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La Libye élue sans difficulté

Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi

Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi lors de son discours au siège de l'ONU, en septembre 2009

Photo : AFP / Stan Honda

Radio-Canada

L'ONU accorde à Tripoli l'un des 14 sièges à pourvoir au sein du Conseil des droits de l'homme, une décision vivement critiquée par les organisations non gouvernementales.

L'ONU a accordé à la Libye, jeudi, l'un des 14 sièges à pourvoir au sein du Conseil des droits de l'homme, une décision vivement critiquée par les organisations non gouvernementales.

Lors d'un vote secret, le pays dirigé par le colonel Mouammar Kadhafi a obtenu l'appui de 155 des 192 États membres de l'ONU, largement plus que la majorité absolue nécessaire (97) pour être élu. Les résultats ont été annoncés par le président de l'Assemblée générale, le Libyen Ali Triki.

Les autres pays nouvellement élus au sein du Conseil des droits de l'homme

L'Angola, la Mauritanie, l'Ouganda, les Maldives, la Malaisie, le Qatar, la Moldavie, la Pologne, l'Équateur, le Guatemala, l'Espagne, la Suisse et la Thaïlande.

L'Assemblée générale des Nations unies a ainsi fait fi de l'appel lancé un peu plus tôt par un groupe de 37 organisations de défense des droits de l'homme, qui jugent le pays indigne de siéger au principal organe de l'ONU.

Si ces ONG dénoncent le bilan en matière de droits de la personne de pays comme l'Angola, la Libye, la Malaisie, l'Ouganda et la Thaïlande, elles ont cependant concentré leurs attaques sur la Libye.

La Libye est « une des sociétés les plus répressives au monde » et « la liberté d'expression, les partis politiques et les médias libres [y] sont interdits », avaient-elles argué, ajoutant que le régime libyen est « une des tyrannies les plus brutales et les plus anciennes ».

La place du colonel Kadhafi est en prison, pas au sein du plus important organe de l'ONU en matière de droits de la personne.

Plaidoyer des ONG

Les ONG ont également critiqué le fait que, pour la première fois, chaque groupe régional de l'ONU a présenté un nombre de candidats égal à celui des sièges à pourvoir, assurant ainsi leur élection sans contestation.

« Des élections sans compétition n'ont aucun sens », avaient-elles affirmé. Une directrice de l'organisme Human Rights Watch, Pegy Hicks, a déclaré que « les élections du conseil se transforment en processus joué d'avance qui ôte leur sens aux critères d'adhésion établis par l'Assemblée générale ».

L'Iran avait également posé sa candidature avant de la retirer, il y a un mois, en échange d'un siège à la commission de l'ONU sur le statut des femmes.

Le Conseil des droits de l'homme en bref

Le Conseil, qui siège à Genève, compte 47 États membres, élus pour trois ans. Sa composition est renouvelable au tiers chaque année.

Cet organe de l'ONU a été créé en 2006 afin de remplacer la Commission des droits de l'homme, discréditée par le bilan peu reluisant de certains pays qui y siégeaient. Or, le Conseil est régulièrement accusé d'inaction dans les dossiers de pays connus pour leurs violations des droits de la personne.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters