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Le PLQ défend son chef

Jean Charest le 14 avril dernier en compagnie des ministres Weil et Dupuis.

Jean Charest le 14 avril dernier en compagnie des ministres Weil et Dupuis.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada

À l'occasion du conseil général de leur parti, les ministres et les députés libéraux se rangent derrière Jean Charest pour défendre le processus de nomination des juges.

En marge du conseil général du Parti libéral du Québec (PLQ), qui se tient à St-Hyacinthe en fin de semaine, plusieurs ministres et députés se sont rangés samedi derrière leur chef, Jean Charest, pour défendre le processus de nomination des juges.

C'est le cas notamment de la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, qui a profité de l'occasion pour attaquer Bernard Landry en faisant référence à l'époque où il était ministre dans le gouvernement Parizeau. Elle a rappelé qu'en 1995, sous le gouvernement du PQ, Lorraine Laporte-Landry, l'épouse de M. Landry, avait été nommée juge.

À cette époque, Bernard Landry avait plaidé l'ignorance en affirmant qu'il avait appris la nouvelle lorsque le ministre Paul Bégin avait fait cette nomination, soit, en même temps que tout le monde.

La ministre Christine St-Pierre

La ministre Christine St-Pierre

« Ça avait créé [...] un certain tremblement de terre, un inconfort. Et M. Landry s'était vraiment offusqué parce que des gens posaient des questions », a-t-elle déclaré.

La ministre libérale, qui n'a pas manqué de rappeler l'époque où elle travaillait comme journaliste, a néanmoins ajouté que Mme Laporte-Landry avait toute la compétence reconnue.

D'ailleurs, une situation semblable s'est produite sous les libéraux lors de l'accession à la magistrature de Marie-Claude Gilbert. Il s'agit de la conjointe du ministre de l'Emploi, Sam Hamad. Le ministre libéral a dit avoir appris la nomination de sa femme le jour même, soit lors de la réunion du Conseil des ministres du 25 mars 2009.

Le ministe de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, qui a aussi été ministre de la Justice, a défendu le processus de nomination des juges. M. Dupuis a dit que le choix se faisait selon les compétences et les qualités des candidats. M. Dupuis n'a pas voulu s'avancer plus loin, préférant s'en remettre à l'ex-juge Bastarache, qui a été choisi pour présider la commission d'enquête sur le processus de nomination des juges.

Pour leur part, les ministres Pierre Arcand et Laurent Lessard, ainsi que le whip en chef du gouvernement, Pierre Moreau, ont soutenu que l'intervention du premier ministre Charest dans le processus de nomination des juges est tout à fait normale.

Il n'en reste pas moins que les élus libéraux ont tenté samedi de minimiser la controverse engendrée plus tôt cette semaine par les allégations de Marc Bellemare, l'ancien ministre de la Justice, même si le malaise était tout de même palpable.

Un aveu

Vendredi soir, le premier ministre Charest a admis avoir eu accès à la liste des candidats au poste de juge avant leur nomination par le Conseil des ministres.

Il a fait cette déclaration en marge de l'ouverture du conseil général de son parti. Elle faisait écho aux révélations de sa ministre de la Justice, Kathleen Weil.

M. Charest juge « tout à fait normal » que Mme Weil discute avec lui des candidats avant de soumettre sa recommandation au Conseil des ministres. Selon lui, cela ne remet pas en question l'indépendance du système judiciaire.

Ça n'enlève rien au fait que la démarche est tout à fait étanche et que ce sont les candidats qui sont qualifiés en terme de compétence qui sont considérés.

Jean Charest

La vice-première ministre, Nathalie Normandeau, s'est défendue de l'avoir caché au public au cours des nombreuses entrevues accordées aux médias cette semaine. « Il suffisait de poser la question », a-t-elle dit.

Puis, elle a finalement avoué qu'elle n'était pas au courant de cette pratique. « Il ne faut pas se scandaliser que la ministre de la Justice juge important, dans certaines circonstances, d'aller voir son premier ministre. C'est quand même le chef du gouvernement. »

Pour sa part, le Parti québécois soutient que jamais un ministre de la Justice n'a consulté un premier ministre sur la nomination des juges.

Conseil général sur fond d'allégations

C'est dans ce contexte très tendu que les 500 militants du parti libéral sont réunis à Saint-Hyacinthe autour du thème de l'éducation en tant que force économique. Le PLQ vient de vivre une de ses pires semaines politiques.

Malgré tout, M. Charest a eu droit à une ovation lors de son discours d'ouverture, vendredi soir. « Je pense que le Seigneur nous a testés cette semaine! », a lancé le premier ministre.

Les allégations de l'ex-ministre Bellemare ont durement entaché la réputation des libéraux, selon un sondage Angus Reid/La Presse, publiée jeudi.

Dans son allocution, Jean Charest a tenté de remonter le moral des troupes. « Notre chemin à nous n'a jamais été celui des choix faciles, a-t-il dit. Parce que notre chemin, c'est celui qu'empruntent tous les Québécois, c'est le chemin de la détermination, de la victoire, de l'ambition! »

Le premier ministre a aussi défendu énergiquement son dernier budget, qui fait aussi l'objet de discussions en fin de semaine. Samedi matin, les militants ont discuté des affaires internes du parti à huis clos.

Avec les informations de La Presse canadienne