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Le Hamas n'est pas un groupe terroriste, dit Erdogan

Le premier ministre turc rendant visite à l'un des blessés lors de l'assaut de l'armée israélienne.

Le premier ministre turc rendant visite à l'un des blessés lors de l'assaut de l'armée israélienne.

Photo : AFP / HO/Bureau du premier ministre

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan déclare que le mouvement palestinien Hamas n'est pas un groupe terroriste. Il accuse également le gouvernement d'Israël de pratiquer le « terrorisme d'État ».

Dans un discours retransmis à la télévision, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré que le Hamas, le mouvement islamiste palestinien, n'était pas un groupe terroriste.

« Le Hamas a des résistants qui luttent pour défendre leur terre. Ils ont remporté une élection [en 2006] », a déclaré M. Erdogan.

« Je l'ai dit aux responsables américains... Je ne considère pas le Hamas comme une organisation terroriste. Je pense la même chose aujourd'hui. Ils défendent leur terre », a-t-il ajouté.

Dans la foulée, il a reproché aux puissances occidentales de refuser, selon lui, de donner une chance au Hamas de s'engager dans un processus démocratique.

« Pourquoi ne lui donnez-vous pas une chance? Laissez-le engager une lutte démocratique », a-t-il dit.

À propos du gouvernement israélien, M. Erdogan n'a pas été tendre. Il l'a qualifié d'« hypocrite », de « paranoïaque » et de menteur.

« Notre problème ne concerne pas les Israéliens ou le peuple juif. Notre problème concerne le gouvernement israélien oppresseur, qui pratique le terrorisme d'État », a-t-il précisé.

La position du gouvernement turc sur le conflit israélo-palestinien n'est pas nouvelle, mais elle n'a jamais été aussi virulente.

Les propos de M. Erdogan poseront certainement problème aux dirigeants occidentaux, car ils proviennent du chef du gouvernement d'un pays membre de l'OTAN. Pour le moment, aucune réaction n'a été enregistrée. Rappelons que les États-Unis et l'Union européenne considèrent, pour leur part, le Hamas comme une organisation terroriste.

Démarche cohérente

La Turquie a déjà déclaré plusieurs fois qu'il est impossible de parvenir à la paix au Proche-Orient en excluant le Hamas. Elle a aussi demandé au Hamas, qui a appelé à la destruction d'Israël, de renoncer à la violence et de s'engager sur une voie politique pacifique.

En février 2006, Ankara avait accueilli une délégation conduite par le dirigeant du Hamas, Khaled Mechaal, après la victoire électorale du mouvement radical, déclenchant la colère d'Israël.

En janvier 2009, les autorités turques avaient agi en médiateur entre les dirigeants du Hamas basés en Syrie et des officiels égyptiens qui tentaient d'obtenir un cessez-le-feu pour mettre fin à la guerre de 22 jours à Gaza.

Crise entre la Turquie et Israël

Des manifestants israéliens devant l'ambassade turque à Tel-Aviv brandissant une photo du premier ministre turc caricaturé avec une moustache à la Hitler avec l'inscription fasciste.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des manifestants israéliens devant l'ambassade turque à Tel-Aviv brandissant une photo du premier ministre turc caricaturé avec une moustache à la Hitler avec l'inscription fasciste.

Photo : AFP / Jack Guez

L'assaut meurtrier israélien contre la flottille humanitaire, dont le bateau amiral turc, semble donner une autre tournure aux relations entre Ankara et Israël.

Les déclarations des officiels turcs, qui se multiplient, indiquent qu'on se dirige vers une glaciation des rapports entre les deux pays.

Dans une interview accordée à la chaîne NTV, le vice-premier ministre turc Bulent Arinc a indiqué que son pays pourrait réduire « au minimum » ses relations avec Israël et a ajouté que le gouvernement « était en train d'évaluer ses accords passés avec Israël ».

La veille, le président Abdullah Gül avait déclaré que les liens entre la Turquie et Israël ne seraient « plus les mêmes », précisant que « la Turquie n'oubliera jamais cette attaque contre un de ses navires et ses ressortissants, dans les eaux internationales. »

Juste après l'assaut de l'armée israélienne, Ankara a rappelé son ambassadeur en Israël et annulé des manoeuvres militaires communes.

De son côté, le premier ministre Recep Tayyip Erdogan a accusé Israël de « dynamiter la paix régionale ».

L'amitié de la Turquie est précieuse, mais son inimitié est d'autant plus violente.

Une citation de :Recep Tayyip Erdogan

Cette évolution des relations entre les deux pays confirme en réalité une dégradation progressive depuis l'offensive « Plomb durci », menée par Tsahal en décembre 2008 et janvier 2009 dans la bande de Gaza, où plus de 1000 Palestiniens ont été tués, dont une majorité de civils.

Par ailleurs, la position du gouvernement turc semble rallier une partie de l'opinion publique. Environ 10 000 personnes ont conspué Israël vendredi, lors d'un rassemblement pour protester contre le raid israélien, criant des slogans en faveur du Hamas palestinien.

Rappelons que les victimes du raid israélien étaient huit Turcs et un américain d'origine turque.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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