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Charest prône l'austérité

Jean Charest
Jean Charest Photo: La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Dans la foulée d'un Conseil des ministres spécial, Jean Charest annonce des mesures, dont la diminution des bonis accordés à certains gestionnaires et le remplacement de seulement la moitié des fonctionnaires qui iront à la retraite.

Présidant une séance spéciale du Conseil des ministres, Jean Charest a annoncé dimanche une série de mesures pour réduire les dépenses du gouvernement de 7 milliards de dollars d'ici 4 ans, dont :

  • la diminution des bonis accordés à certains gestionnaires
  • la réduction des budgets de fonctionnement des organismes gouvernementaux
  • le remplacement de seulement la moitié des fonctionnaires qui iront à la retraite

Ces mesures, qui généreront des économies de 0,5 milliard de dollars selon Jean Charest, s'appliqueront non seulement aux ministères et sociétés d'État, mais aussi aux réseaux de la santé et de l'éducation. Elles visent les structures administratives et non pas les services.

En point de presse, M. Charest a affirmé que le gouvernement déposera prochainement un projet de loi qui soumettra les dirigeants des réseaux de la santé et de l'éducation ainsi que de sociétés d'État à vocation commerciales, comme la Caisse de dépôt et placement, à une plus grande austérité dans l'attribution de leurs primes.

Avec cette mesure, qui s'ajoutera à l'abolition des bonis dans la haute fonction publique et les cabinets politiques, le gouvernement compte faire des économies d'au moins 9 millions de dollars.

Durant cette rencontre exceptionnelle des ministres, il a été question aussi, comme prévu dans le dernier budget, de la mise en oeuvre d'une réduction de 25 % des dépenses publicitaires et de 10 % des frais administratifs dans les ministères. Une directive sera envoyée à cet effet à travers l'appareil gouvernemental.

On s'est fixé un plan qu'on suit depuis 2008 et on va être jugés sur l'ensemble de nos décisions suite au mandat qu'on a reçu. Je peux vous dire une chose : On a bien géré la crise et c'est une chose qu'on nous reconnaît.

Jean Charest

Le mois dernier, le ministre des Finances a promis que l'effort de l'État pour retrouver cet équilibre serait de 62 %, et que le reste du fardeau reviendrait aux contribuables par le biais de hausses de taxes et tarifs.

Jean Charest a convoqué ce conseil des ministres spécial pour trouver des façons de réduire les dépenses gouvernementales afin d'atteindre l'équilibre budgétaire promis pour 2013-2014 dans le budget de Raymond Bachand.

Claude Béchard avec ses collègues

Le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Claude Béchard, qui lutte contre une récidive de son cancer du pancréas, a fait une apparition lors de ce conseil des ministres spécial. Apparu amaigri, mais de bonne humeur, il a assisté à une partie des travaux.

Vaincre le scepticisme de la population

Raymond BachandRaymond Bachand

Avant le début de la rencontre, le ministre des Finances, Raymond Bachand, a dit comprendre le scepticisme de la population envers l'exercice du gouvernement.

« La population est sceptique sur le 62 % - les six milliards - qui doit venir du gouvernement. Au fond je crois qu'elle va le croire quand elle verra les chiffres dans six mois, lors de la mise à jour annuelle. Je la comprends d'avoir un certain scepticisme, je ne les blâme pas, parce qu'on ne fait pas un geste spectaculaire. [...] Dix-huit ministères vont être collectivement à zéro cette année, l'an prochain, dans deux ans, dans trois ans. Malheureusement, ce n'est pas très spectaculaire », a expliqué le ministre.

À la suite de cette rencontre ministérielle, le premier ministre devrait convoquer les sous-ministres à une autre une séance extraordinaire.

Charest peu bavard sur le remaniement

Questionné sur l'éventualité d'un remaniement ministériel, le premier ministre Jean Charest s'est contenté de dire qu'il agirait au moment qu'il jugera opportun.