ICI Radio-Canada

Vous naviguez sur le nouveau site

Aide à la navigation
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Québec rejette le projet de Montréal

Proposition pour l'échangeur Turcot
Esquisse du projet de la Ville de Montréal
Radio-Canada

La Ville de Montréal essuie un refus catégorique de la part de Québec pour son projet de réfection de l'échangeur Turcot, qu'il juge trop cher. D'une même voix, les chefs de partis à l'Hôtel de Ville dénoncent cette décision et demandent l'intervention du premier ministre.

L'échangeur Turcot tel qu'imaginé par la Ville de Montréal, c'est non. La ministre des Transports du Québec, Julie Boulet, oppose une fin de non-recevoir au projet présenté mercredi par le maire Gérald Tremblay pour un échangeur entièrement refait en hauteur et de forme circulaire.

Le rejet de Québec a été annoncé jeudi, après une rencontre entre la ministre Boulet et le maire Tremblay. Québec justifie son refus en disant d'entrée de jeu que le projet de Montréal est trop cher.

Ce sont des coûts faramineux. Nous, notre projet, on pense qu'il répond aux besoins de la population et il est de 2 à 2,5 milliards de dollars. Donc, le gouvernement n'ira pas dans le sens d'un projet à 6 milliards de dollars.

La ministre Julie Boulet

Selon le ministère des Transports, il en aurait coûté 6 milliards de dollars pour refaire l'échangeur Turcot à la manière souhaitée par la Ville de Montréal. Ce scénario comprenait la création de voies de contournement pour la circulation durant les travaux.

Advenant qu'il n'y ait pas eu de telles voies de contournement, le coût du projet montréalais aurait été de 4 milliards de dollars. Mais alors, la circulation aurait été complètement interrompue sur l'échangeur Turcot durant les travaux, ce qui est inacceptable pour le gouvernement du Québec.

Plus tôt jeudi, le ministre des Finances, Raymond Bachand, avait rappelé que l'échangeur Turcot constitue l'épine dorsale du transport routier montréalais.

L'autre raison qu'invoque Québec pour rejeter le scénario montréalais : la durée des travaux. Pour Québec, le projet de la Ville de Montréal aurait repoussé l'achèvement des travaux à l'an 2022. Or, le gouvernement veut que les travaux de l'échangeur Turcot soient terminés en 2017.

Enfin, dernière raison invoquée par Québec pour refuser le projet montréalais : la structure en hauteur que privilégiait l'administration municipale. La ministre Boulet explique que cette façon de faire aurait pour effet d'augmenter le nombre de structures à entretenir.

« Cela représente pour nous des coûts d'entretien à moyen et à long terme qui sont très importants pour le ministère. Les structures au Québec sont difficiles à entretenir, en raison des hivers rigoureux que nous avons », a expliqué Julie Boulet. Pour cette raison, Québec préfère nettement la perspective d'un échangeur Turcot construit au sol.

Cela dit, la ministre Boulet n'exclut pas que des éléments du plan soumis par Montréal puissent être intégrés au scénario du gouvernement du Québec pour l'échangeur Turcot.

Tremblay, Harel et Bergeron font front commun

Le maire de Montréal et les deux chefs d'opposition à l'Hôtel de Ville de Montréal ont dénoncé d'une même voix la décision de Québec de rejeter le projet de Montréal.

Le maire Gérald Tremblay, la chef de Vision Montréal Louise Harel et le chef de Projet Montréal Richard Bergeron ont défendu la proposition faite par la Ville et indiqué qu'ils auraient aimé pouvoir en discuter davantage avec le gouvernement.

Gérald Tremblay C'est évident que je suis très déçu. D'autant plus qu'on s'attendait à pouvoir discuter du projet et de prendre connaissance des données financières, c'est ce qu'on avait convenu avec la ministre. Mais il faut croire que le ministère des Transports, comme il le fait maintenant depuis 2007, garde toute l'information pour lui-même et prend des décisions sans qu'on puisse partager l'information.

Gérald Tremblay

Louise Harel a soutenu que le projet du MTQ allait créer du « désordre social important ».

Le maire et les deux chefs d'opposition demandent au premier ministre Charest d'intervenir.

Le PQ critique la décision de Québec

Le Parti québécois, qui appuyait le projet de la Ville de Montréal, a déploré la décision de Québec.

Le porte-parole de l'opposition officielle en matière de transports, Stéphane Bergeron, a affirmé être surpris du rejet si hâtif de Québec, alors que mercredi, le gouvernement avait indiqué qu'il prendrait en considération le projet du maire Tremblay.

Selon lui, le gouvernement n'a jamais eu l'intention d'étudier sérieusement le projet de Montréal et s'acharne plutôt à aller de l'avant avec son propre projet « qui fait l'unanimité contre lui ».

Il affirme aussi que le gouvernement manque de transparence dans tout ce dossier et ne donne pas beaucoup d'informations sur les différents projets qu'il a pour l'échangeur.

M. Bergeron met aussi en doute les prétentions du gouvernement que le projet de Montréal coûterait jusqu'à 6 milliards de dollars. Il ajoute que Québec ne prend pas en considération les économies que le projet entraînerait à long terme, notamment en coûts environnementaux et en santé.

Montréal jouissait de beaucoup d'appuis...

Jeudi, la journée avait débuté par une foule d'appuis au scénario privilégié par la Ville de Montréal, à savoir un échangeur plus vert et axé sur la réduction de la circulation automobile.

En plus du PQ et des partis d'opposition à l'Hôtel de Ville de Montréal, l'échangeur rêvé par la Ville de Montréal avait également séduit les groupes communautaires suivant de près le déroulement des événements et des urbanistes.

En présentant son plan, mercredi, le maire Tremblay avait insisté sur la nécessité de favoriser le transport en commun, de préserver les quartiers avoisinants l'échangeur et de créer des espaces verts au coeur de cet important axe routier.