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La réforme de Wall Street est bloquée

Barack Obama

Barack Obama (archives)

Photo : La Presse canadienne / Alex Brandon

Radio-Canada

Les sénateurs républicains votent en bloc contre l'ouverture en séance plénière des débats sur la réforme qui vise à éviter une réédition de la crise financière de 2008. Le président Obama se dit déçu par ce premier revers.

La réforme de Wall Street mise de l'avant par le président Barack Obama a subi un revers, lundi, alors que les sénateurs républicains ont voté en bloc contre l'ouverture en séance plénière des débats sur la réforme.

Au total, 57 élus ont appuyé l'ouverture des débats et 41 s'y sont opposés.

Les élus démocrates avaient besoin de 60 votes favorables pour passer à l'étape suivante. Comme ils ne disposent que de 57 représentants en Chambre et qu'ils pouvaient compter sur deux alliés indépendants, ils devaient obtenir l'appui d'au moins un républicain. Non seulement ils ne l'ont pas obtenu, mais l'un des leurs, Ben Nelson, du Nebraska, a voté avec les républicains.

Le chef de la majorité démocrate, Harry Reid, qui s'exprimait en dernier, a lui aussi voté contre l'ouverture des débats, de façon à permettre la tenue d'un nouveau vote sur la question à une date ultérieure, en accord avec les règles du Sénat.

Les républicains, qui accusent les démocrates de précipiter le processus, réclament plus de temps pour négocier certains éléments. Ils affichent leur intention d'apporter des changements substantiels à ce projet de loi, s'opposant notamment à la mise en place d'un fonds de 50 milliards de dollars « prépayé » par les banques pour faire face à d'éventuelles difficultés.

Obama déçu

Dans un communiqué, le président Obama s'est dit « profondément déçu » du résultat du vote. « Les Américains ne peuvent se permettre cela », a-t-il ajouté, accusant certains républicains de retarder les débats pour « poursuivre les discussions derrière des portes closes, où les lobbyistes de l'industrie financière peuvent amoindrir la réforme ou bien la tuer ».

Le président Obama a encouragé le Sénat à « se remettre au travail et à placer l'intérêt du pays devant celui des partis ».

Le projet de réforme de Wall Street est le deuxième grand chantier mis de l'avant par Barack Obama depuis son accession à la présidence des États-Unis. Elle vise principalement à éviter une réédition de la crise financière de 2008, qui a engendré la perte de plus de 8 millions d'emplois.

Si elle est adoptée, la réforme entraînera la création d'un organisme de protection du consommateur financier au sein de la Banque centrale (Fed). Washington désire aussi une meilleure supervision du marché des produits dérivés, les subprimes. De plus, Barack Obama souhaite arrêter le sauvetage des grandes institutions financières en difficulté aux frais des contribuables.

Subprime

Il s'agit d'un prêt accordé à un emprunteur qui possède des garanties inférieures à celles exigées habituellement. Le taux d'intérêt est plus élevé que pour un emprunt habituel, étant donné que le risque de défaut de paiement est plus élevé.

Le président Obama voudrait faire avancer son projet beaucoup rapidement que celui mis de l'avant l'année dernière dans le secteur de la santé. Déjà, il a prévenu les élus que les États-Unis seraient condamnés à une nouvelle crise si la réforme ne voyait pas le jour rapidement.

Il est essentiel que nous tirions les leçons de cette crise, pour que nous ne nous condamnions pas à la répéter.

Barack Obama, président des États-Unis

Selon un sondage Washington Post/ABC, publié lundi, 65 % des Américains sont en faveur de la réforme, contre 31 % qui s'y opposent.

L'exemple Goldman Sachs

La mise en accusation récemment de Goldman Sachs illustre bien, selon les démocrates, la nécessité d'approuver la réforme le plus rapidement possible. Une commission sénatoriale doit se pencher sur cette affaire mardi. La justice reproche à certains hauts dirigeants de Goldman Sachs d'avoir empoché des dizaines de millions de dollars grâce à la baisse du marché des crédits immobiliers à risque.