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Le parti du premier ministre risque la dissolution

Le premier ministre Abhisit Vejjajiva

Le premier ministre Abhisit Vejjajiva

Photo : AFP / HO/Governement house

Radio-Canada

La Commission électorale préconise de dissoudre le parti du premier ministre Abhisit Vejjajiva, dont la démission est réclamée depuis un mois par des manifestants.

Le premier ministre de la Thaïlande, Abhisit Vejjajiva, est sous pression. En plus des manifestations incessantes depuis un mois, la Commission électorale vient d'annoncer qu'elle préconiser la dissolution du parti de M. Abhisit.

Le Parti démocrate (PD) est accusé d'avoir bénéficié d'une donation illégale en 2005.

La recommandation de la commission était réclamée de longue date par les « chemises rouges », favorables à l'ancien premier ministre en exil Thaksin Shinawatra.

Les « chemises rouges » réclament la démission de M. Abhisit et des élections législatives anticipées.

« L'éventualité de cette dissolution va donner la chair de poule aux Démocrates [membres du PD] et pourrait réellement changer le paysage politique très rapidement », a estimé Michael Montesano, expert de la Thaïlande basé à Singapour.

Forte tension

Pouvoir et opposition se renvoient la responsabilité des combats de rue entre soldats et « chemises rouges » qui ont fait 21 morts et plus de 860 blessés dans le centre de Bangkok samedi.

Anupong Paojinda, chef de l'armée qui exerce une forte influence dans le royaume, a envoyé un message aux responsables politiques. « Nous devons retourner à la politique pour trouver une issue », a-t-il déclaré, en priant majorité et opposition de s'entendre sur les dates de prochaines élections législatives.

Les « chemises rouges » du Front uni pour la démocratie et contre la dictature (UDD) réclament un scrutin sans délai alors que le pouvoir ne l'envisage pas avant la fin de l'année.

Mais l'opposition a de nouveau rejeté toute négociation avec les représentants du pouvoir, assimilés à des « tueurs » pour avoir fait tirer sur les manifestants.

Le premier ministre a pour sa part mis en cause la responsabilité de « terroristes » non identifiés dans les rangs des « chemises rouges ».

Hommage

Plusieurs milliers de « chemises rouges » ont rendu lundi un hommage aux 17 civils tués en organisant un long cortège portant les cercueils de deux victimes, recouverts du drapeau thaïlandais.

Il s'agissait de « faire défiler les corps de nos héros morts pour montrer ce qui est arrivé sur le sol thaïlandais », a expliqué Arisman Pongreangrong, un des leaders du mouvement.

Quelques milliers de manifestants se sont ensuite rendus devant le domicile du premier ministre, gardé par un important dispositif.

Inquiétude

Plusieurs pays ont exprimé leur « inquiétude » sur la situation en Thaïlande.

Les responsables économiques du pays s'inquiètent pour l'image de la Thaïlande à l'étranger. Environ 6 % du Produit intérieur brut proviennent du tourisme qui devrait souffrir plus encore des images de guérilla urbaine qui ont fait le tour du monde.

La Bourse thaïlandaise a chuté de 3,6 % lundi.

Avec les informations de Agence France-Presse