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La souveraineté à petits pas

Pauline Marois

Pauline Marois

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le PQ dépose l'ébauche de ce qui deviendra son programme, mais sans s'engager sur une échéance référendaire. L'aile dure du parti trouve que le plan de Pauline Marois est insuffisant, tandis que Jean Charest accuse son adversaire de vouloir faire un référendum en catimini.

Le Parti québécois (PQ) a déposé samedi l'esquisse de son programme assortie d'une liste de revendications, mais sa chef se garde le dernier mot sur les moyens et le moment retenu pour tenir un référendum.

Un gouvernement péquiste rendrait la fréquentation d'un cégep français obligatoire pour les enfants de la loi 101, imposerait le français dans les garderies familiales, exigerait le rapatriement du programme fédéral d'assurance-emploi, et réclamerait une seule déclaration de revenus, qui serait traitée par le Québec. Une fois porté au pouvoir, le PQ demanderait aussi la compétence exclusive du Québec en matière de culture, de communication et de langue. Il entend en outre négocier un « espace fiscal » avec le gouvernement fédéral pour contrôler tout le financement de l'éducation et de la recherche.

L'option souverainiste sera ainsi dans chacun des gestes du PQ, a expliqué la chef Pauline Marois devant ses députés et représentants des circonscriptions réunis samedi au mont Sainte-Anne, à Beaupré, pour la conférence des présidents.

Un gouvernement souverainiste prendra tous les moyens politiques, juridiques, pour atteindre son objectif.

Pauline Marois

Mme Marois a fait savoir qu'elle envisagerait divers moyens pour parvenir à ses objectifs. Les résolutions de l'Assemblée nationale, les demandes d'amendement constitutionnel et même les référendums sectoriels sont autant de pistes considérées.

« On n'a pas précisé de moyens, (...) tous les moyens que nous pouvons utiliser pour éloigner le plus possible le carcan constitutionnel. Il reste que, pour nous, le référendum important, celui qu'on doit tenir, doit porter sur la souveraineté », a précisé la chef péquiste.

Elle a rappelé avoir toujours prôné, depuis son arrivée à la tête du PQ, « toute la liberté de pouvoir choisir le moment qui serait opportun pour tenir un référendum ».

Mme Marois a tenté samedi matin de fouetter ses troupes après les déclarations de son prédécesseur Jacques Parizeau, qui a reproché aux souverainistes d'être trop obsédés à vouloir gouverner une province plutôt qu'à préparer l'indépendance.

La chef péquiste a rappelé que son parti est souverainiste « avant, pendant et après les élections ». Elle a dit vouloir « sortir du débat sur la mécanique » de l'indépendance. Et avant cela, « se débarrasser » du gouvernement « discrédité » de Jean Charest.

L'ébauche déposée samedi sera débattue par les instances du PQ, avant d'être adoptée au congrès d'avril 2011.

Mécontentement

Cette ébauche de programme a contrarié quelques indépendantistes, dont le syndicaliste Marc Laviolette, de l'ancien club politique péquiste SPQ-libre. Il a indiqué que Mme Marois a fait marche arrière dans ses revendications. Selon lui, le Bloc québécois est même plus clair que le PQ, parce qu'il a affirmé dans une lettre récemment qu'un référendum arriverait bientôt.

« C'est un programme qui est carrément de gérance provincialiste, pas souverainiste », a dit M. Laviolette, ajoutant que si on fait le total des sommes nécessaires pour financer les mesures sociales-démocrates proposées dans l'ébauche, l'argent manquera et il faudra donc s'adresser au fédéral.

« Marois prépare un référendum en catimini », selon Charest

Le premier ministre Jean Charest a accusé Pauline Marois de cacher ses visées référendaires aux Québécois dans l'espoir de se faire élire.

Selon lui, la chef du PQ devrait avoir la même transparence que les ténors souverainistes Gilles Duceppe et Jacques Parizeau et révéler clairement son intention de tenir un référendum « à court terme », une fois son parti au pouvoir.

Le premier ministre a invité son adversaire à faire preuve d'« honnêteté » et à « dire la vérité » aux Québécois.

Avec les informations de La Presse canadienne

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