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Une manifestation contre les arrestations

Plusieurs centaines de manifestants ont dénoncé les arrestations du week-end.

Plusieurs centaines de manifestants ont dénoncé les arrestations du week-end.

Photo : Claudine Brûlé

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À Toronto, des milliers de manifestants dénoncent les centaines d'arrestations survenues au cours des manifestations qui ont ponctué le Sommet du G20, tandis que plusieurs des personnes arrêtées comparaissent.

À Toronto, une foule estimée entre 2000 à 3000 personnes a manifesté lundi devant le quartier général de la police et au centre-ville pour dénoncer les tactiques policières et, surtout, les centaines d'arrestations effectuées lors des manifestations qui ont ponctué le Sommet du G20, au cours du dernier week-end.

Le rassemblement s'est déroulé dans le calme.

Les protestataires estiment que la plupart des manifestants arrêtés étaient pacifiques et réclament que les personnes qui n'ont toujours pas été libérées soient relâchées.

Les policiers, très nombreux, ont par ailleurs procédé à trois arrestations au début de la manifestation.

Les transports en commun ont été perturbés dans le centre-ville.

Comparutions en série

Un journaliste est arrêté par la police le 27 juin, à TorontoAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un journaliste est arrêté par la police le 27 juin à Toronto.

Photo : AFP / Simon Hayter

Selon le dernier bilan, confirmé lundi par l'équipe de sécurité intégrée du G8-G20, plus de 900 personnes ont été arrêtées au cours du week-end.

Certaines ont été relâchées sans que des accusations soient portées contre elles. Ni les policiers ni le bureau du procureur général n'ont cependant précisé le nombre de personnes libérées.

Des dizaines d'autres personnes devaient comparaître à Toronto au courant de la journée. Pas moins de cinq salles d'audience ont été réservées à cette fin dans un immeuble situé dans le nord-ouest de la Ville Reine.

La confusion semblait par ailleurs régner au palais de justice. Les audiences n'ont pas commencé avant 14 h, et certains des prévenus ont été obligés de changer de salle.

Une bonne partie des personnes arrêtées font face à des accusations de méfait, de rassemblement illégal, d'obstruction au travail des policiers et d'assaut contre des policiers. Certaines sont accusées de possession d'arme.

Les enquêtes visant les militants radicaux soupçonnés d'être à l'origine du grabuge se poursuivent.

Aucun procès ne devrait vraisemblablement s'amorcer avant l'automne.

Des dizaines de personnes ont été libérées sous caution, dimanche, moyennant l'engagement de rester à l'écart du centre-ville, de garder la paix et de ne pas participer à des manifestations violentes.

En prévision du sommet, le gouvernement ontarien a adopté discrètement un décret, qui a permis aux forces de l'ordre d'arrêter quiconque se trouvait à moins de 5 mètres du périmètre de sécurité et qui refusait de s'identifier.

Environ 20 000 policiers ont été déployés dans la Ville Reine pour le G20.

Pour en savoir plus

Centre-ville de TorontoLisez notre bilan complet des sommets du G8 et du G20

Sécurité omniprésente

La sécurité était omniprésente, dimanche, lors des premières comparutions de manifestants : citoyens et journalistes étaient systématiquement fouillés. À la fin de la journée, la nourriture et les appareils enregistreurs ont été interdits.

Plusieurs parents étaient notamment sur place à la recherche de leurs enfants. « On aurait pu croire qu'ils auraient été mieux organisés, a dit l'un d'eux, Jose Torro. Ils ont dépensé 1 milliard de dollars. Je me demande combien cela va coûter aux contribuables. »

Des policiers antiémeutes se sont d'ailleurs présentés sur les lieux dans deux autobus vers 15 h 30. « Il y a un certain nombre de gens en cour, et ce n'est qu'une précaution pour s'assurer qu'il n'y a pas de troubles », a expliqué le sergent Peter Stehouwer.

Certaines manifestations d'opposants à la tenue du sommet ont dégénéré au cours de la fin de semaine, et plus particulièrement dans la nuit de samedi à dimanche. Des voitures de police ont notamment été incendiées et des vitrines ont été fracassées.

Plusieurs autres se sont cependant déroulées dans le calme.

Une femme est arrêtée devant le centre de détention provisoire aménagé dans un studio de cinéma à Toronto, le 27 juin 2010.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une femme est arrêtée devant le centre de détention provisoire aménagé dans un studio de cinéma à Toronto.

