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L'écart entre riches et pauvres se creuse

Population
Radio-Canada

Deux groupes de recherche soutiennent que les inégalités de revenus entre les familles les plus riches et les plus pauvres atteignent un pic en 30 ans.

L'écart entre riches et pauvres au niveau des revenus se creuse au Québec, selon une étude de l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS) et du Centre canadien de politiques alternatives (CCPA) présentée mercredi. L'étude a observé les familles de la province ayant des enfants de moins de 18 ans, entre 1976 et 2006.

Cet écart « est le plus grand jamais observé depuis 30 ans et pourrait bien croître à cause de la récession », affirme les deux groupes de recherche. Ils notent toutefois qu'il est inférieur à la moyenne nationale.

Cette étude utilise notamment le coefficient de Gini pour mesurer les inégalités. Plus le coefficient est élevé, plus les disparités entre les différents membres d'une société sont grandes. Or, ce coefficient se chiffrait à 0,315 en 1977 (avant impôts) avant d'augmenter progressivement pour atteindre 0,347 en 2006, selon le rapport.

Évolution du coefficient de Gini, selon les données de l'IRISAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Évolution du coefficient de Gini, selon les données de l'IRIS

Photo : IRIS et CCPA

Travailler plus pour gagner moins

En plus des inégalités de revenus en augmentation, le rapport souligne que les plus pauvres travaillent plus, sans pour autant améliorer leur condition économique.

« Les Québécois ont travaillé plus et l'économie a crû de 71 % pendant cette période, pourtant ce n'est pas tout le monde qui en a tiré les mêmes bénéfices. La part du lion revient au 10 % le plus riche, alors que la majorité des Québécois - les premiers 70 % - reçoivent moins de revenus », soutient Bertrand Schepper, chercheur à l'IRIS et coauteur de l'étude.

L'étude soutient que les familles de la province travaillent en moyenne 321 heures de plus par année depuis 1996, soit huit semaines de plus. Toutefois, « l'augmentation du temps de travail a surtout été réalisée par la moitié la plus pauvre de la population, alors que les revenus de ces familles ont diminué par rapport à la génération précédente », peut-on lire.

La classe moyenne en baisse

D'autre part, l'étude évalue que la classe moyenne est en train de diminuer. Alors qu'elle représentait 42 % de la population à la fin des années 70, elle a baissé à 31 % en 2006.

Les chercheurs notent toutefois que, « au cours des 30 dernières années, l'intervention de l'État québécois a systématiquement réduit la disparité de revenus sur son territoire, avec plus d'efficacité que ne l'a fait le reste du Canada ».

Devant ce constat, les universitaires se montrent inquiets. « La classe moyenne québécoise - courroie de transmission des idées, des normes sociales et des attentes culturelles - est en perte de vitesse, et c'est une mauvaise nouvelle pour l'ensemble d'entre nous ». Ils s'inquiètent notamment des « mesures récentes adoptées par le gouvernement » qui « risquent d'empirer la situation ».

L'IRIS se présente comme un institut de recherche à but non lucratif, indépendant et progressiste, offrant « un contre-discours à la perspective néolibérale ».