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Le DG de Montréal se défend

Louis Roquet, directeur général de la Ville de Montréal

Louis Roquet, directeur général de la Ville de Montréal

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Louis Roquet affirme avoir agi de façon normale en remettant à Telus le chapitre du rapport du vérificateur général de la Ville de Montréal le concernant.

Louis Roquet, directeur général de la Ville de Montréal, a réagi au rapport du vérificateur général rendu public mardi.

M. Roquet a notamment dû expliquer pourquoi il avait préalablement transmis à Telus le chapitre du rapport du vérificateur le concernant. Ce geste lui avait valu de nombreuses critiques des conseillers de l'opposition, lundi soir, après le dépôt du rapport aux élus à l'hôtel de ville. Il avait aussi été montré du doigt par le vérificateur lui-même.

Le directeur général de la Ville se défend d'avoir laissé filtrer de l'information dans ce dossier. Il dit avoir agi normalement en remettant l'information à Telus, dans une perspective de transparence avec un partenaire qu'il aura pendant 10 ans, pour vérifier si les renseignements étaient exacts. Il a souligné que de telles vérifications n'avaient pas été faites par le vérificateur général avec Telus.

Il a aussi affirmé qu'il voulait être certain que les informations mentionnées dans le rapport ne nuiraient pas à Telus dans une perspective de concurrence.

Un dossier entre les mains des policiers

Le vérificateur général de la Ville de Montréal, Jacques Bergeron, a constaté des irrégularités telles dans son enquête sur l'attribution d'un contrat à la firme de téléphonie Telus qu'il a remis le dossier aux autorités policières. M. Bergeron dit estimer que ses pouvoirs d'enquête étaient trop limités dans ce dossier pour aller plus en profondeur par lui-même.

Malgré les questions insistantes des journalistes, le vérificateur n'a pas voulu donner plus de détails sur l'affaire pour ne pas nuire à une éventuelle enquête policière.

« Ce n'est pas à moi à commenter, c'est au conseil municipal de porter le jugement. Tout ce que j'ai fait est de rapporter la situation au conseil municipal », a-t-il expliqué.

Le vérificateur général a constaté que deux ans après l'octroi de deux contrats de 82 millions de dollars à Telus, le nouveau réseau téléphonique n'est toujours pas en place.

Il affirme qu'il y a eu des dépassements de coûts d'au moins 20 % dans ce projet. Il estime aussi que la Ville a mal évalué ses besoins au départ, et qu'il y a eu un manque de contrôle dans le suivi du contrat.

De son côté, Louis Roquet a tenu à justifier l'octroi du contrat pour un nouveau réseau téléphonique à Telus. Il a affirmé que la soumission de Telus a été préférée à celle de ses concurrents parce qu'elle représentait une économie importante, avec une différence de coûts de l'ordre de plusieurs dizaines de millions de dollars.

Il a expliqué que la Ville avait évolué dans un contexte de monopole de Bell pendant 100 ans en ce qui a trait aux télécommunications et qu'elle n'avait pas toute l'expertise nécessaire dans ce domaine. Le DG a notamment mentionné que la Ville n'avait par exemple pas un inventaire exhaustif de son équipement en matière de télécommunications.

M. Roquet a admis qu'un comité de résolution des enjeux regroupant des décideurs de la Ville et de Telus a été mis en place pour résoudre certains problèmes qui ont été rencontrés. « Le contrat va bien », a-t-il ajouté.

Les partis d'opposition à l'hôtel de ville de Montréal demandent des comptes à Louis Roquet. La chef de Vision Montréal, Louise Harel, et le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, somment le DG de venir s'expliquer devant les élus, au conseil municipal. Projet Montréal lui donne jusqu'à jeudi pour répondre, sinon il revendiquera sa démission.

Les explications de Telus

En entrevue avec Radio-Canada, un porte-parole de Telus a indiqué qu'initialement, l'interlocuteur de l'entreprise, au sein de la Ville de Montréal, était le chef de la Direction des systèmes d'information (DSI), M. Gilles Parent. Ce dernier a été arrêté en septembre dernier par la Sûreté du Québec. Il est soupçonné d'être l'un des auteurs d'une fraude totalisant entre 8 et 10 millions de dollars.

Plus tôt, dans un communiqué, la firme de téléphonie avait rejeté les conclusions du vérificateur général, estimant que les données de ce dernier sont dépassées. Telus affirme que l'implantation du nouveau réseau téléphonique est beaucoup plus avancée que le rapport de Jacques Bergeron laisse croire.

Tout comme l'a fait Louis Roquet, directeur général de la Ville de Montréal, Telus affirme avoir été retenue comme fournisseur parce qu'elle était la plus basse soumissionnaire.

Sans appel d'offres

Jacques Bergeron, vérificateur général de la Ville de MontréalAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jacques Bergeron, vérificateur général de la Ville de Montréal (archives)

Dans son rapport, Jacques Bergeron a aussi dénoncé le fait que des dépenses importantes avaient été engagées sans appel d'offres dans le domaine de la surveillance d'édifices, sans qu'une entente écrite précise les modalités d'exécution des travaux et les conditions de paiement.

Le rapport révèle qu'aucun membre de la firme BCIA, qui avait notamment le mandat d'assurer des services de sécurité pour le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), n'a fait l'objet de vérifications de sécurité.

« Il y a peut-être eu de la confusion des rôles et des responsabilités entre deux unités administratives, d'une part le service de la police, et d'autre part, la direction de l'approvisionnement », a précisé un des vérificateurs adjoints de la Ville de Montréal.

Appelé à commenter ce dossier, le DG Louis Roquet a affirmé que le contrat de BCIA sera bientôt examiné en détail par la Commission de la sécurité publique, et qu'en conséquence, toute la lumière sera faite publiquement sous peu dans cette affaire.

Or, interrogé par la chef de l'opposition officielle, Louise Harel, mardi en matinée, le responsable de la sécurité publique au comité exécutif de la Ville de Montréal, Claude Trudel, n'a pas confirmé que le tout serait public.

Il a affirmé que M. Roquet n'avait pas à décider si la rencontre serait publique. M. Trudel a dit qu'il y aurait d'abord une réunion à huis clos vendredi et qu'il sera par la suite décidé si le dossier de BCIA fera l'objet d'une analyse en public.

Concentration préoccupante des contrats de construction

Le vérificateur général s'est également penché sur la répartition des contrats de construction dans les arrondissements, entre 2006 et 2009.

Il a remarqué dans certains arrondissements qu'une importante proportion de contrats étaient octroyés aux mêmes entrepreneurs. Dans le cas des arrondissements d'Anjou et de Verdun, la concentration atteint même 100 %, ce qui signifie qu'une seule entreprise a obtenu la totalité des contrats de construction dans ces arrondissements dans la période examinée.

À Anjou, Construction Louisbourg, de l'homme d'affaires Tony Accurso, a obtenu les 5 contrats d'une valeur totale de 6,2 millions de dollars. À Verdun, les 26 contrats octroyés dans l'arrondissement l'ont été aux Entreprises Catcan, propriété de Paolo Catania, qui possède également Construction Frank Catania.

« Bien que ces contrats aient été adjugés au plus bas soumissionnaire conforme, écrit Jacques Bergeron dans son rapport, je demeure néanmoins perplexe en regard du fait que certains arrondissements octroient une forte proportion de leurs contrats aux mêmes entrepreneurs. »

D'après des informations obtenues par Jean-Hugues Roy.

Avec les informations de La Presse canadienne

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