Photo : AFP / Jacques Boissinot

L'appel d'Amnistie internationale

La section canadienne d'Amnistie internationale appelle à une enquête indépendante sur les mesures de sécurité lors des sommets du G8 et du G20. Selon l'ONG, les droits de l'homme ont été bafoués lors des manifestations.

Amnistie internationale estime que l'imposante présence policière ainsi que les actes de vandalisme ont créé une atmosphère de peur et ont empêché de nombreuses personnes de prendre part aux manifestations.

Des organisations non gouvernementales (ONG) estiment que les droits de la personne ont été bafoués lors du sommet du G20 à Toronto.

L'Association canadienne des libertés civiles avait des observateurs sur place qui ont documenté les agissements des policiers. Deux d'entre eux ont été arrêtés et n'ont pas eu accès à leur avocat. L'association pourrait déposer des poursuites au civil.

« On vit encore dans un pays où il y a la présomption d'innocence. Même s'il y a de 50 à 100 personnes qui ont fait du grabuge, ça ne donne pas le droit d'arrêter plus de 500 personnes qui n'ont rien à voir avec ça », a affirmé la porte-parole de l'organisme, Nathalie Desrosiers.

Des regroupements d'étudiants et de manifestants ont dénoncé la brutalité policière dont ils ont été victimes au cours des émeutes. Ils ont affirmé que les conditions de détention à la prison temporaire aménagée dans un studio désaffectée dans l'est de la ville étaient exécrables.

« Ils nous ont mis dans des cages avec pour seul mobilier une toilette sans porte et un banc en métal, et c'est tout. Des filles de Montréal, de Toronto, quand elles ont été arrêtées, elles ont été fouillées nues », a témoigné une manifestante.

Des hommes et des femmes ont dit avoir été tabassés par des policiers. Une personne aurait reçu une décharge de pistolet électrique Taser même si elle porte un stimulateur cardiaque. Elle a dit ne pas avoir reçu une attention médicale appropriée après cette décharge.

Des gens dénoncent des fouilles illégales, des arrestations sans motif et de mauvaises conditions de détention à la prison temporaire. Des manifestants soulignent qu'ils n'ont pas eu accès à un avocat et qu'ils ont été libérés sans accusation.

Par ailleurs, environ 300 des 450 jeunes militants qui ont quitté Montréal vendredi pour aller manifester aux sommets du G8 et du G20 manquent à l'appel.

Les responsables de la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC) manifesteront jeudi à Montréal pour dénoncer la façon dont les autorités ont traité les manifestants à Toronto.

David Miller satisfait du travail des policiers

Le maire de Toronto, David Miller, a pour sa part félicité les forces policières pour leur professionnalisme durant les manifestations de la fin de semaine.

Selon lui, les circonstances rendaient le travail des forces de l'ordre difficile. Il souligne que les policiers devaient respecter le droit des citoyens de manifester contre le G20 tout en tentant de contenir les criminels qui infiltraient les foules pacifiques afin de faire de la casse.

David Miller affirme que les citoyens mécontents du travail de la police peuvent se plaindre à la commission des services de police.

Il ajoute que des discussions sont prévues avec le gouvernement fédéral pour que les commerçants qui ont vu leur établissement saccagé soient dédommagés.

La violence retient l'attention de la presse internationale

Les titres de la presse internationale se penchent sur les manifestations et les arrestations qui ont eu lieu en fin de semaine à Toronto.

« Les rues de Toronto sont devenues un champ de bataille », a écrit le New York Daily News. « Violence et vandalisme secouent Toronto », déclarait une manchette de CNN.

En Angleterre, des médias consacraient des articles entiers aux actes de violence. L'agence Reuters, basée en Grande-Bretagne, se concentrait sur la présence policière dans certains de ses articles tout en relevant une violence surprenante dans les rues habituellement tranquilles de Toronto.

The Guardian faisait des événements violents la principale nouvelle internationale de son site internet et commentait l'arrestation de Jesse Rosenfeld, un journaliste canadien collaborateur du journal. Selon des témoins, ce dernier aurait été frappé à coups de poing par la police.

En Inde, le journal Hindu a parlé d'une ville ressemblant à un État policier. Le Times of India a par ailleurs rappelé que le Canada avait dépensé 1 milliard de dollars en mesures de sécurité pour en arriver là.

En Allemagne, le Die Tageszeitung a écrit que si cette réunion a été un peu décevante pour les leaders mondiaux, étant donné leurs désaccords et le peu de résultats obtenus, pour la police de Toronto, ce fut un désastre total.

En images

Consultez notre album photo des manifestations et des sommets du G8 et du G20. Les images que vous nous envoyez sont sur cette page.

Avec les informations de La Presse canadienne

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