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Exercice de mémoire collective

Murray Sinclair, le président de la Commission de témoignage et de réconciliation du Canada

Le président de la Commission de témoignage et de réconciliation, Murray Sinclair, à Winnipeg en juin dernier.

Photo : La Presse canadienne / John Woods

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Commission de témoignage et réconciliation, qui a débuté ses travaux à Winnipeg, donnera la parole aux anciens pensionnaires autochtones, dont plusieurs ont été abusés au fil des ans.

Des centaines de personnes, dont de très nombreux Autochtones, ont assisté mercredi, à Winnipeg, à l'ouverture de la première rencontre de la Commission de témoignage et de réconciliation sur les pensionnats autochtones. L'événement d'une durée de quatre jours sera ponctué d'activités culturelles, de projections de films, de pièces de théâtres et d'expositions d'oeuvres d'art inuits, autochtones et métis.

Cette commission, mise sur pied par le gouvernement fédéral, sillonnera le pays au cours des cinq prochaines années pour informer les Canadiens sur ce qui s'est passé pendant 150 ans dans les pensionnats amérindiens.

La commission s'est ouverte par une cérémonie d'allumage du feu sacré et du calumet. L'événement s'est tenu au Cercle Oodena, un amphithéâtre naturel rendant hommage à la culture et aux traditions autochtones présentes depuis des millénaires à Winnipeg et dans ses environs.

Le Cercle Oodena se situe à La Fourche, à l'angle de la promenade Waterfront et de la rue Forks Market, au confluent de la rivière Assiniboine et de la rivière Rouge. Il s'agit d'un lieu hautement symbolique puisqu'il constitue un endroit de rassemblement pour les peuples autochtones depuis 6000 ans.

Cérémonies du feu et du calumet

La cérémonie du feu sacré est une très vieille tradition, qui remonte à l'époque où les premiers hommes ont découvert et maîtrisé le feu. Une fois le feu sacré allumé, des prières et offrandes lui sont offertes. Cette cérémonie, simple en apparence, revêt un caractère énergétique puissant puisqu'elle travaille en particulier sur le plan mental et spirituel. Le feu sacré est utilisé aussi pour favoriser la protection et la guérison.

Quant à la cérémonie du calumet, commune chez les Autochtones des Plaines, elle consiste à offrir le calumet aux quatre points cardinaux, qui représentent les éléments de la vie spirituelle autochtone.

Tourner une page sombre de l'histoire du Canada

Durant quatre jours, les membres de la commission vont collecter, filmer, enregistrer les témoignages de nombreux survivants des pensionnats autochtones. Il s'agit d'une mission d'envergure, un travail de mémoire devant mener à la réconciliation entre les Autochtones et le reste du Canada.

Ce qui manque à l'histoire des pensionnats indiens, c'est le coeur même de cette histoire. Ce qui manque, c'est la vérité. La vérité s'exprime dans les voix qui, dans de nombreux cas, n'ont jamais parlé de cette histoire auparavant.

Une citation de :Murray Sinclair, président de la Commission de témoignage et réconciliation

« Nous avons la chance de rédiger un chapitre de l'histoire et de faire partie de celle-ci. Nous serons les témoins de quelque chose qui ne s'est jamais produit dans notre pays. Nous verrons, entendrons et ressentirons des choses qui nous étaient inconnues jusqu'ici », a-t-il ajouté.

Les Métis, Inuits et membres des Premières Nations ont le choix de la méthode de témoignage et disposent de lieux privés pour s'exprimer. Ils ont également accès à du soutien psychologique. Une tente de rassemblement leur permet de se reposer et de partager ce qu'ils ont vécu avec les leurs.

Par ailleurs, le grand public est également invité à assister à une tribune libre au Cercle de partage des commissaires. Certains survivants s'y exprimeront librement sur ce qu'ils ont vécu et sur l'impact que leur expérience dans les pensionnats autochtones a eu sur leur vie et celle de leurs descendants.

Outre ces moments forts éprouvants, le programme de ces quatre jours sera également ponctué d'expositions, de concerts et d'autres événements culturels. Une tente d'apprentissage a également été érigée afin que le public puisse en apprendre davantage sur l'histoire encore méconnue des pensionnats indiens et comprendre ce qui a entraîné leur création et leur maintien.

Une autre tente offre des oeuvres de différents artistes autochtones, dont celle du Winnipégois Leah Decter, Official Denial : trade value in progress qui retient l'attention. Son « patchwork » rassemble diverses citations et commentaires, dont une déclaration du premier ministre Stephen Harper lors du sommet du G20 en septembre 2009 : « We also have no history of colonialism » (Nous n'avons pas non plus d'histoire de colonialisme), suivie de la remarque de l'artiste : « Ok, then, maybe we have a long history of amnesia » (D'accord, alors, peut-être que nous avons une longue histoire d'amnésie).

Au cours du siècle dernier, environ 150 000 jeunes Autochtones de 5 à 16 ans ont été arrachés à leur famille et envoyés dans quelque 136 pensionnats fédéraux, dont 25 en Alberta, 19 en Saskatchewan, 18 en Colombie-Britannique, 15 au Manitoba, 16 en Ontario, 13 au Nunavut et 10 au Québec.

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