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L'embargo est allégé, mais pas levé

Des camions transportant des biens sont stationnés à Rafah, après avoir franchi le point de passage de Kerem Shalom.

Des camions transportant des biens sont stationnés à Rafah, après avoir franchi le point de passage de Kerem Shalom.

Photo : AFP / Saïd Khatib

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le gouvernement israélien annonce un allégement du blocus terrestre imposé à la bande de Gaza, mais il maintient le blocus maritime. L'Occident applaudit ce premier pas, qualifié en revanche de « propagande médiatique » par le Hamas.

Sous la pression internationale, le gouvernement israélien du premier ministre Benyamin Nétanyahou a annoncé jeudi un allégement du blocus terrestre imposé à la bande de Gaza, contrôlé par le Hamas. Le blocus maritime sera maintenu de façon stricte.

Après deux jours de discussions, le cabinet de sécurité israélien a annoncé par voie de communiqué qu'il a décidé de « faciliter le système selon lequel les biens à usage civil entrent à Gaza et d'élargir l'accès aux matériaux pour des projets civils qui sont sous supervision internationale ».

Le communiqué ne dit pas quand ni comment le blocus sera allégé, et ne précise pas les biens visés. Cela, dit-on, sera déterminé par le cabinet de sécurité au cours des prochains jours.

Le communiqué indique tout de même que le cabinet entend « poursuivre les procédures de sécurité existantes pour empêcher l'entrée d'armes et de matériel de guerre ».

Selon les médias israéliens, le gouvernement Nétanyahou prévoit la création d'une liste de produits interdits, plutôt qu'une liste de produits autorisés, comme c'est le cas actuellement.

L'interdiction pour les entreprises privées d'importer des matériaux de construction serait aussi maintenue, rapporte le quotidien israélien Haaretz. La « liste noire » inclurait ainsi quelque 120 produits ou matériaux susceptibles d'entrer, selon Israël, dans la composition d'infrastructures militaires, comme les tuyaux, le ciment et le gravier.

L'officier de liaison palestinien Raed Fattouh, qui coordonne le passage des produits dans la bande de Gaza, a déclaré au quotidien israélien Haaretz que Tel-Aviv va notamment permettre le passage d'aliments, d'ustensiles de cuisine, de jouets, d'articles de papeterie, de matelas et de torchons.

Selon un rapport publié par l'organisation israélienne des droits de l'homme Gisha, Israël laisse entrer actuellement une centaine de produits seulement à Gaza, contre plus de 4000 avant le renforcement du blocus, en 2007.

La radio israélienne avait annoncé mercredi que le gouvernement devrait donner son feu vert à des projets de construction ou de réfection d'écoles et d'autres bâtiments publics de l'Agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés de Palestine (UNRWA).

Le cabinet de sécurité israélien a en outre appelé la communauté internationale à oeuvrer pour la libération du soldat Gilad Shalit, capturé par un commando palestinien en 2006 et détenu à Gaza.

« Propagande médiatique », dit le Hamas

Le Hamas, qui règne en roi et maître sur la bande de Gaza depuis juin 2007, a assimilé cette annonce à de la « propagande médiatique ». Les 1,5 million de Gazaouis, ajoute-t-il, ont davantage besoin de « ciment et de fer » que de « mayonnaise et de croustilles ».

« Ce qui est requis, c'est une levée totale du blocus. Les marchandises et les hommes doivent être libres d'entrer et de sortir. Gaza a notamment besoin de matériaux de construction, qui doivent être autorisés sans restrictions », fait valoir Sami Abou Zouhri, porte-parole du Hamas.

L'Autorité palestinienne a de son côté jugé cette « avancée insuffisante », exigeant elle aussi la levée complète de l'embargo.

Un « pas dans la bonne direction », estime l'Occident

Un Palestinien transporte des sacs qui ont transité par des tunnels creusés sous la frontière avec l'Égypte. Les Palestiniens utilisent ces tunnels pour contourner le blocus.
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Un Palestinien transporte des sacs qui ont transité par des tunnels creusés sous la frontière avec l'Égypte. Les Palestiniens utilisent ces tunnels pour contourner le blocus.

Photo : AFP / Saïd Khatib

Les États-Unis ont salué la décision israélienne. Il s'agit d'« un pas dans la bonne direction », a affirmé le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs.

« Nous allons continuer à travailler dans les jours à venir avec nos amis israéliens pour continuer à améliorer la situation humanitaire à Gaza, dont le président [Obama] a dit qu'elle était intenable », a-t-il dit.

Dans des mots similaires, l'envoyé spécial du Quartette sur le Proche-Orient (États-Unis, Union européenne, Russie et ONU), Tony Blair, a parlé d'un « bon pas en avant » pour les habitants de Gaza. Il a également plaidé en faveur d'une présence internationale aux points de passage.

Les trois éléments qui permettront de résoudre le différend israélo-palestinien, a ajouté M. Blair, sont une amélioration « radicale » des conditions de vie des Gazaouis, des progrès en matière d'économie et de gouvernance en Cisjordanie ainsi qu'une « négociation politique viable et crédible ».

Par la voix de son porte-parole, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a pour sa part qualifié l'annonce d'« encourageante », mais a dit souhaiter un changement fondamental de la position de l'État hébreu par rapport à ce blocus.

La chef de la diplomatie de l'Union européenne, Catherine Ashton, a exprimé un « grand intérêt », tempéré par le fait qu'il s'agit pour l'instant d'une « décision de principe », dont elle a espéré l'application rapide.

L'allégement annoncé du blocus est annoncé moins de trois semaines après que l'armée israélienne eut donné l'assaut contre une flottille humanitaire internationale qui tentait de « briser » ce blocus. Le raid a tué neuf civils et enclenché un mouvement de protestation international.

Elle survient en outre au moment où l'émissaire du président Obama pour le processus de paix au Proche-Orient, George Mitchell, entreprend une nouvelle visite dans le pays. M. Mitchell mène des pourparlers indirects entre le gouvernement Nétanyahou et l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas. Il a rencontré le premier ministre Nétanyahou et le ministre israélien de la Défense, Ehoud Barak.

Le blocus israélien a été imposé par Israël après la victoire du Hamas aux législatives palestiniennes de 2006. Il a été renforcé lorsque le mouvement islamiste s'est emparé du territoire par un coup de force contre le mouvement laïque Fatah, en juin 2007.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Haaretz

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