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Michel Rocard cherche des solutions

Michel Rocard en entrevue avec Gérald Fllion

Michel Rocard en entrevue avec Gérald Fillion

Radio-Canada
Mis à jour le 

L'ancien premier ministre français est au Canada pour parler de l'avenir de l'Arctique avec le ministre Lawrence Cannon. En entrevue sur RDI, il livre le fruit de ses réflexions sur la meilleure façon d'arriver à un consensus entre toutes les parties.

L'Arctique est devenu le principal sujet de préoccupation de l'ancien premier ministre français Michel Rocard depuis qu'il a été nommé, en 2009, ambassadeur de France chargé des négociations sur l'Arctique.

En entrevue sur RDI, il a donné à Gérald Fillion un résumé des débats qui entourent l'accès aux ressources de l'Arctique.

Depuis 20 ans, le réchauffement climatique a changé la donne en ouvrant de nouvelles voies de navigation. « Tout le commerce mondial a intérêt à aller d'Europe en Asie [...] par les pôles plutôt que par Suez ou Panama : le gain est de 100 000 km », a-t-il rappelé.

La pêche est un autre sujet de préoccupation, selon M. Rocard. À mesure que les océans Pacifique et Atlantique se réchaufferont, une partie des ressources halieutiques devraient se déplacer vers les eaux de l'Arctique afin de trouver un peu de fraîcheur.

L'exploitation du pétrole constitue un autre enjeu. « Il y a sous l'océan Arctique un deuxième Moyen-Orient », soutient M. Rocard, qui rappelle que l'exploitation des puits de pétrole en Arctique pose des défis technologiques inédits. Or, a-t-il souligné, plus la mise en exploitation est complexe, plus la sécurité doit être drastique.

« S'il se passe un accident banal comme dans le golfe du Mexique, la différence, c'est qu'en Arctique, il fait si froid que les produits chimiques qui cherchent à atomiser le pétrole ne marchent pas. Il fait si froid qu'on ne sait pas travailler au fond de la mer pour obturer des puits. Et donc, si on a un accident du genre du golfe du Mexique dans l'Arctique, ce sera une catastrophe infiniment considérable [...] et probablement insoluble », estime-t-il.

L'accès aux routes, le partage et l'exploitation des ressources de l'Arctique posent donc un ensemble de problèmes spécifiques sur le plan de la gouvernance, de la sécurité des navires et, aussi, de la sécurité écologique.

Rencontre avec le ministre Cannon

C'est pour essayer de trouver des solutions à ces problèmes que Michel Rocard est venu cette semaine au Canada et a rencontré mardi le ministre canadien des Affaires étrangères Lawrence Cannon.

M. Rocard a évoqué trois pistes. La première est d'ordre réglementaire. M. Rocard croit possible qu'avec l'arbitrage des Nations unies, qui demeure l'organisation maritime internationale compétente, les parties prenantes arrivent à s'entendre sur les règles de circulation ou encore, sur une limitation des forages pour l'exploitation des hydrocarbures.

La deuxième piste est d'ordre méthodologique. Michel Rocard suggère de s'attaquer aux problèmes un par un plutôt que tous ensemble : « On n'arrivera pas à résoudre tous les problèmes en même temps dans la même instance. Mais séparément, une entente raisonnable sur les conditions de la pêche, sur l'écologie et la préservation des ressources est possible. »

Les aspects financiers sont, enfin, un autre levier qu'il est possible d'actionner. Il s'agirait, a indiqué M. Rocard, de mutualiser les coûts et notamment ceux qui seront nécessaires au fonctionnement des services sauvetage et de sécurité.

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