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Tony Tomassi, les amis et le parti

Le ministre Tomassi à l'Assemblée nationale

Le ministre Tomassi à l'Assemblée nationale (archives)

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le directeur général des élections vérifiera les allégations voulant que le président de la firme BCIA, Luigi Scoretti, ait utilisé des cadres de son entreprise pour verser des milliers de dollars au Parti libéral du Québec.

Le Directeur général des élections du Québec (DGE) confirme qu'il effectuera des vérifications au sujet d'une nouvelle allégation de financement politique illégal au profit du Parti libéral du Québec (PLQ) révélée jeudi par La Presse.

Le quotidien y va de révélations troublantes au sujet des liens unissant le député de LaFontaine et ministre de la Famille Tony Tomassi et le patron de l'agence de sécurité BCIA, Luigi Coretti.

Selon le quotidien, Luigi Coretti s'est servi des cadres de BCIA pour verser des milliers de dollars au PLQ et rendre service à M. Tomassi, qui serait un ami proche.

Pas moins de sept anciens cadres de l'agence de sécurité ont affirmé à La Presse sous couvert de l'anonymat qu'ils ont reçu des billets pour participer à des activités de financement du PLQ en 2007 et 2008.

L'un d'eux dit avoir vu Tony Tomassi remettre en personne à Luigi Scoretti des billets pour un cocktail de financement du PLQ tenu au golf d'Anjou le 7 avril 2008. Les billets, d'une valeur de 500 $ chacun, ont été remis à une dizaine d'employés. L'activité a eu lieu en présence du premier ministre Jean Charest et du leader du gouvernement, Jacques Dupuis.

Les anciens cadres de BCIA interrogés par La Presse affirment pourtant tous qu'ils n'ont pas déboursé un sou pour ces billets. L'un d'eux raconte qu'il n'avait d'ailleurs aucune envie d'y assister, mais qu'il s'est présenté après que M. Coretti l'eut obligé. M. Coretti a déclaré un don de 1000 $ en 2008.

Des ex-cadres de BCIA disent aussi avoir reçu des billets d'une valeur de 250 $ pour participer à un cocktail du PLQ au Madison, à Saint-Léonard, le 19 novembre 2007. Cette année-là, M. Coretti a déclaré 2500 $ au PLQ.

La loi électorale du Québec n'autorise que les dons d'individus inscrits sur la liste électorale. Les entreprises n'ont pas le droit de contribuer. Il leur est également interdit de rembourser des dons électoraux effectués par des employés.

L'agence BCIA, qui vient de se placer sous la protection de la Loi sur la faillite, a été financée en partie par des fonds publics. Quatre Fonds d'intervention économique régionale (FIER), des fonds d'investissements en capital qui permettent d'injecter du capital de risque à des entreprises qui démarrent, ont investi 1 million de dollars chacun dans la firme.

Deux des quatre FIER touchés comptent parmi leurs administrateurs Pietro Perrino, un ancien président des jeunes libéraux, qui a travaillé à la campagne de Jean Charest en 1998 et qui a ultimement été nommé par lui au conseil d'administration de la Société des alcools du Québec en 2004. Des cadres de BCIA disent avoir déjà vu M. Perrino dans une fête de Noël de BCI.

Tomassi se défend

Interrogé à ce sujet, M. Tomassi s'est fait circonspect. « Je n'ai aucun contrôle sur à qui M. Coretti donne ses billets. J'ai lu l'article ce matin et ils n'ont pas dit qu'ils ont été remboursés pour une contribution qu'ils ont faite ».

M. Tomassi a ajouté qu'il revenait au DGE de faire des vérifications. Ce dernier confirme avoir envoyé une lettre à l'association libérale de la circonscription de LaFontaine pour l'informer qu'il pourrait vérifier ses livres comptables. La décision de faire la vérification n'est pas encore prise.

Le DGE soutient qu'il s'agit d'une procédure habituelle, et qu'il a d'ailleurs envoyé une centaine de ces lettres à des associations de circonscription de tous les partis, comme il le fait chaque année.

Le DGE effectue présentement des vérifications dans les circonscriptions des ministres de l'Éducation, Michelle Courchesne, et du ministre délégué aux Transports, Norman MacMillan.

Une enquête formelle est en cours dans la circonscription de Laviolette, que représente la ministre des Transports Julie Boulet.

À l'Assemblée nationale, toutes ces allégations de financement politique illégal continuent de faire le bonheur du Parti québécois, qui accuse le gouvernement d'avoir mis en place un véritable système de financement politique parallèle.

Le député Nicolas Girard a notamment demandé au premier ministre Charest s'il maintenait M. Tomassi en poste parce que ce dernier a réussi à amasser 163 000 $ en 2007 et 233 000 $ en 2008.

M. Charest affirme que le Parti québécois ne fait que répéter des allégations plutôt que de se baser sur des faits, et que tout cela n'est que du « théâtre ».

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