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Journée de deuil national

Rosa Otounbaïeva lors d'une entrevue avec notre envoyée spéciale au Kirghizistan, Alexandra Scazka

Rosa Otounbaïeva lors d'une entrevue avec notre envoyée spéciale au Kirghizistan, Alexandra Scazka

Radio-Canada

Le Kirghizistan observe un jour de deuil pour les victimes des affrontements qui ont conduit à l'éviction du président Bakiev. Ce dernier veut négocier avec le gouvernement intérimaire, qui rejette cette idée.

Le Kirghizistan a observé une journée de deuil national, vendredi, à la mémoire des victimes du soulèvement qui a mené au renversement du président Kourmanbek Bakiev.

Plusieurs milliers de personnes se sont recueillies sur la place centrale de la capitale Bichkek, face au siège de la présidence et du gouvernement, épicentre des heurts. Selon un bilan officiel, 76 personnes sont mortes lors d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre, mercredi.

En soirée, la situation était calme dans la capitale après des accrochages, la nuit précédente, entre des pilleurs et les forces de sécurité qui a porté à 1400 le nombre de blessés depuis mercredi.

La chef du gouvernement intérimaire, Rosa Otounbaïeva, a mis en garde contre de nouveaux troubles. « Dans le sud, les partisans de Bakiev essaient de le faire revenir au pouvoir », a-t-elle prévenu.

Une rencontre entre des partisans du pouvoir déchu et des nouvelles autorités est prévue samedi à Jalalabad, fief du président déchu. « Nous allons écouter le discours des partisans de M. Bakiev et nous déciderons alors quoi faire », a déclaré Mme Otounbaïeva. Mais la chef du gouvernement a rejeté toute éventualité de négociation avec le chef de l'État évincé.

De son côté, M. Bakiev a affirmé qu'il n'avait pas « donné l'ordre de tirer » et s'est dit « prêt à négocier » avec l'opposition pour « éviter une guerre civile ». Jeudi, il a refusé de démissionner, comme le réclame l'opposition.

Le nouveau pouvoir ordonne le gel du système bancaire

Le gouvernement par intérim a annoncé vendredi le gel du système bancaire, accusant la famille de M. Bakiev d'avoir vidé les coffres de l'État.

« Nous avons gelé le système bancaire, nous craignons que les banques, sous contrôle de Bakiev, ne sortent les fonds du pays », a expliqué vendredi Edil Baïssalov, le chef de cabinet de Rosa Otounbaïeva. Selon lui, il ne reste que l'équivalent de 16 millions d'euros.

Les nouvelles autorités ont également engagé des poursuites contre Janych Bakiev, le frère du président déchu et chef de sa garde présidentielle qui aurait donné l'ordre de tirer mercredi sur les manifestants.

Par ailleurs, le numéro deux du gouvernement provisoire, Almazbek Atambaïev, s'est envolé vendredi pour Moscou pour demander une aide économique. Le premier ministre russe, Vladimir Poutine, avait promis la veille une assistance « humanitaire » aux nouvelles autorités kirghizes.

Avec les informations de Agence France-Presse