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Syndicalisation accordée

Travailleur mexicain

Travailleur mexicain

Photo : Guillermo Arias

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Commission des relations du travail accorde le droit de se syndiquer à six travailleurs mexicains à l'emploi de la ferme L'Écuyer & Locas de la région de Mirabel, dans les Laurentides.

La Commission des relations du travail (CRT) ouvre la porte à la syndicalisation des milliers de travailleurs étrangers embauchés pendant la saison des récoltes dans les fermes québécoises.

La CRT accorde le droit de se syndiquer à six travailleurs mexicains employés par la ferme L'Écuyer & Locas de la région de Mirabel, dans les Laurentides.

Dans sa décision, la Commission a déclaré inopérant un article du Code du travail qui empêchait jusqu'à maintenant ces travailleurs de se syndiquer du fait qu'ils ne travaillent pas au Québec 12 mois par année. Ces travailleurs sont présents de mars à octobre.

Selon la Commission, cette disposition est une atteinte directe à leurs droits constitutionnels, en particulier à leur droit d'association. De plus, elle leur interdit de prendre des moyens pour améliorer leurs conditions de travail.

Une décision qui réjouit le milieu syndical

Le syndicat des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce estime que la syndicalisation des milliers de travailleurs étrangers est une victoire historique. « Le commissaire souligne dans sa décision que l'agriculture québécoise a changé. Ce n'est plus une agriculture de subsistance », commente Andréa Galvez, coordonnatrice de l'Alliance des travailleurs du Québec.

« Grâce à l'engagement des TUAC [Travailleurs et travailleuses unis de l'alimentation et du commerce], cette première victoire est majeure pour des milliers de travailleurs agricoles, québécois ou migrants, qui pourront désormais se donner collectivement des outils pour se faire respecter et travailler, sinon carrément vivre, dans des conditions décentes », ont déclaré Michel Arsenault et Louis Bolduc, respectivement président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) et directeur québécois des TUAC-FTQ.

À Québec, le ministre du Travail, Sam Hamad, préfère attendre avant de se prononcer. « Ce que le jugement dit, c'est que les travailleurs étrangers peuvent maintenant se syndiquer. Je vais attendre l'analyse et on prendra une décision. »

La famille L'écuyer-Locas, propriétaire de la ferme impliquée dans le jugement, ne souhaite pas commenter pour le moment puisque l'affaire risque d'être portée en appel.

Des conditions de travail difficiles

La Commission rappelle que ces travailleurs sont payés au salaire minimum et qu'ils doivent vivre à la ferme de leur employeur, qui décide également qui peut les visiter.

Parfois, les agriculteurs prennent leur passeport et d'autres pièces d'identité. Les travailleurs sont couverts par l'assurance maladie et la Loi sur les accidents du travail, mais la Commission note qu'ils ont souvent beaucoup de difficultés à faire respecter leurs droits en raison de la barrière linguistique. Ces travailleurs viennent surtout du Mexique et du Guatemala.

D'après les reportages de Claude-Sophie Hennekens et de Vincent Maisonneuve

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