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Des semences controversées

Des écologistes et des syndicats agricoles québécois ont manifesté devant le consulat d'Haïti à Montréal.

Des écologistes et des syndicats agricoles québécois ont manifesté devant le consulat d'Haïti à Montréal.

Radio-Canada

En Haïti, des agriculteurs dénoncent les 475 tonnes de semences hybrides dont Monsanto a fait don au pays et qu'ils qualifient de « cadeau intéressé ». Leur geste trouve un écho à Montréal où ont manifesté des organisations écologistes.

Le mois dernier, la multinationale Monsanto a annoncé qu'elle allait donner 475 tonnes de semences hybrides à Haïti pour l'aider à relancer son économie dévastée. La valeur des semences fournies atteint 4 millions de dollars américains.

Or, plusieurs agriculteurs haïtiens n'en veulent pas, craignant une perte de souveraineté alimentaire et un contrôle du géant américain spécialisé dans les biotechnologies végétales. Des manifestations ont été organisées vendredi en Haïti pour dénoncer les dons de Monsanto réclamer la destruction des semences.

Des organisations canadiennes appuient ces paysans, qualifiant d'« intéressé » et d'« empoisonné » le cadeau qui leur a été donné.

Des groupes écologistes et des représentants de syndicats agricoles québécois ont d'ailleurs manifesté vendredi devant le consulat général d'Haïti à Montréal. Ils ont pu exprimer leurs préoccupations au consul haïtien Pierre-Richard Casimir et lui ont remis une lettre dénonçant la situation, le film Le Monde selon Monsanto ainsi que, dans un geste symbolique, une éprouvette de semences biologiques.

Le consul a dit aux manifestants que Monsanto avait initialement offert des semences génétiquement modifiées, mais que le ministère de l'Agriculture avait rejeté son offre.

Mais, à l'instar d'agriculteurs haïtiens, Greenpeace craint que le don de Monsato entraîne une dépendance accrue à l'endroit des multinationales étrangères, autant pour les semences que pour les produits chimiques. Les semences données nécessitent habituellement l'épandage de pesticides, que produit également Monsanto.

En outre, plusieurs semences de Monsanto ne peuvent pas être plantées à nouveau les années suivantes, obligeant les agriculteurs à renouveler leurs achats chaque année.

« Bien sûr, ça peut être un don désintéressé, mais Monsanto n'est pas ce genre de compagnie », a déclaré Éric Darier, de Greenpeace. « Je pense qu'on peut remplacer les [dons] de Monsanto par des semences que les agriculteurs locaux veulent et auxquelles ils font confiance. »

« Monsanto veut profiter du tremblement de terre pour prendre pied à Haïti », a de son côté affirmé Chavannes Jean-Baptiste, du Mouvement Peyizan Papay. « C'est inadmissible pour nous. Si les pays donateurs se mettent à envoyer des semences hybrides, c'est la fin de l'agriculture en Haïti. »

« Le problème, c'est que Monsanto va s'approprier certaines semences dans le pays, et que le paysan devra lui payer une redevance s'il souhaite les cultiver sur ses terres », a renchéri Sébastien Rioux, coordinateur de l'organisme Haïti, une semence, un pays. « On les rend donc dépendants du reste du monde, et c'est ça qui me choque. »

Une ONG américaine avait illustré les craintes exprimées par les groupes écologistes en voyant dans les semences offertes de Monsanto « un cheval de Troie de la firme dans le but de contrôler le futur agricole d'Haiti ».

Monsanto répond que le don de semence est un geste humanitaire. Quant au gouvernement haïtien, il remercie Monsanto de sa générosité et se dit convaincu que son don aidera à la relance de production maraîchère dans le pays.

Avec les informations de La Presse canadienne, et Rue 89

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