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Durs lendemains pour cinq Israéliens arabes

La députée Hanin Zuabi s'est fait interrompre alors qu'elle s'apprêtait à prendre la parole.
La députée Hanin Zuabi s'est fait interrompre alors qu'elle s'apprêtait à prendre la parole. Photo: AFP / Gil Yohanna
Radio-Canada

Quatre citoyens israéliens arabes qui étaient à bord de la « Flottille pour la liberté » risquent de faire face à des accusations criminelles. Une cinquième participante, une députée israélienne arabe, pourrait se voir retirer sa nationalité.

Quatre citoyens israéliens arabes qui étaient à bord du Mavi Marmara, le bateau du convoi d'aide humanitaire qui se dirigeait vers la bande de Gaza avant d'être intercepté par l'armée israélienne en début de semaine, risquent de faire face à des accusations criminelles.

Ils ont été identifiés comme étant Lubna Masarwa, membre du conseil d'administration de Free Gaza, le mouvement propalestinien qui a organisé le convoi maritime, Mohammed Zeidan, président du Projet international de soutien pour l'Association arabe des droits de la personne, ainsi que deux dirigeants du Mouvement islamique en Israël, Sheik Raed Salah et Hamed Abu Dabis.

Ils ont été libérés sous certaines restrictions jeudi, après avoir comparu devant un tribunal israélien, a indiqué Adalah, le centre légal pour la défense des droits de la minorité arabe en Israël, qui participe à leur défense. L'Agence de presse américaine JTA (Jewish Telegraphic Agency) a confirmé l'information.

Ainsi, ils demeureront assignés à résidence jusqu'au 8 juin et n'auront pas le droit de quitter le pays. Ils ont également dû payer une caution individuelle de plus de 40 000 $CA.

Leurs avocats envisagent de faire appel des restrictions qui leur ont été imposées.

Les quatre individus n'ont pas été formellement inculpés. Selon leurs avocats, l'État hébreu envisage de déposer plusieurs accusations contre eux pour avoir participé à l'opération, dont celles de complot en vue de commettre une infraction et celle de possession et d'utilisation d'armes.

La défense affirme que la décision est discriminatoire envers les détenus et équivaut à une accusation sélective basée uniquement sur leur appartenance nationale. Ils ne sont pas détenus en tant que citoyens israéliens, mais en tant que citoyens palestiniens arabes d'Israël.

Extrait du communiqué émis par le centre Adalah

Lors de l'audience préliminaire, les avocats de la défense ont notamment argué que les tribunaux israéliens n'avaient pas juridiction sur cette affaire, puisque le bateau sur lequel se trouvaient leurs clients naviguait en eaux internationales lors de l'attaque israélienne.

Les quatre individus avaient été arrêtés le 31 mai, dans la foulée de l'assaut israélien contre la flottille.

Une députée israélienne arabe prise à partie

La députée Hanin ZoabiLa députée Hanin Zoabi Photo : AFP / Gil Yohanna

La députée israélienne de langue arabe Hanin Zoabi, qui était elle aussi à bord de la flottille humanitaire, pourrait quant à elle perdre son immunité parlementaire, voire sa nationalité israélienne.

C'est la demande formulée au procureur général par le ministre israélien de l'Intérieur, Eli Yishai, indique le site du quotidien israélien Haaretz.

Mme Zoabi, qui appartient au parti Balad, un parti d'extrême gauche nationaliste arabe, a été arrêtée lundi par les autorités israéliennes alors qu'elle était sur le bateau turc arraisonné par la marine israélienne, puis libérée en raison de son immunité parlementaire.

Ces derniers jours, les citoyens israéliens ont pu voir comment un membre israélien du Parlement, Hanin Zoabi, a pris la tête d'un groupe de terroristes qui avaient pour but de blesser les soldats israéliens, sous la protection de son immunité parlementaire.

Le ministre Eli Yishai, dans un message envoyé au procureur général

« La députée Zoabi a utilisé son immunité pour se protéger de la loi, même si elle était sans l'ombre d'un doute au courant des attaques contre les soldats israéliens qui se préparaient », poursuit-il dans sa lettre. « Il s'agit d'un acte prémédité de trahison. »

La veille, lors d'une audience très agitée à la Knesset (le Parlement israélien), un député du Likoud, le parti du premier ministre Nétanyahou, a de son côté réclamé la levée de son immunité parlementaire afin qu'elle soit expulsée du Parlement, puis jugée pour son « soutien au terrorisme ».

Au cours de cette audience consacrée à l'affaire du convoi, Mme Zoabi a été la cible de plusieurs attaques verbales de la part de députés. Des élus lui ont reproché sa complicité avec « les ennemis d'Isräël ». Une députée du Likoud, ancienne porte-parole de l'armée israélienne, l'a interpellée en arabe, lui disant : « Va vivre à Gaza, traîtresse! »

Les échanges ont atteint un degré d'intensité rarement vu et les invectives entre députés arabes, qui ont pris la défense de Mme Zoabi, et leurs collègues juifs ont forcé le président de la séance à expulser quinze parlementaires.

Le président de la Knesset a demandé qu'une protection rapprochée soit accordée à la députée.

Sur Internet, une pétition appelant à son expulsion du Parlement a été signée par près de 40 000 personnes en 24 heures.

Hanin Zoabi n'en est pas à sa première controverse. En mars 2009, elle avait provoqué un scandale en saluant « la possibilité que l'Iran puisse se doter l'arme nucléaire ».

Avec les informations de Agence France-Presse, Haaretz, et Jewish Telegraphic Agency