durant la fin de semaine :

  • la dispersion des manifestants à Queen's Park North samedi soir, pourtant désignée zone de manifestation officielle pendant le G20;
  • l'arrestation massive de manifestants qui participaient à un sit-in sur la rue Esplanade en fin de soirée samedi;
  • l'utilisation de balles de caoutchouc contre les manifestants au centre de détention temporaire dimanche;
  • les arrestations de masse au coin des rues Queen Ouest et Spadina dimanche;
  • les conditions de détention à la prison temporaire.

La Ligue des droits et libertés préoccupée

Par ailleurs, la Ligue des droits et libertés se dit « fortement préoccupée à la suite des événements du G20 et réclame au gouvernement du Canada une enquête publique indépendante sur la conduite des autorités policières à Toronto ».

« Nous avons entendu différents témoignages inquiétants, portant à croire que le comportement des forces policières était hautement disproportionné en regard de la menace que représentaient les manifestants. Des techniques dangereuses de contrôle de foule auraient été utilisées. Ainsi, les forces de l'ordre auraient tiré à bout portant des bombes lacrymogènes sur des manifestants, ce qui est reconnu comme étant dangereux. »

« Une journaliste du Centre des médias alternatifs a rapporté avoir été menacée de viol collectif. Plusieurs jeunes femmes auraient été contraintes de se dévêtir et ont subi une fouille à nu par des policiers de sexe masculin. L'une d'entre elles aurait indiqué avoir subi des sévices sexuels. Ce qui est totalement inacceptable! », lit-on dans le communiqué de la Ligue des droits et libertés.

Durant les derniers jours à Toronto, les policiers ont effectué près de 1000 arrestations. Cela fait du Sommet du G20 l'événement de l'histoire canadienne durant lequel le plus de citoyens ont été arrêtés, loin devant le Sommet des Amériques de Québec et la Crise d'octobre de 1970.

Brutalité policière

Depuis plusieurs jours, des accusations de brutalité policière sont formulées par des personnes arrêtées. Le journaliste Jesse Rosenfeld, qui collabore à The Guardian, affirme avoir été frappé dans l'estomac et les côtes par des policiers lors de son arrestation. Le journaliste de TVO, Steve Paikin, qui a été témoin de l'arrestation, confirme cette version.

Mardi, le Toronto Star a publié les récits de 20 manifestants arrêtés. Parmi eux, il y a un candidat à la mairie de Toronto, une étudiante qui prenait des photos d'une manifestation pacifique, une jeune femme arrêtée alors qu'elle allait récupérer son vélo à Queen's Park après la manifestation de samedi, des journalistes indépendants et un avocat.

Plusieurs d'entre eux affirment qu'ils n'ont même pas pris part aux manifestations, qu'ils ont été arrêtés de façon arbitraire et enfermés dans des cages au centre de détention temporaire.

La police rejette les critiques

Répondant aux nombreuses attaques contre le comportement des policiers lors de la manifestation, le chef de la police de Toronto, Bill Blair, n'a promis qu'une enquête interne.

Selon M. Blair, des gens sont venus à Toronto pour commettre des crimes et semer la zizanie. Les objets retrouvés montrent, selon lui, qu'il y avait un complot criminel. M. Blair a affirmé qu'il y avait des criminels et des terroristes au sein des manifestants, qui ont été protégés par des complices, montrant du doigt les Black Blocs.

Le chef de la police estime que les tactiques policières étaient transparentes, il en veut pour preuve le million de tracts distribués dans les foyers torontois et les pages publicitaires publiées dans les journaux de la ville.

Auparavant, la police de Toronto a indiqué, dans un communiqué, qu'elle allait revoir ses méthodes d'intervention lors de la manifestation lors du sommet du G20. Le SMAART (Summit Management After Action Review Team) va évaluer « les forces et les faiblesses » des plans mis en oeuvre lors de la manifestation en vue d'améliorer les méthodes lors de prochaines interventions.

Lundi, des centaines de personnes ont manifesté à Toronto pour protester contre les tactiques policières et les centaines d'arrestations.

Sur le plan politique, le premier ministre de l'Ontario, Dalton McGuinty, refuse de préciser la raison de la modification sans débat d'une loi accordant à la police davantage de pouvoirs durant le Sommet du G20. La semaine dernière, il avait affirmé que la modification législative, qui étend à des parties du centre-ville de Toronto les règles qui régissent normalement les palais de justice, avait été apportée à la suite d'une requête spéciale de la police.

Lundi, le gouvernement a fait valoir que l'application de la loi avait été étendue à des zones précises à l'intérieur du périmètre de sécurité.

L'opposition officielle a déploré que la loi ait été modifiée sans que la population en soit informée.

Avec les informations de La Presse canadienne

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