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Un débat déjà lancé, selon Mgr Ouellet

Radio-Canada
Mis à jour le 

Le cardinal Marc Ouellet continue de réclamer un débat sur le droit à l'avortement au Canada et affirme que les femmes en détresse doivent être mieux encadrées. Il s'excuse au passage pour l'impact de ses propos « déformés ou cités hors contexte ».

Devant toute la controverse qu'ont soulevée ses récents propos sur l'avortement, le cardinal Marc Ouellet a tenu une conférence de presse en compagnie de l'archevêque d'Ottawa, mercredi, pour « recentrer le débat » sur l'avortement.

Revenant sur sa déclaration voulant que l'avortement soit injustifié même pour les femmes victimes de viol, Mgr Ouellet a déclaré que ses commentaires pour la défense de l'enfant innocent étaient motivés par « le désir de rappeler la dignité de la femme en toutes circonstances et le respect dû à toute vie humaine naissante ».

Il a concédé que la responsabilité ultime de cette décision morale relevait de la conscience personnelle. « Je suis très désolé que mes propos, déformés ou cités hors contexte, aient pu causer des souffrances additionnelles aux femmes qui font face à des situations semblables », a-t-il ajouté.

« Je n'ai dit nulle part que je condamnais la femme qui avait eu recours à l'avortement », a précisé le cardinal. Selon lui, l'essentiel de son propos a toujours été de rappeler la norme morale objective, « avec la préoccupation de sauver la vie de l'enfant innocent et d'épargner à la mère les conséquences graves d'un avortement délibérément provoqué ». Le cardinal a ajouté : « C'est précisément le souci de la santé physique, psychologique et spirituelle de la femme en difficulté qui a motivé mes interventions. »

Je n'ai déclaré aucune femme criminelle parce qu'elle avait subi un avortement.

Cardinal Marc Ouellet

Débat déjà ouvert

Le cardinal a affirmé que le débat sur le droit à l'avortement devait avoir lieu et a dénoncé l'attitude des élus qui ont condamné ses propos sur l'avortement. « Le débat sur l'avortement est ouvert et il ne faut pas en avoir peur », a-t-il ajouté.

Il a déploré que l'enfant à naître ne jouisse d'aucune protection au Canada en raison d'un « vide juridique ».

Le primat du Canada a précisé qu'il se pratique, selon lui, « beaucoup trop » d'avortements au pays, soit 100 000 par année au Canada, dont plus de 25 000 au Québec. « On pourrait les réduire de moitié si seulement les femmes en détresse à cause d'une grossesse inattendue étaient accueillies, informées et accompagnées avec compassion et solidarité dans leur choix », a-t-il déclaré.

Le cardinal a d'ailleurs lancé un appel pour une campagne de sensibilisation et de meilleurs programmes d'aide aux femmes en détresse au pays. « Il manque beaucoup d'information, d'accompagnement et d'aide financière, pour que les femmes enceintes soient mises en situation de faire un choix éclairé », a avancé Mgr Ouellet.

Pour le cardinal Ouellet et l'archevêque Terrence Prendergast, le véritable enjeu du débat sur l'avortement est « l'appui à la femme enceinte de la part de l'homme, de la famille, de la société ».

Des propos qui ont fait réagir

Après un passage remarqué à une manifestation pro-vie, à Ottawa, le 13 mai denier, le cardinal Marc Ouellet avait réitéré sa controversée position sur l'avortement le week-end suivant, à Québec.

Dans le discours qu'il a prononcé à l'occasion d'un congrès pro-vie dans la capitale, Mgr Ouellet a affirmé que l'avortement devait être condamné et considéré « moralement » comme un crime. Le cardinal Marc Ouellet a aussi estimé que le recours à l'avortement était injustifié, même pour une femme violée ou dans des cas d'inceste.

Ces propos ont été vivement dénoncés par divers acteurs de la société civile et du monde politique. Certains ont même avancé que les propos du prélat faisaient partie d'une action concertée de la droite pour relancer le débat sur l'avortement.

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