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Une surveillance accrue réclamée

Maurice Gibeau
Maurice Gibeau
Radio-Canada

En réaction aux révélations de Radio-Canada concernant les circonstances du décès de Maurice Gibeau, le gouvernement est appelé à améliorer la façon dont il surveille les soins donnés par les ressources intermédiaires du système de santé québécois.

Les réactions sont nombreuses au lendemain des révélations de Radio-Canada concernant les circonstances du décès de Maurice Gibeau, cet homme de 84 ans mort le 13 décembre dernier à la résidence du parc Jarry pendant que le préposé aux bénéficiaires qui devait faire des rondes de surveillance a éteint les cloches d'appel et s'est endormi.

Ce n'est que plusieurs mois plus tard que Radio-Canada a appris à la famille du défunt le comportement du préposé et son congédiement.

Au-delà de l'entreprise d'une enquête de la coroner Catherine Rudel-Tessier, l'histoire a eu des échos mardi à l'Assemblée nationale.

La porte-parole du Parti québécois en matière des aînés, Lisette Lapointe, s'explique mal le fait que la famille ait été tenue dans l'ignorance. « Pourquoi le Centre de santé et de services sociaux [du Coeur-de-l'Île] se fait-il complice du silence de la résidence privée ? », a-t-elle déclaré. Mme Lapointe juge que le gouvernement devra rappeler aux centres de santé et de services sociaux (CSSS) leur devoir de surveillance.

Rappelons que certains lits de la résidence montréalaise sont subventionnés par le gouvernement par l'entremise du CSSS du Coeur-de-l'Île.

La ministre déléguée aux Services sociaux, Lise Thériault, s'est dite convaincue que l'enquête du coroner « aura l'occasion d'aller au fond des choses ». Elle a également affirmé que le gouvernement allait mettre en place d'éventuelles modifications et qu'il assumerait ses responsabilités.

Pour des soins de qualité

L'avocat en droit de la santé, Jean-Pierre Ménard, estime que l'affaire remet en question la gestion des ressources intermédiaires du système de santé québécois. « Ça soulève de manière plus globale [...] les moyens [que les CSSS prennent] pour s'assurer des contrôles de qualité », affirme-t-il.

Louis PlamondonLouis Plamondon

Le sociologue Louis Plamondon plaide que le coroner doit être avisé de tout décès dans les résidences pour personnes âgées, sans nécessairement qu'il y ait chaque fois une enquête, afin de dresser un meilleur portrait de la situation.

Selon lui, cette surveillance est d'autant plus cruciale que la majorité des personnes qui vivent dans ces établissements subventionnés sont vulnérables.

De son côté, la Fédération des préposés aux bénéficiaires, qui représente 500 membres au Québec, juge inacceptables les circonstances du décès de Maurice Gibeau. Le président de la Fédération, Michel Lemelin, dit du même souffle qu'il n'est pas surpris d'entendre une telle histoire.

On sait qu'il y a des problématiques. Ça fait un an qu'on connaît des problématiques aussi effarantes. Ils s'en passent d'autres. On ne le sait pas. Bien souvent, c'est caché et ce n'est pas divulgué.

Michel Lemelin, président de la Fédération des préposés aux bénéficiaires

Il réclame d'ailleurs une formation obligatoire pour tous les préposés aux bénéficiaires.

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