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Beaucoup de détenus remis aux Afghans

Un homme arrêté lors d'une patrouille conjointe des armées canadienne et afghane est emmené pour interrogatoire.

Un homme arrêté lors d'une patrouille conjointe des armées canadienne et afghane est emmené pour interrogatoire.

Photo : La Presse canadienne / Colin Perkel

Radio-Canada

La Commission indépendante des droits de la personne en Afghanistan indique que plus de 60 % des prisonniers remis aux autorités afghanes par des troupes étrangères au cours des neuf premiers mois de 2009 provenaient des Forces canadiennes.

Selon ces chiffres, obtenus par La Presse canadienne, les troupes canadiennes ont ainsi transféré 163 prisonniers au cours de cette période, contre 93 pour les soldats britanniques, 10 pour l'armée néerlandaise et 1 seul pour les forces danoises.

Les États-Unis gèrent leur propre système de détention et ne remettent donc aucun prisonnier aux Aghans.

La Presse canadienne a pu obtenir ces chiffres sans problème auprès de la commission afghane, mais pas des autorités canadiennes, qui refusent de les divulguer sous prétexte que cela pourrait mettre les soldats canadiens en danger. Les autres pays publient ces données.

La Commission indépendante des droits de la personne en Afghanistan, un organisme financé par le gouvernement canadien, soutient par ailleurs dans son dernier rapport annuel qu'elle peine toujours à accéder aux prisonniers remis à la Direction nationale de la sécurité.

Le service de renseignement afghan, connu sous l'acronyme anglais DNS, a la réputation de torturer les prisonniers qui lui sont confiés. Le service est impliqué dans les cas de torture allégués qui soulèvent la controverse à Ottawa.

« Nous continuons à avoir des problèmes avec la DNS », soutient le commissaire Nader Nadery. « Ils disent que c'est une question de sécurité, mais nous n'y croyons pas. Nous sommes une organisation nationale, comme eux, et nous avons le droit d'examiner leurs institutions ».

La Commission indépendante des droits de la personne en Afghanistan s'est brièvement vu confier le mandat de surveiller les prisonniers remis aux autorités afghanes par les Forces canadiennes. Le Canada a finalement décidé de faire le travail lui-même étant donné que la commission avait des problèmes d'accès aux prisonniers.

Lors de son témoignage devant le comité spécial sur l'Afghanistan en novembre dernier, le diplomate Richard Colvin avait soutenu que l'armée arrêtait trop d'Afghans, et que ces arrestations arbitraires faisaient en sorte que la population craignait les Forces canadiennes.

« Plusieurs étaient des gens de la place : des agriculteurs, des chauffeurs de camion, des tailleurs, des paysans - des êtres humains qui se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment. [...] Ils étaient arrêtés [...] lors d'opérations militaires de routine et, généralement, non pas sur la foi de renseignements, mais en raison de suspicions ou d'une décision non prouvée », affirmait-il.

En septembre dernier, le DNS a suspendu les transferts de prisonniers et s'est plainte que les Canadiens ne leur fournissaient pas suffisamment de preuves leur permettant de traduire des tailbans en justice.

Avec les informations de La Presse canadienne

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