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Omar Khadr est un enfant-soldat, plaide l'ONU

Dessin d'Omar Khadr réalisé lors d'une comparution devant un tribunal militaire à Guantanamo, le 19 janvier 2009.

Dessin d'Omar Khadr réalisé lors d'une comparution devant un tribunal militaire à Guantanamo, en janvier 2009.

Photo : La Presse canadienne / AP/Janet Hamlin/Pool

Radio-Canada

Le procès pour crimes de guerre intenté contre Omar Khadr risque de créer un dangereux précédent, estime une représentante du secrétaire général des Nations unies.

Les États-Unis et le Canada doivent traiter Omar Khadr comme un enfant-soldat, estime la représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies pour les enfants et les conflits armés, Radhika Coomaraswamy.

Aujourd'hui âgé de 23 ans, le jeune homme est poursuivi devant une commission militaire américaine pour des crimes de guerre qu'il aurait commis à l'âge de 15 ans.

Dans une entrevue téléphonique accordée mercredi à la Presse canadienne, Mme Coomaraswamy a rappelé que les conventions internationales accordent une protection spéciale aux enfants impliqués dans des conflits armés et que les tribunaux internationaux refusent de les poursuivre.

Le procès d'Omar Khadr risque selon elle de mener à de nombreuses poursuites contre des mineurs, en dépit d'un consensus selon lequel ceux-ci ne doivent pas être tenus responsables de la même façon que les adultes.

Poursuivre des jeunes pour des crimes de guerre qu'ils auraient commis alors qu'ils étaient mineurs risque de créer un dangereux précédent.

Radhika Coomaraswamy

La représentante de Ban Ki-moon estime de plus qu'Omar Khadr devrait être rapatrié au Canada et réintégré à la société.

Les mineurs qui commettent des crimes de guerre ne devraient pas simplement être libérés, nuance-t-elle, mais ils devraient pouvoir bénéficier d'un processus de réhabilitation.

Son plaidoyer en faveur d'Omar Khadr fait écho à des appels similaires lancés par des groupes canadiens et internationaux de défense des droits de la personne. À Ottawa, l'opposition réclame elle aussi depuis longtemps le rapatriement du jeune homme.

Le gouvernement Harper est resté sourd à leurs demandes.

En janvier dernier, la Cour suprême du Canada a conclu que les droits d'Omar Khadr avaient été bafoués, mais n'est pas allée jusqu'à statuer en faveur de son rapatriement.

Les audiences préliminaires se poursuivent

La sortie de la représentante spéciale de l'ONU coïncide avec la tenue des audiences préalables au procès, qui en sont à leur deuxième semaine.

Celles-ci se déroulent à la base navale de Guantanamo devant un tribunal militaire d'exception américain. Les observateurs croient que le début du procès, prévu pour juillet, devrait connaître des délais.

D'ci là, les avocats d'Omar Khadr réclament que certaines des déclarations de leur client soient déclarées inadmissibles parce qu'il les aurait faites sous la contrainte et la torture.

L'argumentaire déposé devant le tribunal fait notamment état de privations de sommeil, d'isolement, de coups et de menaces de viol. Les procureurs américains rejettent catégoriquement toutes les allégations.

Omar Khadr, emmené par son père en Afghanistan alors qu'il était enfant, est accusé d'avoir lancé une grenade qui a tué un officier américain, en 2002. Il est le seul ressortissant occidental toujours emprisonné à Guantanamo mais aussi le plus jeune.

Sur les centaines de « combattants ennemis » qui y ont été incarcérés, seuls six, dont le jeune Khadr, subiront un procès devant le tribunal militaire.

Critiqués de toutes parts sous l'administration Bush, les tribunaux militaires d'exception de Guantanamo ont été suspendus par Barack Obama le jour de son investiture, en janvier 2009. Ils ont cependant été rétablis, mais largement réformés afin de garantir davantage de droits aux détenus poursuivis.

Parcours d'Omar Khadr
Avec les informations de La Presse canadienne