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La prison à vie

Aqsa Parvez

Photo : Facebook

Radio-Canada

Le père et le frère d'Aqsa Parvez écopent d'une peine de prison à vie sans possibilité d'être libérés avant 18 ans.

Le père et le frère d'Aqsa Parvez écopent d'une peine de prison à vie sans possibilité d'être libérés avant 18 ans. Muhammad Parvez, 60 ans, et son fils Waqas, 29 ans, ont plaidé coupables mardi à des accusations de meurtre non prémédité.

Les deux hommes ont admis avoir étranglé l'adolescente de 16 ans dans sa chambre de la maison familiale, à Mississauga.

Un accusé coupable de meurtre prémédité peut habituellement demander à être libéré après 10 ans. Dans le cas Parvez, la Couronne a demandé que le juge prolonge la durée de l'emprisonnement minimale à 18 ans. Le juge, Bruce Druno, a qualifié le crime de « profondément troublant » et a affirmé qu'il fallait « une sentence exemplaire pour envoyer un message clair ».

Le juge Druno a souligné des facteurs aggravants au crime : il a évoqué un bris de confiance, puisque la victime connaissait bien ses agresseurs, de même que l'inégalité entre les genres.

Muhammad et Waqas Parvez étaient accusés de meurtre prémédité. S'ils avaient été reconnus coupables de ce crime, ils s'exposaient à 25 ans de prison ferme.

Conflit familial

Les documents présentés à la cour relatent les derniers mois de la jeune Aqsa : les conflits avec sa famille sur son refus de porter le voile et de se plier au mode de vie strict imposé par son père, de même que ses nombreux appels à l'aide à l'école et auprès de ses amis.

En septembre 2007, Aqsa craignait pour sa sécurité et a quitté le domicile familial pour un refuge. Elle a accepté de rentrer chez elle, mais a continué de se plaindre du contrôle que sa famille exerçait sur sa vie.

Sa camarade de classe, Katelynne Irene, se rappelle qu'Aqsa ne pouvait pas aller au cinéma, sortir avec des amis ou avoir un copain par crainte de représailles.

Deux semaines avant sa mort, Aqsa s'est réfugiée chez une amie. Elle souhaitait commencer une nouvelle vie et se trouver un emploi à temps partiel.

Le 10 décembre, son frère Waqas l'a abordée en voiture au moment où elle attendait le bus pour aller à l'école. Elle est montée dans le véhicule et a été conduite à la résidence familiale. C'est là qu'Aqsa a été étranglée dans sa chambre. Le père a ensuite appelé le 911 et a admis son crime.

Ce jour-là, la mère d'Aqsa déclarait à la police que son mari avait tué sa fille parce qu'elle était une insulte pour lui. L'enquête de police démontrera par la suite l'implication du frère.