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Plaidoyer pour inclure l'avortement

Selon l'Institut Guttmacher, la planification familiale éliminerait le deux tiers des grossesses non désirées et 75 % des avortements à risques.

Selon l'Institut Guttmacher, la planification familiale éliminerait le deux tiers des grossesses non désirées et 75 % des avortements à risques.

Photo : Denis Farrell

Radio-Canada

Une cinquantaine de groupes de défense des droits des femmes et des droits reproducteurs demandent au premier ministre Harper d'inclure l'avortement dans le plan de santé maternelle et infantile du G8.

Dans un ultime effort, une cinquantaine de groupes de défense des droits des femmes et de défense des droits reproducteurs a écrit une lettre au premier ministre Harper lui demandant d'inclure l'avortement dans le plan de santé maternelle et infantile du G8.

Réunies en point de presse, mardi, des porte-parole de cinq associations ont tenté de convaincre le gouvernement canadien de revenir sur sa décision.

Depuis qu'il a annoncé qu'il inviterait ses homologues des pays membres du G8 à faire de la santé maternelle une priorité, M. Harper a indiqué que le financement des services d'avortements ne ferait pas partie du plan que le Canada défendra en tant que pays hôte de cette rencontre internationale.

Aucune femme ou aucun enfant ne devrait perdre la vie en raison des décisions idéologiques du premier ministre, a plaidé Claire Tremblay, de la Coalition spéciale pour l'égalité des femmes et les droits de la personne.

Cette décision créera des générations d'orphelins dans les pays en développement, a de son côté affirmé la directrice générale d'Action Canada pour la population et le développement, Katherine McDonald.

13 % des décès liés à la grossesse sont occasionnés par des avortements non sécuritaires.
Cela représente quelque 70 000 décès chaque année.

Chiffres à l'appui, les organismes demandent donc d'assurer le financement d'avortements sans risques dans les pays où la pratique est légale ainsi que « des soins post-avortement de qualité pour les femmes qui ont des blessures par suite d'un avortement pratiqué dans de mauvaises conditions de sécurité ».

Faute de quoi, plaident les associations, « le traumatisme de femmes et de jeunes filles dans de nombreuses régions d'Afrique où le viol est une arme de guerre » n'en sera qu'aggravé.

Quelques chiffres

- 8 millions de femmes ont des complications suffisamment graves pour nécessiter un traitement médical et 3 millions d'entre elles ne sont jamais traitées
- En Afrique, les pratiques non sécuritaires entraînent 700 décès maternels pour 100 000 avortements
- 20 000 enfants perdent leur mère chaque année en raison d'un décès lié à l'avortement
- Ces enfants risquent 10 fois plus de mourir au cours des deux années suivant le décès de leur mère

Sources: Organisation mondiale de la santé, Fonds des Nations unies pour la population, Guttmacher Institute

Dans leur lettre, les organismes font également valoir que le Canada a signé l'accord international conclu en 1994 lors de la Conférence internationale sur la population et le développement, dans lequel il s'engageait à fournir l'accès universel à une gamme complète de méthodes de planification familiale sécuritaires et fiables d'ici 2015; endossé la résolution de 2009 du Conseil des droits de l'homme de l'ONU qui fait de la mortalité maternelle une atteinte grave aux droits de la personne; et appuyé le Consensus pour la santé de la mère, du nouveau-né et de l'enfant, adopté au sommet du G8 en 2009, qui stipule que la planification familiale est essentielle pour promouvoir la santé de la mère, du nouveau-né et de l'enfant.

Même si les chefs d'État et de gouvernement du G8 se réunissent dans moins trois jours, les associations signataires se disent optimistes que leur missive ait de l'effet.

La présidente et directrice générale de la Fédération nationale de l'avortement au Canada, Vicki Saporta, estime que le gouvernement canadien pourrait encore changer sa position, devant la position d'autres chefs du G8 et de la population canadienne.

Le sommet du G8 se tiendra à Huntsville, en Ontario, les 25 et 26 juin.

Avec les informations de La Presse canadienne

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