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La prison pour un couple gai

Manifestation en Afrique du Sud

En Afrique du Sud, des gens manifestent contre la condamnation d'un couple homosexuel au Malawi.

Photo : La Presse canadienne / AP Photo/Schalk van Zuydam

Radio-Canada

Après avoir organisé la première cérémonie symbolique de mariage gai du pays, un couple homosexuel est condamné à 14 ans de prison et des travaux forcés.

Malgré de vives protestations dans le monde, un couple homosexuel a été condamné mardi au Malawi à 14 ans de prison et des travaux forcés, après avoir organisé une cérémonie symbolique de mariage. Il s'agit de la peine maximale selon le Code pénal de ce pays.

Selon une loi datant de 1940, Tiwonge Chimbalanga, 26 ans, concierge d'hôtel, et Steven Monjeza, 20 ans, ont été reconnus coupables d'actes d'indécence aggravée et d'avoir violé « l'ordre de la nature ».

En prononçant la sentence au tribunal de Blantyre, le juge Nyakwawa Usiwa Usiwa a déclaré que « les pires peines sont destinées aux pires cas ». Disant « représenter la société du Malawi », le magistrat a ajouté qu'il ne pense pas qu'elle soit prête « à voir ses fils se marier avec d'autres de ses fils ou organiser des cérémonies de voeux ».

La condamnation que je vous inflige est destinée à faire peur afin de protéger le public de gens comme vous pour que nous ne soyons pas tentés de reproduire cet exemple.

Nyakwawa Usiwa Usiwa

Les condamnés s'étaient rencontrés dans une église du Malawi au début de 2009. Ils vivaient ensemble depuis cinq mois lorsqu'ils ont décidé d'officialiser leur union. Or, dans ce pays de l'Afrique australe, l'homosexualité est interdite. De plus, la sodomie y est passible de 14 ans de prison.

Le couple illégitime, selon la loi du Malawi, a été arrêté le 28 décembre à Blantyre, capitale commerciale du pays, deux jours après qu'ils eurent organisé une cérémonie d'union. Lors de leur jugement en janvier et en février dernier, ils avaient plaidé non coupables.

Leur avocat, Mauya Msuku, a déclaré à l'issue de l'audience qu'ils allaient envisager les possibilités d'appel.

L'un des accusés, Tionge ChimbalangaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'un des accusés, Tionge Chimbalanga, a été escorté par la police après le prononcé de sa sentence.

Photo : AFP / Eldson Chagara

La Grande-Bretagne et les États-Unis ont exprimé leur « grande déception » à cette condamnation. Dans un communiqué, le département d'État américain a déclaré que « criminaliser l'orientation et l'identité sexuelles est un pas en arrière dans la protection des droits de l'Homme au Malawi ».

Pour sa part, le ministre du Développement irlandais, Peter Power, a jugé la condamnation « complètement disproportionnée et contre les principes internationaux des droits de l'Homme ». Il a renchéri en précisant qu'il entend donner « une réponse forte » de l'Union européenne.

Le Malawi fait partie des 38 États africains qui pénalisent l'homosexualité.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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