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Québec et le Front commun s'entendent

Radio-Canada

Le Front commun représentant les 475 000 employés du secteur public et parapublic a conclu une entente de principe sur les clauses salariales avec le gouvernement de Jean Charest, trois mois après l'échéance des conventions collectives.

L'entente est d'une durée de cinq ans, et non de trois ans comme le demandaient au départ les syndicats du Front commun. Elle prévoit une augmentation salariale minimale de 7 %, qui pourrait être bonifiée jusqu'à 10,5 %, en fonction de l'inflation et de la vigueur de l'économie.

Le Front commun demandait une augmentation de salaire de 11,25 % sur trois ans (3,75 % par année).

Cet accord a été confirmé vendredi matin lors d'une conférence de presse du premier ministre Charest et de la présidente du Conseil du Trésor, Monique Gagnon-Tremblay, et par la diffusion d'un communiqué du Front commun.

Selon ce communiqué, l'entente porte non seulement sur les salaires, mais aussi sur les régimes de retraite et les droits parentaux. Les syndicats se sont dits très satisfaits, vu le contexte économique actuel.

Dans cette négociation, le gouvernement s'est comporté de façon exemplaire comparativement à la dernière fois où il avait décrété nos conditions.

Louis Roy, premier vice-président de la CSN, sur les ondes de RDI

Selon M. Roy, la ministre Gagnon-Tremblay a été l'« âme des négociations » du côté du gouvernement. « Elle a permis une ouverture d'esprit qu'on n'avait pas connue depuis longtemps. Des fois, ça tient aussi à des individus. »

Même contentement du côté de Réjean Parent, président de la Centrale des syndicats du Québec. « M. Charest nous offre sur le plan salarial une protection du pouvoir d'achat, des paramètres garantis intéressants, mais aussi un lien avec la croissance économique du Québec. »

Satisfaction réciproque

En conférence de presse, Jean Charest s'est lui aussi félicité de cet accord qui « respecte la capacité de payer des citoyens et le plan de retour à l'équilibre budgétaire », selon lui. Le coût de l'entente s'établit à 2,7 milliards de dollars.

Pour le premier ministre, l'inclusion dans la nouvelle convention d'une « clause de croissance économique » vient révolutionner les relations entre le gouvernement et ses employés.

Les syndicats se trouvent ainsi liés par la bonne performance économique de la province, a-t-il expliqué. « Et l'État ne dépense pas l'argent qu'il n'a pas dans ses coffres. »

De son côté, le syndicat est assuré d'une augmentation salariale de 7 % sur cinq ans. La dernière journée de la convention collective, soit le 31 mars 2015, le montant pourra être bonifié de 1 % si la hausse n'a pas suivi l'inflation, ce qui est pratiquement certain.

De plus, à partir de la troisième année de la convention, les syndiqués pourront obtenir une majoration de 3,5 % additionnel, selon l'évolution du produit intérieur brut.

C'est une entente historique qui va marquer les relations de travail au Québec.

Jean Charest

La FIQ isolée

Régine Laurent, présidente de la FIQ, en entrevue à RDIAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Régine Laurent, présidente de la FIQ, en entrevue à RDI

Les négociations entre le gouvernement et le secteur public ne sont pas terminées pour autant. La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), qui représente environ 55 000 infirmières, n'a toujours pas conclu d'accord sur les conditions de travail avec le gouvernement.

Elle pourra donc entériner l'entente sur les salaires, mais elle devra négocier seule la question de l'aménagement du temps de travail.

Selon la présidente de la FIQ, Régine Laurent, deux visions s'affrontent. « Nous, on croit à un système de santé public. On veut diminuer les entreprises privées d'agences. Il faut se poser la question : pourquoi le gouvernement ne veut-il pas freiner les entreprises privées d'agences? »

Les ententes conclues par plusieurs autres syndicats aux tables sectorielles doivent en outre être approuvées par les syndiqués lors de prochaines assemblées générales.

Une première entente négociée en 11 ans

Le Front commun réunit tous les grands syndicats présents dans les secteurs public et parapublic, soit les organisations regroupées au sein du Secrétariat intersyndical des services publics (CSQ, FIQ, SFPQ, SPGQ et APTS), de la CSN (FSSS, FEESP, FNEEQ et FP) et de la FTQ (SCFP, SQEES, SEPB et UES).

Il avait déjà déclaré qu'il souhaitait régler le dossier avant le 1er juillet, date à laquelle les ministres et les membres de leur personnel partent en vacances.

C'est la première fois depuis 1999 que les négociations avec les employés de l'État se concluent par une entente négociée plutôt que par une loi spéciale.

La dernière convention collective des employés de l'État est venue à échéance le 31 mars.

Économie