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Des explications, 25 ans plus tard

Un morceau de l'épave du vol 182 Air India

Un morceau de l'épave du vol 182 Air India

Photo : La Presse canadienne / Cour suprême de la Colombie-Britannique

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le rapport de la commission sur l'explosion du vol Air India 182, qui avait fait 329 morts en 1985, est présenté par le juge John Major. Il souligne les faiblesses du travail de la GRC et du SCRS, mais fait aussi des propositions.

Il aura fallu quatre années de travail à la commission fédérale dirigée par l'ancien juge de la Cour suprême John Major pour boucler le rapport sur l'explosion du vol 182 d'Air India qui, le 23 juin 1985, avait coûté la vie à ses 329 passagers.

L'appareil qui avait décollé de Toronto s'était posé à Mirabel avant de décoller pour Bombay, en Inde. Mais l'avion s'est abîmé au large des côtes de la mer d'Irlande après l'explosion d'une bombe dans la soute à bagages.

Le mandat de la commission n'était pas de trouver un coupable à cet attentat, mais plutôt de comprendre pourquoi les enquêtes de la GRC et des services secrets canadiens n'avaient pu, à l'époque, déjouer le complot ou punir ses instigateurs.

Pour le découvrir, John Major et son équipe d'avocats et de recherchistes ont compulsé des dizaines de milliers de pages de documents classifiés et écouté les dépositions de plus de 200 témoins.

Les audiences ont mis en évidence plusieurs points faibles dans le travail des services de sécurité canadiens, comme les problèmes de ressources du SCRS pour prendre les suspects en filature ou encore, des conversations enregistrées à l'insu des suspects qui ont été effacées.

Faire communiquer la GRC et le SCRS

Les rapports fleurant la jalousie qu'entretenaient à l'époque la GRC et le SCRS sont aussi invoqués. « On était encore en train de se chercher, de se trouver », déclare l'ancien cadre des services secrets canadiens Michel Juneau Katsuya. « Il y avait un tiraillage très important entre la GRC et le SCRS, les dirigeants ne s'entendaient pas l'un l'autre ».

John Major en février 2008Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

John Major en février 2008

Photo : La Presse canadienne / Fred Chartrand

La situation a bien changé depuis 1985, souligne M. Katsuya. Il estime en effet que la collaboration et les méthodes de travail se sont beaucoup améliorées depuis, même si, de nos jours, les renseignements recueillis par les services secrets peuvent difficilement être utilisés comme preuves lors d'un procès.

Le député libéral Bob Rae, dont la propre enquête a mené à la création de la commission Major, pense pour sa part que le rapport permettra de tirer des leçons importantes. « Les problèmes n'ont pas tous été réglés et il faut continuer la discussion », a-t-il déclaré.

CBC a d'ailleurs appris que l'une de recommandations du rapport portera sur l'organisation des services de sécurité. Il propose en effet au gouvernement de mettre en place un seul grand patron qui sera responsable de la GRC et des services secrets, ce qui permettra de limiter les guerres de clocher et de partager plus efficacement des informations entre les deux entités.

Un quart de siècle d'attente

Les familles et les proches des victimes, qui étaient pour la plupart des Canadiens et des Canadiennes d'origine indienne, attendent quant à elles depuis presque exactement 25 ans qu'on leur fournisse des explications sur la pire attaque terroriste de l'histoire du pays.

Beaucoup regrettent qu'il ait fallu attendre presque exactement un quart de siècle pour obtenir des éclaircissements sur les circonstances du drame et sur l'origine des erreurs commises par les autorités avant et après la tragédie.

D'autres se disent soulagés par la publication du document qui leur permettra de franchir une étape importante pour mettre fin à leur deuil.

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