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Des travaux routiers 10 fois plus coûteux

Travaux routiers
(archives)

La réfection d'un tronçon de route d'une longueur de 1,2 km coûtera 10 fois plus cher à la Ville de Québec parce que l'asphalte contient de l'amiante.

La Ville de Québec doit procéder à la réfection d'un segment de route d'une longueur de 1,2 km. L'opération sera 10 fois plus coûteuse qu'à l'habitude parce que l'asphalte qui sera enlevé contient de l'amiante. L'opération aura lieu en juin sur le boulevard Lebourgneuf.

Ce sont les effets cancérigènes de l'amiante, qui obligent les travailleurs à prendre des mesures de sécurité exceptionnelles, qui rendent l'opération plus compliquée.

Par conséquent, refaire 1,2 km de route coûtera plus de 450 000 $. C'est un coût 10 fois plus élevé que s'il s'agissait d'asphalte traditionnel.

En tout, quelque 20 km de route contiennent de l'amiante sur le territoire de Québec. Comme le pavage contenant de l'amiante entraîne des coûts de réfection plus élevés, la Ville a décidé de ne plus employer ce genre de bitume.

« Compte tenu des normes qu'on doit respecter pour enlever ce pavage-là [...], les frais supplémentaires ne justifient pas la durabilité supplémentaire qu'on pourrait avoir avec ce bitume-là », explique une porte-parole de la Ville de Québec, Marie-Christine Magnan.

Transports Québec continue d'utiliser de l'amiante

De son côté, le ministère des Transports du Québec continue d'ajouter de l'amiante dans près de 2 % de l'asphalte étendu chaque année sur les routes. L'amiante prolonge la durée de vie du revêtement.

L'ingénieur Guy Tremblay, du ministère des Transports, reconnaît que la facture sera élevée lorsque viendra le temps de remplacer cet asphalte.

« Dans l'ensemble des mesures, enlever et disposer des enrobés contenant des fibres d'amiante, on parle de 10 à 15 fois le coût traditionnel d'enlèvement d'un enrobé conventionnel. »

Guy Tremblay, ingénieur

En tout, 1345 km de route relevant du ministère des Transports contiennent de l'amiante. Tôt ou tard, cet asphalte devra être remplacé.

Réactions

Le président du Mouvement ProChrysotile du Québec, Serge Boilard, juge que les mesures de sécurité exigées sont abusives.

« On contrôle le bannissement de l'amiante par des réglementations abusives. Lorsqu'on parle d'amiante, c'est le risque zéro, et lorsqu'on parle d'autres choses, c'est le risque contrôlé. La même logique devrait exister pour tous les métaux, tous les minéraux et pour toutes les actions qu'on pose chaque jour », affirme-t-il.

De son côté, l'ancien professeur en Santé publique de l'Université Laval, Fernand Turcotte, se réjouit que la Ville de Québec cesse d'utiliser de l'amiante dans le pavage de ses routes.

Fernand Turcotte fait partie d'un groupe d'experts internationaux qui demandent au gouvernement du Québec d'interdire l'utilisation et l'exportation de l'amiante.

Le ministère des Transports étudie la possibilité de remplacer l'amiante par la fibre de cellulose. La province ne bannira toutefois pas son utilisation. Le premier ministre Jean Charest a réitéré son appui à l'industrie du chrysotile.

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