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Charest ne veut plus parler des juges

Jean Charest, le 18 avril

Jean Charest, le 18 avril

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Radio-Canada

En clôture d'un conseil général du PLQ hanté par la controverse sur le processus de nomination des juges, le premier ministre délaisse ce sujet pour parler plutôt d'économie, d'éducation et de santé.

Au dernier jour du conseil général du Parti libéral du Québec (PLQ), dimanche, à St-Hyacinthe, Jean Charest a voulu tourner la page sur toute la controverse entourant le processus de nomination des juges pour se concentrer plutôt sur l'économie, l'éducation et la santé.

Dans son discours de clôture de la rencontre, M. Charest a indiqué qu'il entendait tabler sur la reprise économique pour regagner la confiance des Québecois, confiance qui s'est considérablement effritée au cours de la dernière semaine.

Le premier ministre a indiqué qu'il mettrait tout en oeuvre pour que les Québécois puissent tirer le meilleur profit de la reprise économique.

« On a livré la marchandise pour la crise, on va livrer la marchandise pour la reprise », a-t-il assuré.

M. Charest a répété que son gouvernement maintiendrait le cap sur l'équilibre des finances, aux termes du « contrat » passé avec les Québécois. En d'autres termes, toutes les mesures du budget Bachand seront mises en oeuvre.

Selon Jean Charest, le budget du 30 mars dernier contribuera à assurer l'avenir du Québec pour les prochaines générations.

L'éducation et la santé

Le conseil général du PLQ avait pour thème central l'éducation, mais le sujet est passé quelque peu inaperçu, au profit de la controverse entourant la nomination des juges.

Au terme de la rencontre, Jean Charest a abordé la réforme de l'éducation, en compagnie la ministre de l'Éducation Michelle Courchesne. Il a indiqué que le gouvernement reverra les méthodes actuellement utilisées pour l'intégration des élèves handicapés et en difficulté (EHDA) dans les classes régulières.

La ministre de l'Éducation a admis que les enseignants peuvent se sentir dépassés devant des enfants qui présentent des « sources de difficulté très différentes ».

En santé, le premier ministre est revenu sur les mesures comprises dans le dernier budget. Il a ainsi laissé entendre que la franchise que paieraient les Québécois pour chaque visite chez le médecin pourrait être calculée de façon progressive, en fonction des revenus de chacun. Dans son budget, le gouvernement avait évoqué la possibilité de faire payer une franchise universelle de 25 $ pour chaque visite chez le médecin.

« Il y a une chose que l'on a bien captée suite au budget c'est que les Québécois veulent que dans l'ensemble des mesures santé, il y ait un élément de progression dans la contribution [...] Les Québécois nous ont dit : "Quand il y aura une discussion sur la franchise, il faut qu'il y ait une progression là-dedans. À nos yeux, il y a un élément de justice". Ça, on l'a bien entendu. Ce n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd », a déclaré Jean Charest.

Des réponses lors de la commission Bastarache

Lors de son point de presse, c'est cependant de Michel Bastarache, et de la commission d'enquête sur le processus de nomination des juges, dont le premier ministre a surtout parlé.

Aux nombreuses questions qui ont été posées au chef libéral, en français et en anglais, à propos de la nomination des juges, M. Charest a, invariablement, donné la même réponse : c'est à la commission Bastarache de se pencher sur ces sujets.

M. Bastarache, ancien juge de la Cour suprême, dirige la Commission d'enquête instituée à la suite des allégations de trafic d'influence formulées par l'ex-ministre de la Justice Marc Bellemare.

Cette attitude tranche avec celle que Jean Charest avait adoptée au début du Conseil général. Vendredi, il n'avait pas hésité à commenter les propos de sa ministre de la Justice, Kathleen Weil. Il avait reconnu avoir eu accès à la liste des candidats au poste de juge avant leur nomination par le Conseil des ministres.

M. Charest n'a pas non plus voulu s'expliquer sur ce changement de stratégie de communication se contentant, à nouveau, d'expliquer que la Commission Bastarache demeurait le meilleur endroit pour parler de tout cela.

Le premier ministre a tout de même admis avoir trouvé la dernière semaine plutôt difficile.

« Je n'ai pas trouvé la dernière semaine facile. J'ai trouvé ça dur. Des fois la politique c'est dur, des fois la politique est injuste », a déclaré M. Charest.