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L'opposition dénonce une culture d'intimidation

La ministre Bev Oda, lors d'une conférence préparatoire en vue du sommet du G8

La ministre Bev Oda, lors d'une conférence préparatoire en vue du sommet du G8

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'opposition libérale accuse le gouvernement Harper de refuser des subventions à plusieurs groupes de défense des droits des femmes pour des raisons idéologiques.

Le gouvernement de Stephen Harper est critiqué depuis plusieurs semaines pour son refus de financer l'accès à l'avortement dans le cadre de son initiative de promotion de la santé maternelle dans les pays pauvres.

L'opposition en a rajouté, mercredi, en dénonçant les compressions imposées par les conservateurs aux groupes de défense des droits des femmes. Les députées libérales Marlene Jennings et Raymonde Folco ont rappelé que les conservateurs avaient coupé les vivres aux groupes de femmes dès leur arrivée au pouvoir, en 2006.

Le Parti libéral a fait circuler une liste d'une quinzaine d'organismes qui ont essuyé un refus de financement au cours des dernières semaines. La députée Anita Neville, membre du comité parlementaire de la Condition féminine, a soutenu que ces groupes n'avaient eu aucun avertissement préalable.

L'opposition a affirmé que cela était le signe d'une culture d'intimidation. Mme Folco a affirmé que même certaines de ses collègues conservatrices commençaient à être mal à l'aise. La députée libérale a parlé « d'éléments extrémistes » qui sévissent au sein du gouvernement.

Déjà, les propos controversés de la sénatrice Nancy Ruth avaient provoqué des critiques à la Chambre des communes, mardi. Mme Ruth, une rare conservatrice à se ranger dans le camp pro-choix, a invité les groupes de femmes à « fermer leur crisses de gueules (shut the fuck up) » au sujet de l'avortement d'ici la tenue du sommet du G8, afin d'éviter que le gouvernement Harper n'en fasse un enjeu électoral.

Pressée de questions aux Communes, la ministre de la Coopération internationale, Bev Oda, a soutenu que les États-Unis n'appuyaient pas non plus le financement d'équipement, de formation et de recherche sur l'avortement.

Des refus de longue date

Le gouvernement conservateur a cessé de subventionner des groupes de défense des droits dès 2006, pour axer plutôt sa politique sur l'offre de services.

Cela avait notamment entraîné l'abolition du Programme de contestation judiciaire, en septembre 2006, qui avait soulevé un tollé chez les communautés francophones minoritaires du Canada. Une poursuite contre le gouvernement conservateur a conduit à une entente à l'amiable et à mise sur pied d'un nouveau programme d'appui aux droits linguistiques, en septembre 2009.

Des groupes de femmes rejoints par le bureau de Radio-Canada à Ottawa ont souligné que du financement leur était refusé depuis l'arrivée des conservateurs au pouvoir.

En entrevue à RDI, Jennifer Beeman, du Conseil d'intervention pour l'accès des femmes au travail, a expliqué que son organisme avait reçu une réponse négative du gouvernement après avoir critiqué le refus des conservateurs de traiter le dossier de l'équité salariale au niveau fédéral. Mme Beeman affirme avoir essuyé des refus dans d'autres dossiers.

Certains groupes, notamment le Conseil d'intervention pour l'accès des femmes au travail (CIAFT), le Réseau des tables régionales de groupes de femmes du Québec et l'organisme Match, ont toutefois déclaré au quotidien Le Devoir avoir été surpris qu'Ottawa retire leur financement cette année.

La directrice générale de Match, Kim Bulger, a dit croire que les compressions étaient motivées par l'idéologie du gouvernement. « Quand 12 groupes en deux semaines se font dire non, on ne peut pas ne pas penser que c'est réfléchi, qu'il y a un pattern, qu'il s'agit d'une attaque contre les groupes de femmes et les groupes militants », a déclaré Mme Bulger au Devoir.

Mme Bulger dit avoir appris vendredi dernier que son organisme, qui recevait de l'argent de l'ACDI depuis 30 ans, devra se passer de la subvention fédérale de 400 000 $ pour cette année.

Ironiquement, Match organisait à ce moment une table ronde sur l'initiative de santé maternelle que le gouvernement veut promouvoir dans le cadre du sommet du G8, qui se tiendra cet été à Huntsville, en Ontario. L'approche du gouvernement y a d'ailleurs été dénoncée.

La députée conservatrice Candice Hoeppner a juré que les réductions de financement ne visaient pas des groupes en particulier. Elle a affirmé que plusieurs demandes pour des projets divers, sportifs, culturels ou d'infrastructure avaient été refusées dans sa propre circonscription de Portage-Lisgar, au Manitoba.

Mme Hoeppner a ajouté que le financement était accordé en fonction de certains critères, et que les demandes étaient refusées si les critères n'étaient pas remplis.

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