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La perte de la mémoire mieux comprise

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Photo: iStock
Radio-Canada

Un nouveau mécanisme responsable des troubles de la mémoire au tout début de l'apparition de la maladie d'Alzheimer est identifié par des chercheurs américains et français.

Un processus biologique impliqué dans l'apparition des troubles de la mémoire au début de la maladie d'Alzheimer a été identifié par des chercheurs américains et français.

Les problèmes de mémoire sont souvent les premières manifestations de la maladie. La science savait déjà que cette défaillance résultait de dysfonctionnements et de détériorations des zones de contact entre les neurones, dus aux oligomères béta-amyloïdes (Aβo) qui s'accumulent et forment des plaques.

À l'aide d'un marquage de nanoparticules mis au point au Centre national de la Recherche scientifique de France (CNRS), les chercheurs ont observé des phénomènes qui se passent à l'échelle du micromètre (avec une résolution de l'ordre du 1/100e de micromètre).

Ils ont ainsi pu étudier les mécanismes qui expliquent comment ces plaques, qui se fixent spécifiquement sur les neurones, perturbent leur fonction et leur morphologie.

L'équipe a ainsi montré que les Aβo fixés à la membrane se déplacent librement à la surface des neurones. Leur diffusion latérale est ensuite freinée en raison de leur accumulation au niveau des zones de contact. Des masses amyloïdes se forment et grossissent avec le temps.

Les auteurs des travaux ont découvert que ces masses entraînent une diminution de la mobilité de certains récepteurs, les mGluR5, sur lesquels elles se fixent.

Ils ont constaté que ces récepteurs s'agglutinent alors les uns aux autres causant une dégradation des zones de contact, appelées synapses.

Ces résultats mettent en évidence le rôle du récepteur mGluR5. Les Aβo induisent l'accumulation anormale et la stabilisation excessive de ce récepteur du glutamate.

Vers un traitement plus ciblé

Selon les auteurs, cet effet toxique peut être contrecarré par des antagonistes du récepteur mGluR5, qui seraient donc une meilleure cible pour le traitement de la maladie que les récepteurs spécifiques au glutamate actuellement ciblés.

Le détail de ces travaux réalisés par des chercheurs du Centre national de la Recherche scientifique de France et de l'Université Northwestern est publié dans la revue Neuron.

Il y a actuellement 120 000 personnes qui souffrent de cette maladie au Québec. Dans le reste du pays, ce nombre atteint 500 000 et il devrait plus que doubler d'ici une génération. À ce moment-là, 250 000 Québécois en seront atteints et 1,3 million de Canadiens.