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Le recours aux canons sonores décrié

Un policier tient le canon sonore LRAD-X 100 au cours d'un exercice de sécurité et de contrôle des foules tenu à Toronto le 3 juin dernier, en prévision du sommet du G20.

Un policier tient le canon sonore LRAD-X 100 au cours d'un exercice de sécurité et de contrôle des foules tenu à Toronto le 3 juin dernier, en prévision du sommet du G20.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Radio-Canada

Deux organismes déposent une injonction dans l'espoir d'empêcher l'utilisation de canons sonores au sommet du G20, qui débutera dans quelques jours. Ces appareils, qui émettent un son extrêmement perçant, sont utilisés pour disperser les foules.

Deux organismes ont déposé une injonction, mercredi, dans l'espoir d'empêcher l'utilisation de « canons sonores » lors de la tenue du sommet du G20, qui s'amorcera dans quelques jours. Ces appareils, qui émettent un son extrêmement perçant, sont utilisés dans le but de disperser les foules.

L'Association canadienne des libertés civiles (ACLC) et le Congrès du travail du Canada estiment que ces armes devraient davantage servir à lancer l'assaut « contre des pirates en haute mer ». L'armée américaine a d'ailleurs expérimenté ce type de canon en Irak, et des navires s'en sont équipés pour éviter les actes de piraterie.

La directrice exécutive de l'ACLC, Nathalie Des Rosiers, fait valoir que ces nouvelles armes n'ont pas été testées et qu'elles n'ont pas été approuvées en Ontario. Selon elle, il n'y a donc aucune garantie qu'elles peuvent être utilisées de manière sécuritaire.

Selon les deux organismes, les canons sonores, dits aussi « à son » ou « hurleurs », sont susceptibles de causer des dommages aux tympans et à l'ouïe d'une personne.

Un outil comparé au pistolet électrique

« [...] Il s'agit bien à l'origine d'un matériel de guerre. Qualifié pudiquement d'arme à « létalité réduite », ce dispositif à ondes acoustiques de longue portée (LRAD) est à ranger dans la même catégorie que le Taser et les flash-ball, tous destinés à neutraliser les opposants avec la probabilité la plus faible possible d'entraîner des blessures ou la mort. Sans qu'il soit possible de les écarter complètement.

Alors qu'une conversation normale est évaluée à 60 décibels, des niveaux de 150 décibels peuvent être atteints avec cet appareil, dépassant largement le seuil de la douleur et avoisinant le bruit d'un avion au décollage. Une exposition prolongée peut entraîner des dommages auditifs, mais aussi une sensation d'étouffement. D'autres effets, plus graves, ne sont pas encore clairement prouvés. »

- Extrait de l'article Le « canon à son », nouvelle arme contre les manifestants, publié par Le Figaro, le 30 septembre 2009

Ces appareils permettent également de diffuser des messages à l'intention des manifestants. La police a d'ailleurs affirmé qu'ils seront employés pour communiquer des informations. Les forces de l'ordre pourraient par exemple demander à une foule de se disperser.

La demande d'injonction devrait être entendue à la Cour supérieure de l'Ontario le mercredi 23 juin. Mme Des Rosiers dit s'attendre à ce qu'une décision soit rendue le jour même.

Des canons sonores du même type ont déjà été utilisés au sommet du G20 à Pittsburgh, en septembre 2009. Plusieurs internautes avaient alors mis en ligne sur YouTube des vidéos démontrant leurs effets.

Avec les informations de La Presse canadienne