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Mgr Ouellet continue de soulever la colère

Le cardinal Marc Ouellet

Le cardinal Marc Ouellet

Photo : La Presse canadienne / Francis Vachon

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La ministre de la Condition féminine du Québec et la CSN dénoncent à leur tour les déclarations de Mgr Ouellet sur l'avortement. La ministre fédérale Josée Verner soutient pour sa part qu'Ottawa n'a pas l'intention de rouvrir le débat sur l'avortement.

La controverse provoquée par les déclarations du cardinal Marc Ouellet en fin de semaine est loin de s'apaiser. Certains croient même que les propos du prélat font partie d'une action concertée de la droite pour remettre dans l'actualité le débat sur l'avortement.

Le cardinal Ouellet a réitéré samedi sa charge contre l'avortement dans un discours prononcé lors d'un congrès pro-vie à Québec.

Selon l'archevêque de Québec et primat du Canada, l'avortement doit être condamné et considéré « moralement » comme un crime. Il préconise l'adoption de lois pour protéger les foetus, et il estime que le recours à l'avortement est injustifié même pour une femme violée.

Mgr Ouellet a aussi félicité le gouvernement Harper pour sa décision de ne plus financer des services d'avortement dans les pays en développement.

Claudette Carbonneau, présidente de la CSNAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Claudette Carbonneau, présidente de la CSN

La présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, s'inquiète de la multiplication de signes, comme la recrudescence de manifestants devant les cliniques d'avortement, les manifestations devant le parlement, ou les projets de loi privés qui se succèdent à Ottawa, qui laisse présager, selon elle, une volonté de rouvrir le débat sur l'avortement.

« Ce qui est préoccupant, c'est que ce n'est pas juste un prélat perdu dans sa propre version des choses, mais il y a aussi au Canada une montée de la droite autour de cette question-là. J'en veux pour preuve les journées qui ont précédé les déclarations du cardinal Ouellet. Il y a eu à Ottawa une manifestation devant le parlement avec plein de députés qui osaient s'afficher alors qu'avant ils cachaient un peu de leurs intentions », dit-elle.

Les propos de Mgr Ouellet ont aussi fait bondir en fin de semaine la classe politique québécoise, tout parti confondu ministre.

La ministre St-Pierre dénonce Mgr Ouellet

Christine St-Pierre, ministre de la Condition féminineAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Christine St-Pierre, ministre de la Condition féminine

Lundi matin, c'est la ministre de la Condition féminine du Québec, Christine Saint-Pierre, qui a réaffirmé haut et fort le droit des femmes au libre-choix.

« Jamais on n'acceptera, nous les femmes, puis bien des hommes au Québec, de revenir aux broches à tricoter, jamais. Cette question-là, elle est réglée. C'est un choix qui est personnel. Je répète que ce que nous avons, nous, comme société, comme devoir, c'est de faire en sorte que les choses se fassent de façon sécuritaire », a-t-elle dit.

Selon la ministre conservatrice fédérale des Affaires intergouvernementales, Josée Verner, il n'est pas question qu'Ottawa recule sur la question et rouvre le débat sur l'avortement.

Josée Verner, ministre des Affaires intergouvernementales et de la FrancophonieAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Josée Verner, ministre des Affaires intergouvernementales et de la Francophonie

« C'est largement connu, moi je suis pro-choix. Je trouve qu'on ne doit pas laisser entendre qu'on devrait rouvrir le débat sur l'avortement. Il n'en est pas question, c'est inacceptable. De toute façon, la position du gouvernement ne change pas. Nous ne rouvrirons pas le débat sur l'avortement. »

Peu de voix se sont élevées pour appuyer la position du cardinal Ouellet, sauf peut-être Isabelle Bégin-O'Conner, de l'organisme Respect de la vie. « Il [Mgr Ouellet] ne cherche pas la criminalisation politique de la chose. Ce qu'il est obligé de répondre en toute vérité, c'est "est-ce que le fait d'enlever la vie à un autre être humain est un crime?" Il ne pouvait pas dire que ça n'en est pas un du point de vue moral ».

Selon elle, le débat sur l'avortement est loin d'être clos et ceux qui l'affirment sont antidémocratiques.

Et devant l'ampleur des réactions provoquées par Mgr Ouellet, l'Assemblée des évêques catholiques du Québec a publié un communiqué, lundi après-midi, appelant à l'urgence « de recréer un climat de sérénité et de respect pour un dialogue public rationnel ».

L'Assemblée rappelle aussi la position du Vatican que « dès notre conception dans le sein de notre mère, nous sommes déjà tous et toutes un être personnel, infiniment précieux, qui est l'objet de l'amour inconditionnel de Dieu [...], une conviction [qui] n'est pas partagée par tous nos concitoyens et concitoyennes ».

Un vieux débat

Dans les années 60 déjà, l'avortement faisait l'objet d'un débat au Québec et au Canada, comme on peut le constater dans les archives de Radio-Canada (Nouvelle fenêtre). En 1967, Pierre Elliott Trudeau, alors ministre de la Justice, avait proposé son « bill omnibus » (Nouvelle fenêtre), suscitant toute une controverse.

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