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Harper « pris de court » par les propos de Fadden

Richard Fadden en 2002

Richard Fadden, directeur du Service canadien du renseignement de sécurité

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un porte-parole du premier ministre affirme que celui-ci a été pris de court par les allégations du directeur du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) selon lesquelles des politiciens canadiens seraient sous l'influence de puissances étrangères.

Un porte-parole de Stephen Harper a déclaré mercredi que le premier ministre avait été pris de court par les allégations du directeur du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) selon lesquelles des politiciens canadiens seraient sous l'influence de puissances étrangères.

Richard Fadden a déclaré cette semaine, en entrevue à CBC, que des ministres de deux provinces qu'il n'a pas voulu nommer seraient les agents de gouvernements étrangers ou, selon le jargon des services secrets, des « agents d'influence ».

Même si M. Fadden n'a pas voulu identifier les pays soupçonnés d'interférer dans la politique canadienne, il a tout de même fait référence à une déclaration de l'ancien patron du SCRS, Jim Judd, selon laquelle le service de renseignement consacrait la moitié de son budget à contrer l'espionnage chinois.

Il a aussi ajouté que les membres de plusieurs municipalités de la Colombie-Britannique seraient concernés. Le premier ministre britanno-colombien Gordon Campbell a parlé d'allégations « irresponsables ».

Le premier ministre de l'Ontario, Dalton McGuinty, a estimé que les Canadiens avaient le droit d'obtenir davantage d'explications du SCRS.

En Saskatchewan, le premier ministre Brad Wall est allé dans le même sens et a remis en question la pertinence pour le service de renseignement de faire des allégations d'espionnage sans donner de détails, ni révéler les noms des politiciens concernés.

Le premier ministre de la Saskatchewan a déclaré avoir consulté le SCRS et a affirmé qu'aucun ministre de sa province n'était soupçonné par le service de renseignement. M. Wall a par ailleurs estimé que les assertions du SCRS risquaient de nuire à l'établissement de relations avec la Chine.

Richard Fadden relativise ses propos

Le directeur du SCRS a tenté de minimiser la portée de ses propos. Il a déclaré en conférence de presse, mercredi, que le service enquêtait et faisait état de menaces d'espionnage depuis déjà plusieurs années.

« L'interférence étrangère est un phénomène courant dans plusieurs pays dans le monde, et cela depuis des décennies. »

— Une citation de  Richard Fadden

M. Fadden a dit qu'il n'avait pas mis le Bureau du Conseil privé au courant des cas dont il a fait mention sur la chaîne CBC. « En ce moment, le SCRS ne considère pas ces cas comme étant une préoccupation suffisante pour les porter à l'attention des autorités provinciales », a-t-il précisé.

Des espions sur les campus?

Richard B. Fadden n'a pas donné beaucoup de détails sur les agissements des politiciens considérés « sous influence », ni sur le type d'influence qu'ils subiraient. La teneur de son propos laisse plutôt penser qu'il s'agirait de renseignements d'ordre économique, voire de lobbyisme.

« Un certain nombre de pays partent du principe que, s'ils peuvent développer une relation d'influence avec des individus au début de leur carrière, alors ces individus les suivront sur la durée », a déclaré M. Fadden avant d'ajouter : « Et avant même de vous en apercevoir, un pays fournit à ces personnes de l'argent. Il y a alors une sorte d'accord secret ».

Une fois installées dans leur vie professionnelle ou politique, ces personnes prendraient alors des décisions non pas dans l'intérêt des Canadiens, mais dans celui des puissances étrangères qui les ont recrutées.

Au moins cinq pays s'activeraient actuellement pour repérer sur les campus canadiens des étudiants qui pourraient, un jour, devenir des responsables politiques influents et servir leurs intérêts.

La Chine serait la plus active, mais les pays du Proche-Orient seraient aussi en phase de prospection.

On ne sait pas dans quelle mesure le gouvernement est au courant de cette situation, indique CBC, mais révéler publiquement le nom des pays incriminés tomberait mal pour le gouvernement Harper à la veille du G20 : plusieurs de ces pays participeraient au sommet.

« Cela est surprenant parce que les services secrets devraient normalement considérer cela comme extrêmement sensible », estime le professeur Martin Rudner qui dirige le Canadian Centre of Intelligence and Security Studies.

Le professeur Rudner pense cependant que Richard Fadden pourrait songer à livrer les noms de ces pays parce que ce serait la seule façon d'attirer l'attention du public sur un danger d'envergure nationale.

M. Fadden n'a pas dit ce qu'il comptait faire à ce sujet, mais il prépare un rapport qui devrait bientôt atterrir sur le bureau du premier ministre Harper.

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