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Une goutte pacifiste dans un océan de violence

Des Palestiniens manifestent devant le point de passage

Des Palestiniens manifestent devant le point de passage d'Erez

Photo : AFP / Mohammed Abed

Radio-Canada

La cinquième Conférence internationale sur la résistance populaire palestinienne s'ouvre mercredi dans le village de Bil'in, en Cisjordanie, en présence du fils de Martin Luther King.

Le choix du lieu de la rencontre donne une idée de l'esprit qui anime la cinquième Conférence internationale sur la résistance populaire palestinienne, qui s'ouvre mercredi.

En effet, le village de Bil'in, en Cisjordanie, est connu pour être le théâtre de manifestations hebdomadaires pacifiques contre l'occupation israélienne.

Pour promouvoir le combat pacifiste comme agent de changement, de nombreuses personnalités sont présentes à cette rencontre, dont le fils de Martin Luther King.

Ce dernier a expliqué qu'il était présent pour « encourager la tradition de la non-violence que mon père, Gandhi, et tant d'autres ont adoptée tout au long de l'histoire du monde. »

Cet événement se déroule au moment où des leaders palestiniens font la promotion de la lutte pacifique comme étant un des outils pour se préparer à décréter unilatéralement un État indépendant, viable, en 2011, même sans l'accord des Israéliens.

Certains surnomment cette approche l'Intifada blanche.

Le député palestinien Bernard Sabella, un des partisans de cette approche, cite l'exemple du boycottage des denrées produites dans les colonies comme moyen de lutte pacifique contre l'occupation israélienne.

« L'insistance sur la non-violence chez nous, les Palestiniens, aujourd'hui, est en accord avec le plan de M. Fayyad [le premier ministre palestinien] [pour] arriver à une position où la communauté internationale va regarder la Palestine et dire : Voilà, les Palestiniens sont bien développés dans leurs institutions, et même dans leur mentalité. Alors, pourquoi ne pas leur reconnaître un État? », a argué M. Sabella.

Ce futur État, le premier ministre palestinien Salam Fayyad en pose les jalons depuis plusieurs mois en Cisjordanie avec des réalisations d'infrastructures et le renforcement d'institutions.

M. Fayyad affirme que le chemin vers la liberté comprend aussi les voies politique et pacifiste.

« Il y a eu des progrès dans le boycottage des produits des colonies [israéliennes], qui dérive de l'idée de résistance populaire pacifique, et j'espère que nous allons faire disparaître de nos marchés tous les produits des colonies d'ici la fin de l'année. », a affirmé M. Fayyad.

Mais le mouvement pacifiste reste limité dans les territoires palestiniens. La moitié de la population supporterait toujours la résistance armée. De nombreux Palestiniens estiment que c'est la résistance armée qui avait forcé les Israéliens à négocier par le passé et qu'il faut donc maintenir cette option.

Le fils de Martin Luther King affirme que le pacifisme portera ses fruits, car « parfois des choses miraculeuses arrivent. Il est peut-être temps qu'un miracle arrive ici », a-t-il déclaré.

Israël rejette tout calendrier pour des négociations

Israël rejette toute tentative étrangère de fixer un calendrier pour la création d'un État palestinien, a affirmé mercredi le vice-ministre des Affaires étrangères Danny Ayalon.

« Il ne faut pas faire de nouvelles concessions et signer parce quelqu'un est pressé, uniquement parce quelqu'un dit qu'il faut créer un État palestinien d'ici deux ans », a déclaré le vice-ministre.

La veille, le chef de la diplomatie israélienne Avigdor Lieberman avait déjà mis en garde contre toute tentative étrangère d'imposer une solution au conflit israélo-palestinien et rejeté à nouveau toute division de Jérusalem.

D'après un reportage d'Anyck Béraud

Avec les informations de Agence France-Presse