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La Petitcodiac reprend ses droits

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Le pont-jetée sur la rivière Petitcodiac.

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les vannes du pont-jetée de la rivière Petitcodiac, au Nouveau-Brunswick, sont maintenant ouvertes, mais les opposants poursuivent leurs démarches juridiques pour contrer ce projet de restauration.

L'ouverture des vannes du pont-jetée de la rivière Petitcodiac entre Riverview et Moncton, au Nouveau-Brunswick, a eu lieu mercredi en début d'après-midi.

Après une centaine d'études et d'importants travaux de consolidation des berges, les autorités provinciales laissent le cours d'eau circuler librement dans le but de restaurer la rivière.

Il s'agit du plus important projet de restauration d'une rivière au Canada. Pour les environnementalistes, l'ouverture des vannes représente l'aboutissement d'une lutte qui a duré plus de 40 ans.

« C'est le genre d'événement qui change la psychologie d'une communauté. On avait jusqu'à aujourd'hui une source de honte dans notre cour arrière et maintenant on a une source de fierté, une source d'espoir. »

— Une citation de  Michel Desjardins, ancien président des Sentinelles de la Petitcodiac

Le cours d'eau a progressivement rétréci depuis la construction de ce pont-jetée en 1968. La Petitcodiac a été surnommée « rivière chocolat » en raison de son envasement.

« Ici, à Moncton, environ 90 % de la rivière a été envasée. Donc, ici, le chenal devant nous est à peu près de 200 mètres, alors qu'il était à peu près de 1,2 kilomètre. On peut s'imaginer qu'autrefois, il y avait de grands voiliers qui venaient sur la rivière. Aujourd'hui, on a peine à naviguer avec des canots, des kayaks », explique Daniel LeBlanc, ancien président des Sentinelles de la Petitcodiac.

Par mesure de sécurité, le gouvernement demande aux citoyens de ne pas tenir d'activités récréatives sur le lac Petitcodiac ou en aval du pont-jetée jusqu'à nouvel ordre.

La prochaine étape du projet comprend la démolition du pont-jetée et la construction d'un vrai pont, d'ici deux à quatre ans.

Les opposants n'ont pas dit leur dernier mot

Entre-temps, les opposants se préparent à aller en cour pour bloquer le processus. Plus de 100 personnes se sont réunies à Riverview pour discuter d'une demande d'injonction qui sera entendue en cour mardi prochain.

Ann Rogers, porte-parole de l'Association de préservation du lac Petitcodiac, affirme que la province n'a pas fini tous les travaux nécessaires avant d'ouvrir les vannes. Elle dit que les autorités devaient se conformer à 17 conditions avant d'ouvrir les vannes.

Mme Rogers explique que la construction des digues n'est pas terminée. Elle soutient qu'il manque aussi des aboiteaux pour prévenir l'inondation possible des terres en amont du pont-jetée. Elle ajoute qu'il faut faire plus pour empêcher l'ancien dépotoir municipal de Moncton de s'enfoncer dans la rivière avec tous ses débris toxiques.

« Eux autres vont faire quelque chose qui est dangereux parce qu'ils n'ont pas fini tout le travail. »

— Une citation de  Ann Rogers, Association de préservation du lac Petitcodiac
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Plusieurs personnes ont assisté à l'ouverture des vannes.

Les pêcheurs du village d'Alma, situé en aval de la rivière, ont aussi embauché un avocat. Ils ne veulent pas voir la boue des alentours de Moncton se retrouver dans leur zone de pêche.

Un troisième groupe se prépare aussi à lancer une poursuite contre le gouvernement. Il est formé de citoyens qui habitent aux abords du lac Petitcodiac. Ils allèguent que la valeur de leur propriété va baisser et ils déposeront leur recours dès que les vannes seront ouvertes.

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