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Khadir attaque l'intégrité de Charest

Amir Khadir lors de la période des questions, le 27 mai 2010.
Amir Khadir lors de la période des questions, le 27 mai 2010.
Radio-Canada

Le député de Québec solidaire révèle des liens douteux entre le premier ministre et une importante firme de génie-conseil, Cima Plus, qui a obtenu plusieurs contrats du gouvernement. Son vice-président a dirigé les deux dernières campagnes électorales de Jean Charest à Sherbrooke.

Le député de Québec solidaire Amir Khadir révèle des liens douteux entre le premier ministre Jean Charest et une importante firme de génie-conseil, Cima Plus.

Cette entreprise aurait obtenu de généreux contrats du gouvernement du Québec. Or, son vice-président, André Couturier, a dirigé les deux dernières campagnes électorales de Jean Charest dans sa circonscription de Sherbrooke.

Lors de la période des questions à l'Assemblée nationale, jeudi, le député Khadir a affirmé que Cima Plus était parmi toutes les firmes québécoises de génie-conseil la plus généreuse à l'égard du Parti libéral. En 2008, 64 employés de cette entreprise ont versé 170 000 $ à la caisse du parti.

L'entreprise a quant à elle reçu des dizaines de millions de dollars en contrats du gouvernement Charest, certains sans appel d'offre, selon M. Khadir. Il n'a toutefois pas précisé sur quelle période ces contrats ont été attribués.

Selon lui, il s'agit d'un grave cas d'« apparence de trafic d'influence ».

Le principal client de Cima Plus, c'est le gouvernement. Les liens étroits qu'il a avec M. Couturier placent le premier ministre du Québec dans une situation d'apparence de conflits d'intérêts. C'est assez sérieux pour mériter une enquête. Le premier ministre doit déclencher une commission ou donner sa démission.

Amir Khadir

Le premier ministre ne se défend pas

Le gouvernement a semblé embarrassé par ces révélations. Malgré les attaques répétées de M. Khadir, Jean Charest est resté muet.

Seul le ministre responsable des institutions démocratiques, Robert Dutil, est monté au front. Mais il s'est contenté de dire que la Loi sur le financement des partis politiques est en révision et que le but est justement d'empêcher les entreprises d'obtenir des faveurs lorsqu'elles contribuent à la caisse d'un parti.

Il a aussi fait référence à son expérience personnelle pour affirmer que le trafic d'influence n'existe pas au Parti libéral. « Je n'ai jamais rencontré quelqu'un qui est venu me dire que, parce qu'il avait donné au parti, il devait obtenir des contrats. Les gens qui financent notre parti le font par conviction », a-t-il expliqué.

L'opposition à Québec réclame depuis l'automne une commission d'enquête publique sur l'industrie de la construction et le financement des partis politiques, mais le gouvernement Charest s'y oppose vigoureusement. Une motion en ce sens a été rejetée mercredi par les libéraux, majoritaire à l'Assemblée nationale.

D'après un reportage de Marie-Andrée Brassard