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Des parfums dangereux

Assortiment de bouteilles de parfum

Assortiment de bouteilles de parfum

Photo : La Presse canadienne / AP/Mark Lennihan

Radio-Canada

Plusieurs marques de parfum parmi les plus vendues contiennent des substances chimiques non divulguées sur les étiquettes qui peuvent être nocives, et dont plusieurs n'ont jamais été vérifiées, affirme une étude américano-canadienne.

Des marques de parfum parmi les plus vendues contiennent de nombreux produits chimiques secrets non divulgués sur l'étiquette qui peuvent être nocifs pour la santé, selon une étude publiée mercredi par Défense environnementale Canada et la Campaign for Safe Cosmetics aux États-Unis.

Selon l'étude, l'association de ces substances chimiques peut provoquer des réactions allergiques ou perturber le fonctionnement endocrinien.

En tout, 17 parfums achetés au Canada et aux États-Unis ont été soumis à une évaluation par un laboratoire indépendant en Californie. Parmi les parfums testés, on retrouve notamment Curious de Britney Spears, Eternity de Calvin Klein, Fierce d'Abercrombie & Fitch et Old Spice.

Selon l'étude :

  • Chaque produit contient en moyenne 14 substances chimiques secrètes;

  • Seventy Seven d'American Eagle, acheté au Canada, contenait 24 substances chimiques secrètes, le nombre le plus élevé répertorié;

  • En moyenne, dix substances sensibilisantes susceptibles de provoquer des réactions allergiques telles que maux de tête, respiration sifflante, asthme et dermite de contact ont été repérées;

  • Aqua di Gio de Georgio Armani, acheté au Canada, contenait 19 substances sensibilisantes distinctes susceptibles de provoquer des réactions corporelles, plus que tout autre produit testé;

  • 12 modulateurs endocriniens distincts ont été découverts, la moyenne étant de quatre pour chaque produit;

  • Les parfums Halle de Halle Berry, Quiksilver (acheté au Canada) et Lo Glow de Jennifer Lopez contenaient chacun sept substances capables de perturber le système endocrinien, dont six qui imitent l'oestrogène et une qui influencerait la glande thyroïde.

Les substances chimiques secrètes ne sont pas mentionnées sur les étiquettes grâce à une échappatoire qui permet aux entreprises de les regrouper sous l'étiquette « parfum ».

Sur les 17 parfums testés, 12 contenaient du phtalate de diméthyl, une substance chimique décelée chez 97 % des Américains. Le phtalate de diméthyl est associé au développement anormal des organes génitaux chez les bébés de sexe masculin et aux anomalies du sperme chez les hommes adultes.

Pas de vérifications

L'étude ajoute que la sécurité de plusieurs de ces substances n'a jamais été vérifiée par les comités d'autosurveillance de l'industrie.

Ainsi, sur les 91 ingrédients repérés dans le cadre de l'étude, seulement 19 ont fait l'objet d'une évaluation par la Cosmetic Ingredient Review. Vingt-sept ingrédients ont été évalués par l'Association mondiale des matières premières pour la parfumerie et la Research Institute for Fragrance Materials (RIFM), deux organismes chargés de fixer des normes volontaires en matière de contenu des parfums.

Défense environnementale Canada demande d'ailleurs au gouvernement canadien de revoir les règlements. « Notre gouvernement doit suivre l'exemple de l'Europe en interdisant l'usage des pires substances et en obligeant les fabricants à divulguer ce que leurs produits contiennent », fait valoir Rick Smith, directeur général de l'organisme, qui ajoute que la régulation actuelle met la santé des Canadiens en danger.

Un porte-parole de l'industrie cosmétique a réagi en disant que détailler davantage les produits n'était pas la solution. « Les affirmations contenues dans le rapport selon lesquelles certains ingrédients des parfums pourraient causer un dérèglement hormonal sont basées sur des données incomplètes des données scientifiques disponibles », a déclaré à CBC Mike Patton, un porte-parole de l'Association canadienne des cosmétiques, produits de toilette et parfums.

M. Patton ajoute que les parfums sont faits à partir de tellement d'ingrédients et de substances qu'il serait impossible de tous les détailler sur une étiquette.

Pour sa part, Santé Canada a indiqué qu'elle étudiait le rapport.

Les Canadiens peuvent accéder au rapport et obtenir des conseils relatifs à l'achat des parfums sur le site Nation toxique, administré par Défense environnementale à l'adresse www.toxicnation.ca (Nouvelle fenêtre).

Avec les informations de CBC