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J'ai ma place dans les grandes classiques

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Bonjour à tous,

Je suis tout simplement crevé. Fatigué, tout croche. Nul doute qu'avec le Tour des Flandres, Paris-Roubaix est la course d'un jour la plus éprouvante à laquelle j'ai participé. Mes deux courses les plus exigeantes en huit jours, ça explique mon état.

Difficile sur la distance, oui, mais aussi sur le mental. Il faut toujours être aux aguets, surveiller son positionnement.

Je m'étais fait une idée complètement différente du déroulement de la course. J'étais convaincu qu'après 6-7 sections de pavés, il y aurait plein de petits groupes dispersés sur le parcours. Ô surprise, le peloton était encore intact. Évidemment, au fil des répétitions, la cassure s'est produite.

Pour ma part, je suis vraiment content d'avoir complété mon premier Paris-Roubaix (33e, à 7 min 5 s du vainqueur Fabian Cancellara), mais encore plus de la façon dont j'ai conclu l'épreuve. D'approcher le fil d'arrivée au sein du peloton qui bataille pour la 12e place à ma première expérience, c'est excellent.

D'autant plus que j'avais même encore de l'énergie pour sortir du groupe, mais le vent de face annulait tous mes efforts. Il faut dire que ma chute m'avait arraché pas mal de jus.

Dominique RollinAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dominique Rollin

Photo : Tim de Waele

Je suis tombé 5 km avant la trouée d'Arenberg (au 164e km). Je n'ai pas pu m'arrêter à temps et j'ai abouti sur le tas. Heureusement, j'ai pu repartir sans problème, sauf que j'ai brûlé de l'énergie à essayer de revenir sur le peloton pendant un peu plus de 30 km.

À ma surprise... et à celle de mes patrons, j'ai réussi. Quand ils m'ont vu passer comme une fusée sur la trouée d'Arenberg, l'un des secteurs pavés les plus dangereux, ils étaient épatés, surtout que j'avais encore pour mission, comme au Tour des Flandres, d'effectuer la grande partie de mon boulot en début de course. Je devais contrôler le peloton, ainsi qu'imposer le rythme pour faire sortir une échappée. Donc, j'avais déjà laissé une bonne part d'énergie.

Solide comme le roc...

Sauf que j'avais encore la forme, la vitesse... et les jambes. Sur la trouée d'Arenberg, j'ai dû me faufiler entre les voitures d'équipes et les motos qui occupaient les trois quarts des pavés. Impossible pour moi de choisir la ligne optimale. Mais j'ai tenu le coup!

Fabian CancellaraAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Fabian Cancellara

Photo : La Presse canadienne / AP/Yves Logghe

J'ai réalisé que je suis bâti pour ce genre d'épreuves. Je suis solide, assez costaud, comme les Cancellara, Boonen et Hushovd qui ont dominé la course, je possède une bonne force brute et je tolère la souffrance.

J'ai fini Paris-Roubaix avec les mains remplies d'ampoules et les poignets endoloris. Mais la douleur fait partie de telles épreuves, d'où l'importance d'un seuil de tolérance élevé. Il faut être capable de dépasser ses limites, et ce, à répétition.

Les pavés, je les ressentais, mais ils ne m'affectaient pas. J'avais encore du punch à leur sortie. Dire qu'à mes premiers pavés, il y a quelques années, les jambes me barraient. C'est la même chose pour la pluie et le froid, il y a des coureurs qui figent dans ces conditions, mais pas moi.

En tout cas, j'ai prouvé que j'avais ma place dans les grandes classiques. Même que je peux envisager de faire un top 10 ici. Et pourquoi pas l'an prochain? En tout cas, je vais mettre la barre haut.

D'ici là, je renouerai avec l'action dès mercredi, à la Flèche brabançonne (Belgique).

Ensuite, repos bien mérité. Je rejoindrai mon entraîneur à Philadelphie pendant quelques jours, question de faire le bilan de mon début de saison. Puis, cap sur Boulder (Colorado) cinq jours plus tard afin de préparer le Tour de Californie (16 au 23 mai).

À bientôt.

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