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Harper défend sa position

Le premier ministre Stephen Harper à la Chambre des communes (archives)

Le premier ministre Stephen Harper à la Chambre des communes (archives)

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Le premier ministre affirme que le Canada ne manquera pas de projets de développement à financer, même s'il exclut l'avortement du plan du G8 pour la santé des mères des pays en voie de développement.

Le premier ministre du Canada défend la décision de son gouvernement d'exclure l'avortement d'un plan du G8 pour améliorer la santé des femmes et des enfants dans les pays en développement.

Réagissant aux critiques soulevées par cette décision, Stephen Harper soutient que le Canada ne manquera pas de projets de développement à financer, même s'il exclut l'avortement. « Nous avons plusieurs moyens de sauver des vies. Nous savons quels projets nous voulons financer et il y a déjà beaucoup à faire dans ces domaines », a-t-il indiqué mardi lors de la période de questions à la Chambre des communes.

Cette initiative sur la santé des mères des pays en voie de développement a été mise de l'avant par le Canada, en tant qu'hôte du sommet du G8 en juin.

Silence de Bev Oda

Alors que Stephen Harper défendait la position de son gouvernement à Ottawa, la réunion des ministres du Développement des pays du G8 sur la santé maternelle et infantile dans les pays pauvres s'est ouverte mardi matin à Halifax, en Nouvelle-Écosse.

Bev Oda lors de l'ouverture de la rencontre avec ses homologues du G8.

Bev Oda lors de l'ouverture de la rencontre avec ses homologues du G8.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Dans un discours prononcé à l'ouverture de la rencontre, la ministre de la Coopération internationale, Bev Oda, a appelé les pays industrialisés à s'unir pour améliorer les conditions de vie des mères, des nouveau-nés et des enfants de moins de 5 ans dans les pays en développement. Elle a plaidé pour leur apporter une aide accrue dans les régions de l'Asie du Sud et de l'Afrique subsaharienne.

La ministre Oda n'a toutefois fait aucune mention de l'avortement dans son discours.

Alors que plusieurs craignent que la position canadienne sur l'avortement ne vienne peser sur les discussions prévues au cours de la réunion de deux jours, Bev Oda a dit ne pas craindre de représailles de ses collègues du G8. Elle assure que la communauté internationale appuie la position canadienne.

L'opposition indignée

La décision du gouvernement canadien a soulevé la colère des partis d'opposition à Ottawa.

Le chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, a accusé le gouvernement Harper de placer le Canada dans l'embarras sur la scène internationale. Selon M. Ignatieff, la santé des mères doit inclure l'accessibilité et le droit à l'avortement sécuritaire, au Canada ou ailleurs dans le monde.

De leur côté, les néo-démocrates ont accusé le premier ministre de conservatisme social sur cette question.

Désaccord de plusieurs organismes

La Fédération des femmes du Québec (FFQ) dénonce aussi la décision du Canada. La présidente de la FFQ, Alexa Conradi, a comparé le choix du gouvernement Harper à la position traditionnelle de l'ancien président américain, George W. Bush.

Mme Conradi se demande pourquoi le gouvernement fédéral ne reconnaît pas aux femmes des pays pauvres les droits qu'on leur confère ici. Elle déplore que le Canada, qui avait développé internationalement une réputation de défenseur des droits de la personne, adopte maintenant une position hostile aux droits des femmes et aux droits de la personne, citant notamment le dossier des détenus afghans.

En outre, la FFQ craint que le refus d'Ottawa de financer des services d'avortement à l'étranger n'encourage la droite religieuse à s'activer davantage pour rouvrir le débat sur l'avortement au pays.

La Fédération du Québec pour la planification des naissances s'inquiète elle aussi de la décision du Canada. Selon la fédération, le manque d'accès à des services d'avortement sécuritaires serait en cause dans plus de 13 % des 500 000 décès maternels qui surviennent dans le monde chaque année.

La Coalition pour le droit à l'avortement du Canada accuse le gouvernement Harper de poursuivre l'idéologie de l'ex-président américain George W. Bush. « Les idées de Bush sont transformées en format canadien », a déploré Patrice Powers, l'un des directeurs de la Coalition.

La Coalition fait valoir que même les États-Unis, par la voix de la secrétaire d'État Hilary Clinton, estiment maintenant nécessaire que l'avortement fasse partie du service global de planification des naissances dans les pays en voie de développement.

Elle reproche aussi au gouvernement conservateur de militer contre l'avortement sur la scène internationale parce qu'il ne peut le faire ici, au Canada, à cause de l'opposition des provinces et des groupes de femmes.

Le Canada présidera les 25 et 26 juin, à Muskoka en Ontario, la rencontre des dirigeants du G8 (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada et Russie). La diminution du taux de mortalité des mères et des enfants sera au coeur des discussions du sommet.

Avec les informations de La Presse canadienne