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Obama ferme et solidaire

Barack Obama regardant l'étendue des dégâts près du rivage à Port Fourchon Beach, en Louisiane.
Barack Obama regardant l'étendue des dégâts près du rivage à Port Fourchon Beach, en Louisiane. Photo: AFP / Jim Watson

De passage en Louisiane, le président américain annonce le triplement des effectifs déployés dans les régions côtières touchées. De son côté, BP se donne 48 heures pour savoir si les opérations de colmatage de la fuite ont réussi.

Le président Barack Obama s'est rendu en Louisiane, vendredi, afin de constater l'efficacité des efforts entrepris pour lutter contre la marée noire dans le golfe du Mexique, qu'il a qualifiée de « terrible catastrophe ».

Il a annoncé que son administration allait tripler les effectifs déployés dans les régions côtières touchées par le déversement. Depuis Grand Isle, le président américain a indiqué que cette décision allait s'appliquer aux zones « où le pétrole a touché les côtes ou devrait le faire au cours des 24 prochaines heures ».

Barack Obama a répété qu'il tiendrait la pétrolière BP responsable des coûts de la catastrophe, tout en assumant la responsabilité ultime de la marée noire dans le golfe du Mexique.

J'assume la responsabilité ultime de résoudre cette crise. Je suis le président et en fin de compte, je suis le responsable.

Le président Obama

Il n'existe pas de réponses parfaites à ce problème, a reconnu le président, dont la gestion de la crise a été critiquée. Mais, a-t-il ajouté, tous les moyens seront mis en branle pour tenter de stopper les nappes polluantes.

Rassurer la population locale

Le président Obama s'est également directement adressé aux habitants de la région, déjà échaudés par la réaction des autorités lors du passage de l'ouragan Katrina, en 2005.

« Je sais que vous avez déjà dû endurer votre part de tragédies. Je sais qu'il vous est arrivé de vous demander si vous alliez devoir y faire seuls. Je suis ici pour vous assurer que vous n'êtes pas seuls. On ne vous abandonnera pas, on ne vous laissera pas tomber », a-t-il promis.

Nous sommes avec vous et nous verrons la fin de cette crise ensemble. Nous allons travailler jusqu'à ce que la fuite soit colmatée, jusqu'à ce que la côte soit nettoyée, jusqu'à ce que vos communautés reprennent leur vie normale.

Le président Obama

« C'est la promesse que je vous fais, et c'est une promesse faite au nom de la nation entière. Et nous allons la respecter », a martelé M. Obama.

Le président en était à son deuxième déplacement dans la région depuis l'explosion de la plate-forme Deepwater Horizon, le 20 avril, qui a fait 11 morts en plus de provoquer une catastrophe écologique sans précédent.

Quadrupler la taxe aux pétrolières

La Chambre des représentants a par ailleurs approuvé une mesure venant multiplier par plus de quatre une taxe imposée aux compagnies pétrolières. Les montants prélevés permettront d'alimenter un fonds d'indemnisation des dégâts causés par les marées noires comme celle du golfe du Mexique.

Résultats de l'opération dans 48 heures

De son côté, BP s'est donné « au moins 48 heures » avant de pouvoir indiquer si les différentes opérations de colmatage de la fuite avaient réussi.

Le directeur général de la pétrolière, Tony Hayward, a précisé que des débris avaient été injectés à haute pression dans le puits, dans la nuit de jeudi à vendredi. Baptisée top kill, ou « étouffement par le haut », l'opération lancée mercredi consiste à envoyer dans le puits une solution faite d'eau et de matières solides.

Plus tard dans la journée, BP devait recommencer à injecter de cette boue dans le puits. Une fois le flux de pétrole stoppé grâce à l'injection de ce produit, il s'agira de cimenter la source.

Les chances de réussite de l'opération ne sont que de 60 à 70 %, une telle technique n'ayant jamais été expérimentée à cette profondeur, qui est de 1500 mètres.

La directrice de l'Agence américaine de l'Environnement (EPA), Lisa Jackson, a par ailleurs annoncé devant le Congrès que BP utilisait désormais moins de produits chimiques pour disperser le pétrole. La semaine dernière, l'EPA et les garde-côtes ont exigé que la compagnie utilise des dispersants moins toxiques.

L'Union européenne a de son côté annoncé l'envoi aux États-Unis d'équipements spécialisés dans la récupération de pétrole.

Selon les dernières estimations, rendues publiques jeudi par l'Institut géologique américain, la marée noire est la pire de l'histoire des États-Unis, dépassant en ampleur celle provoquée par le naufrage du pétrolier Exxon Valdez dans l'Alaska, en 1989.

Le pétrole s'est répandu dans les eaux du Golfe à un rythme d'au moins 1,9 million de litres par jour, ont conclu deux groupes d'experts distincts mandatés par l'administration américaine. La fuite pourrait même atteindre 3,8 millions de litres/jour. Il s'agit d'un rythme de trois à quatre fois supérieur à ce qui avait été estimé jusqu'ici.

Au total, selon les estimations les plus basses, quelque 72 millions de litres de pétrole se sont déversés en cinq semaines. Ce sont 30 millions de plus que lors du naufrage de l'Exxon Valdez.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Associated Press