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Un blâme pour La Presse

La Presse
Photo: La Presse canadienne / Paul Chiasson
Radio-Canada

Le Conseil de presse blâme le quotidien La Presse pour avoir coiffé de la mention « exclusif » une nouvelle qui était disponible sur Internet.

Les médias du Québec devraient utiliser la mention « exclusif » dans les seuls cas où ils jugent que la probabilité qu'ils soient les seuls à détenir l'information publiée est « très forte », estime le Conseil de presse du Québec.

Dans une des sept décisions rendues publiques mercredi, le tribunal d'honneur de la presse québécoise retient partiellement une plainte déposée à ce sujet contre La Presse.

La plainte alléguait que le quotidien avait faussement laissé entendre qu'il révélait une information exclusive le 9 juillet dernier, alors que son concurrent Le Journal de Montréal publiait la même information le même jour.

L'article avait pour sujet un jugement rendu par la Commission des relations du travail au sujet d'un ancien directeur adjoint des travaux publics de l'arrondissement Ahuntsic-Cartierville, dans le scandale des contrats de transport de neige.

Le Conseil dit avoir déterminé que, dans le milieu québécois de l'information, le qualificatif « exclusif », caractérise « une information qui est publiée ou diffusée par un seul organe de presse ». Or, un média peut rarement être assuré d'être le seul à révéler une information.

« Pour ne pas induire le public en erreur, il doit utiliser ce procédé uniquement lorsqu'il juge très forte la probabilité d'être le seul à détenir cette information qu'il considère exclusive », écrit le Conseil dans sa décision.

« Dans le cas présent, le Conseil a constaté que l'information rapportée dans l'article était déjà publique, puisqu'elle était accessible à tous sur Internet. La probabilité d'être le seul à publier cette information était trop faible, selon le Conseil, pour justifier l'utilisation du qualificatif "exclusif" et le journal aurait dû alors s'en abstenir. »

Le Conseil a donc retenu partiellement la plainte déposée par Charles Lespérance au motif d'inexactitude. Les griefs pour sensationnalisme et manquement à l'honnêteté ont été rejetés.

La Presse blanchie dans un autre dossier

La Presse a cependant été blanchie pour avoir coiffé de la mention « enquête exclusive » un article du 17 septembre dernier portant sur le passé felquiste d'André Lavallée, qui était à l'époque président du comité exécutif de la Ville de Montréal et maire de l'arrondissement de Rosemont-La-Petite-Patrie.

Le Cabinet du maire de Montréal Gérald Tremblay et le comité exécutif de la Ville avaient porté plainte dans cette affaire. Ils alléguaient que les faits sur lesquels le journaliste s'est appuyé étaient publics depuis 1981, soit depuis la publication du rapport Keable, qui portait sur les opérations policières en territoire québécois.

Le Conseil a plutôt conclu que la série d'articles portait sur une recherche et sur des entrevues effectuées par le journaliste Éric Clément, que cette information avait été publiée avant d'autres médias.

Le Conseil ne retient pas davantage la plainte selon laquelle le passé felquiste de M. Lavallée était présenté comme une rumeur, toujours au motif que cette information était contenue dans le rapport Keable. Elle indique que cette information avait eu un rayonnement limité en 1981, n'étant reprise que par un journal de quartier. Qui plus est, M. Lavallée était alors peu connu, contrairement à aujourd'hui.

L'information, estime le Conseil de presse, « demeurait à l'état de rumeur puisqu'elle avait perdu son statut d'information vérifiée ».

Les décisions du Conseil sont prises par un comité tripartite composé de journalistes, de membres désignés par les entreprises de presse et de représentants du public. Son pouvoir est d'ordre moral. Il ne possède aucun pouvoir judiciaire, réglementaire, législatif ou coercitif.