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Exclusif

Le Canada, premier de classe

Le drapeau israélien
Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une équipe de Radio-Canada qui s'est rendue en Israël et dans les Territoires palestiniens a constaté que plusieurs Palestiniens et Israéliens sont d'accord sur un point : le Canada est devenu l'allié le plus inconditionnel d'Israël.

L'hiver dernier, le groupe Droits et Démocratie s'est retrouvé au centre d'une controverse alors que des membres du conseil d'administration ont voulu orienter cet organisme public dans un sens qui soit plus favorable à Israël. Cette affaire a levé le voile sur les relations très étroites entre le gouvernement conservateur et le lobby pro-Israël au Canada.

Récemment, une équipe de l'émission Une heure sur terre qui s'est rendue en Israël et dans les Territoires palestiniens a constaté que plusieurs Palestiniens et Israéliens sont d'accord sur un point : le Canada est devenu l'allié le plus inconditionnel d'Israël.

C'est notamment ce que pense Shawan Jabarin, le directeur de l'ONG palestinienne Al-Haq. L'an dernier, celle-ci s'était vu accorder une subvention canadienne de 10 000 $, offerte par Droits et Démocratie, pour enquêter sur les allégations de crimes de guerre qui seraient survenus pendant l'offensive israélienne sur Gaza, en décembre 2008.

Ses adversaires l'accusent d'être lié au Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP), un groupe placé sur la liste officielle des organisations terroristes du Canada, des États-Unis et de l'Union européenne.

Informé de la controverse que cette subvention avait créée au Canada, M. Jabarin a offert de remettre l'argent. Mais l'organisme refuse toutefois que soient remises en question sa crédibilité, ses prises de position ou son travail.

Dans son alignement sur Israël, le Canada est désormais plus conservateur, voire plus extrémiste que les États-Unis.

Shawan Jabarin, directeur de l'ONG palestinienne Al-Haq

Retour sur la crise à Droits et démocratie

L'organisme traverse une crise interne depuis plusieurs mois. La grande majorité des employés ont écrit ne plus faire confiance au président du conseil d'administration, Aurel Braun, et à deux autres membres du CA, critiquant notamment leur comportement à l'endroit du président Rémi Beauregard, décédé quelques heures après une réunion houleuse du conseil. Un rapport secret, obtenu par Radio-Canada en février dernier, révélait que les membres du conseil d'administration, nommés par le gouvernement fédéral, militaient pour un changement de cap de l'organisme, afin qu'il soit plus favorable à Israël. Selon plusieurs sources, le conseil reprochait à Rémi Beauregard d'encourager et de subventionner des groupes critiquant les actions d'Israël, notamment lors de l'offensive contre la bande de Gaza en 2009.

Même s'il utilise des mots et s'il a un point de vue différent de Shawan Jabarin, Gerald Steinberg, le directeur de NGO Monitor, à Jérusalem, pense la même chose. Son groupe surveille et dénonce les ONG jugées anti-israéliennes.

Le Canada a une certaine longueur d'avance [dans le ciblage des ONG jugées anti-israéliennes].

Gerald Steinberg, directeur de NGO Monitor

Il critique notamment Kairos, un organisme canadien d'initiatives oecuméniques pour la justice. « La position de Kairos, qui soutient le boycottage d'Israël, est immorale. Non seulement ne devrait-il pas être subventionné, mais c'est immoral. »

Le gouvernement canadien a justement retiré à l'organisme son financement annuel de 1,6 million de dollars, il y a quelques mois. Le ministre canadien de l'Immigration, Jason Kenney, a par la suite affirmé devant un auditoire formé d'Israéliens que l'organisme avait subi des compressions en raison de ce qu'il a décrit comme des positions anti-israéliennes. Plusieurs ONG ont critiqué la décision du gouvernement Harper, de même que sa position dans la crise que traverse Droits et démocratie.

Vouloir confondre une critique de la colonisation israélienne avec l'antisémitisme, c'est au bout du compte, une tactique pour faire taire.

Mary Corkery, directrice de Kairos

Le bras de fer entre le Canada et les ONG s'inscrit d'ailleurs dans une bataille que mène mondialement le lobby pro-Israël contre les groupes humanitaires.

Pour voir le reportage intégral du journaliste Luc Chartrand et du réalisateur Yanic Lapointe, voir le site de l'émission Une heure sur terre. À noter que ce reportage sera rediffusé dimanche à 14 h sur les ondes de Radio-Canada et à 20 h sur celles de RDI.

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