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Faire sa place dans la cour des grands

David Veilleux

David Veilleux

Photo : Kelly Benefit Strategies

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À sa première saison avec les seniors, David Veilleux n'entend pas se laisser intimider. Le coureur de Cap-Rouge possède tous les outils pour rivaliser avec les meilleurs.

À 22 ans, David Veilleux représente l'un des plus beaux espoirs du cyclisme canadien. Dixième au contre-la-montre chez les U-23 lors des Championnats du monde 2009, le Québécois a fait écarquiller des yeux.

Mais pas assez pour recevoir une offre d'une équipe européenne.

Qu'importe, Veilleux se dit très heureux pour l'instant en Amérique du Nord, où le niveau de compétition est assez relevé et où le dopage est pratiquement absent. Ça ne veut pas dire pour autant qu'il ne lorgne pas le Vieux Continent.

« J'aimerais ça courir avec une équipe pro continentale ou ProTour. On va voir comment la saison se déroule, c'est sûr que c'est un objectif, affirme le natif de Cap-Rouge. Je peux continuer aussi de progresser avec mon équipe actuelle si elle décide de passer pro continentale. C'est toujours une option qui est intéressante. »

Veilleux en est à sa troisième saison avec la formation américaine continentale Kelly Benefit Strategies, une équipe de même niveau que la Canadienne SpiderTech de Steve Bauer.

Et à l'instar de SpiderTech, Kelly Benefit envisage aussi un saut au niveau supérieur. Sauf que la formation canadienne a des visées plus rapprochées, possiblement pour l'an prochain.

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David Veilleux

Photo : http://www.pepsi-alexcoulombe.com/david_veilleux/accueil.php

Alors, le polyvalent coureur pourrait-il se joindre aux Martin Gilbert et Keven Lacombe?

« J'ai été approché par Bauer. C'est une belle équipe avec une belle structure. Mais la mienne aussi. Je suis bien où je suis. Pour cette année, ça n'a pas fonctionné. Mais dans l'avenir, ce serait intéressant de courir pour une équipe canadienne. »

Sur les traces de Hesjedal

Équipe de l'unifolié ou pas, une chose est certaine, Veilleux est largement motivé par les succès canadiens sur la scène internationale.

Les passages de Dominique Rollin, Svein Tuft et Christian Meier dans des équipes pro continentales ou ProTour en 2009 ont de quoi l'encourager, sans oublier les récents exploits de Ryder Hesjedal (victoire dans la 12e étape du dernier Tour d'Espagne et 2e de l'Amstel Gold Race 2010).

D'ailleurs, le parcours de Veilleux est similaire à celui de Hesjedal. Comme le Britanno-Colombien, il a amorcé sa carrière en vélo de montagne, par dépit dans son cas parce que ses parents ne voulaient rien entendre à son intérêt pour le motocross à l'âge de 11 ans.

« J'ai donc commencé à faire du vélo de montagne en pensant qu'il y avait un moteur », souligne le passionné de sport. Il a aussi goûté à la compétition en baseball, basketball, soccer, hockey, ski alpin et judo.

Et comme le vice-champion du monde de cross-country en 2003, le Québécois a commis la même erreur à ses premières armes sur le bitume... dans le parc industriel de Saint-Augustin!

« Le vélo de montagne, c'est un sport individuel. Tu pars à ton rythme et tu t'en vas. À ma première course sur route, j'ai commencé de la même façon. J'ai tiré tout le monde et j'ai terminé dernier. Mais j'ai vraiment aimé ça. Je suis parti de là et j'ai continué à progresser. Pour moi, le vélo, ce n'est pas le résultat, mais le dépassement de la personne. »

Un entraîneur qui fait la différence

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David Veilleux

Photo : Kelly Benefit Strategies

La piqûre pour le cyclisme a été telle que Veilleux n'a pas hésité en troisième secondaire à s'inscrire en sports-études à la polyvalente de Lévis. Un choix aux lourdes conséquences en terme de logistique de transport : la voiture du domicile familial au traversier (merci à papa Veilleux), le bateau jusqu'à Lévis, puis l'autobus pour rallier l'école.

Mais la petite balade d'une heure a largement valu la peine. Parce que c'est par un certain entraîneur de la polyvalente de Lévis que l'élève du secondaire d'alors a découvert la finesse du vélo de route pour finalement faire la transition pour de bon en 2004.

« Francis Paradis m'a ouvert l'esprit à ce sport que je ne connaissais pas vraiment et j'ai eu la piqûre, soutient le membre de l'équipe canadienne depuis 2006. Il nous présentait des courses professionnelles en Europe et nous expliquait comment ça se gérait.

« Quand tu ne connais pas le vélo de route, une course de 200 km, tu ne comprends pas vraiment. Quand tu commences à comprendre les stratégies d'équipe, comment ça se passe dans le peloton, ça devient un sport très intéressant. »

Encore plus que le goût pour le vélo de route, M. Paradis lui a inculqué des habitudes de travail qui pourraient faire pâlir Andrei Kostystin, dont Veilleux arbore fièrement le chandail lors des matchs du Tricolore.

« C'est complexe le vélo, il y a beaucoup de choses qui rentrent en ligne de compte. Il m'a montré comment en travaillant 52 semaines par année tu peux arriver à des résultats. Il m'a ouvert l'univers de l'entraînement. Avant, je faisais du sport scolaire et je m'entraînais 2 ou 3 fois par semaine. Lui, il m'a présenté ce que je devais faire 7 jours par semaine. »

Ses habitudes de travail et sa détermination ont rapidement porté leurs fruits. À sa deuxième saison sur route en 2005, il a enlevé les honneurs du Tour de l'Abitibi, une épreuve junior à laquelle participent bon nombre d'équipes nationales européennes.

Ont suivi quatre titres canadiens consécutifs U-23 en contre-la-montre (2006 à 2009), une victoire au Tour de Pennsylvanie, une course assez costaude, en 2008, et un autre succès au critérium Presbyterium, un des plus difficiles aux États-Unis.

Un petit penchant pour les pavés

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David Veilleux

Photo : http://www.pepsi-alexcoulombe.com/david_veilleux/accueil.php

Fini les espoirs. Cette saison, Veilleux frappe à la porte des seniors. Mais ce n'est pas une raison pour revoir ses objectifs à la baisse.

Après s'être aiguisé les mollets sur les routes de la Californie, des Philippines (où il a fini 2e du Tour de Luzon), de l'Uruguay et de la Bretagne au cours des derniers mois, Veilleux s'attaque au Tour de la Californie ce week-end.

Incidemment, deux des coureurs qu'il aime bien seront également de la partie, Tom Boonen et Fabian Cancellara. Par contre, là s'arrête l'émulation.

« Je n'essaie pas de suivre un modèle ou de ressembler à quelqu'un d'autre. J'ai toujours fait du vélo pour moi et pour me dépasser. Je ne désire pas essayer d'être comme quelqu'un d'autre », insiste-t-il.

En fait, là où Veilleux souhaite suivre les traces de Boonen et de Cancellara, c'est sur celles des routes du Paris-Roubaix, où les deux ténors ont déjà connu la gloire!

L'étudiant en génie mécanique à la Polytechnique, lui, a eu un premier avant-goût des pavés lors de la dernière étape du Tour de Bretagne (avril 2010), un petit 600 mètres qui a nourri un rêve.

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